Pourquoi je n’impose plus le véganisme à mes enfants.

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Oui enfin bon d’accord, je ne l’impose plus tout à fait à mon fils de 7 ans. Ma fille, qui vient d’avoir 3 ans, n’a pas encore son mot à dire… mais ca viendra. Il y a de cela maintenant un bon paquet de mois (je dirais bien deux ans), je publiais sur mon ancien blog « Oui, j’impose le véganisme à mes enfants ».  Le blog a été hacké mais j’en avais une copie que j’ai republié ici, et que je vous invite à lire si mes motivations vous intéressent. (A noter qu’aujourd’hui, si j’impose et continue d’imposer le véganisme à ma plus petite, certaines motivations peuvent être différentes mais ça, ça sera peut être le sujet d’un autre article).

A l’époque, l’article a cartonné, il était partout, il y a eu des centaines de commentaires et critiques sur tous les réseaux sociaux, les pages, les groupes. Il y avait les gens d’accord avec moi, ceux qui ne l’étaient pas, ceux qui comprenaient mais n’appliquaient pas la même politique (comme l’explique par exemple l’auteur Martin Page dans cette interview pour IAmVeganTV), ceux qui s’insurgeaient avant même de lire s’imaginant que je nourrissais mes enfants au lait de coco et qu’ils allaient mourir dans la semaine. J’ai eu du soutien, des compliments, des insultes, on m’a posé beaucoup de questions notamment : « oui mais quand ils grandiront et voudront prendre leurs propres décisions, que fera-tu ? Et s’ils ne restent pas véganes, comment réagira-tu? » Je vais tenter de répondre à ces deux questions aujourd’hui.

D’abord, je tiens à vous rassurer. Mon grand garçon m’a fait peur à un moment mais aujourd’hui, devant chaque nouvel aliment il me demande si c’est végane. Au supermarché s’il voit quelque chose qui lui plait et que ca n’est pas végane, attristé il le reposera mais il l’oubliera aussitôt, d’autant que j’ai vite fait d’aller au rayon d’à côté pour lui trouver l’équivalent sans souffrance pour remettre le soleil sur son petit visage d’ange. Mais pourquoi cet article en fait ? Parce que comme dit quelques lignes plus tôt, à un moment j’ai eu peur, j’ai été confrontée à des désirs de mon fils qui, pour la première fois, argumentait au lieu d’obéir. J’étais déstabilisée mais ce fut une expérience finalement positive et enrichissante, que je tenais à partager avec vous afin de vous aider. Et aussi parce que j’aimerais bien refaire plus de 100k de vues, c’était cool d’être célèbre et de mettre le bazar dans toute la véganie (je déconne) (non) (à vous de juger).

 

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L’anniversaire.

Mon fils est invité à l’anniversaire d’un copain et s’inquiète de savoir s’il y aura quelque chose qu’il peut manger. La maman dudit copain, connaissant le régime végétalien de mon fils et soucieuse aussi de la santé d’un autre invité allergique au gluten, me demande si je veux bien avoir la gentillesse de préparer quelque chose de végétalien et sans gluten pour l’occasion. Mon fils part donc à l’anniversaire de son copain avec ses muffins aux pépites de chocolat préférés (recette de AuVertAvecLili). Il m’a demandé avant la fête s’il pouvait manger autre chose, si c’était grave de manger une saucisse ou une salade avec du jambon ou du gâteau « pas végane ». J’étais perturbée car c’était la première fois qu’il me posait une question aussi franchement sur le sujet. Je lui ai rappelé que la viande et le lait venaient d’animaux, que moi je n’en mangerais pas car les animaux ne sont pas d’accord, mais que lui, à 6 ans, il pouvait décider et que je respecterai sa décision. Je ne savais pas si c’était trop tôt pour lui permettre de prendre cette décision mais j’avais assez confiance en lui et dans les valeurs que je lui transmettais pour être sûre a 100 % qu’il n’y toucherait pas. Après tout, s’il posait la question, c’était qu’il réfléchissait. S’il réfléchissait, pourquoi ne pas le laisser décider seul après avoir répondu à ses questions ? Et pour cette fois, j’ai vu juste : il n’y a pas touché (oui parce qu’en Allemagne, les parents restent à l’anniversaire la plupart du temps, en tout cas en Bavière). Si vous avez survécu à la fête d’anniversaire, passons à la suite, et là s’il vous plaît, mettez vos ceintures parce que ça va vous secouer.

Le zoo.

Mon fils, ma fille et moi avions l’habitude d’aller au zoo, le Tierpark de Munich. J’avoue que pendant longtemps je me suis faite avoir par le côté parc, les grands espaces, les donations à des fondations, etc. Et puis le zoo était chouette : des aires de jeux super, des glaciers, un enclos de chèvres avec accès libre pour les caresser et les nourrir. J’adorais la proximité avec les animaux qu’offrait ce Tierpark, et on y passait de bons après midi à se promener et s’amuser. Puis j’ai su la vérité et je n’ai pas renouvelé ma carte d’abonnement. Ca n’a pas plu à mon fils, mais on a trouvé de nouveaux endroits supers chouettes et on a vite oublié. Jusqu’au moment fatidique. L’année dernière, dernière année de maternelle. En allant chercher mon fils, l’éducatrice me demande de signer l’autorisation de sortie le zoo. Je lui réponds qu’avant de signer, j’en discuterais avec mon fils, persuadée qu’il ne voudrait pas y aller. Une fois rentrés, j’attends un moment calme pour entamer la discussion. Je lui ai rappelé pourquoi nous n’allions plus au zoo et je lui ai demandé s’il avait vraiment envie d’y aller. Je lui ai dit qu’il devait y réfléchir lui même et que je me tenais à sa disposition pour répondre à ses questions et que je respecterais son choix. Et finalement, il m’a dit vouloir y aller : tous ses copains y seraient. On se moquerait de lui s’il ne venait pas. Il avait envie de s’amuser avec les autres à l’aire de jeu parce que l’aire de jeu avec les copains du quartier ce n’est pas pareil qu’avec les copains de l’école. Il voulait revoir le grand pont suspendu et manger une glace. Il voulait caresser les chèvres. Maman, laisse moi y aller.

J’avais dit que je me tiendrais à sa décision. Mais qu’est ce que j’ai raté ? Pourquoi veut-il aller dans cette prison pour animaux malgré mes supers arguments en béton armé ? Est-ce que je lui ai mal expliqué ? J’étais triste et en colère, contre moi pas contre lui, mais j’ai signé l’autorisation de sortie et mon fils est allé au zoo avec ses copains. Est-ce que c’était trop tôt ? Aurais-je choisi de le laisser choisir s’il avait fallu que je paye l’entrée de ma poche ? Je me suis posé beaucoup de questions.

Quand mon fil est rentré, il était content, il avait passé une bonne journée avec ses copains et ses institutrices. Il m’a expliqué que les éléphants se balançaient de gauche a droite pour faire rire les gens. Je n’ai pas eu le coeur de lui dire la vérité ce jour là.

Quelle leçon j’ai tiré ? Que mon fils commençait à suivre son propre chemin (j’ai les larmes aux yeux là, ça pique) et qu’il ne suivait pas forcement le même que moi. Est-ce que c’est grave ? Non, au contraire, c’est même une bonne chose qu’il ai assez confiance en moi pour me dire qu’il a envie d’aller à un endroit où je n’ai pas envie d’aller. Il n’a jamais redemandé à y retourner. Et quand on passe devant l’aquarium de la ville, il dit « oh les pauvres poissons ».

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Le MacDo

Toujours là ? Ok. On passe au Mac Do. Et là, si vous n’êtes pas du genre très tolérant/ouvert/compréhensif, allez lire autre chose (par exemple le dernier livre tout frais tout végane qui vient de sortir : La Révolution Antispéciste, dont le super blog HowIMetYourTofu nous offre une critique assez sympa) ou respirez un grand coup ou prenez un sédatif ou un calmant pour le coeur s’il vous plaît. Parce que mon fils a mangé des nuggets, oui du MacDo, que je lui ai payé avec mon argent, alors que j’étais déjà végane.

Pour ma part, si je fais mes courses entre le magasin végane, le magasin bio, le Monop’ et Lidl, normalement je boycotte totalement une entreprise comme le Mac Do. J’estime que les 2 fois dans l’année où j’y mets les pieds par faiblesse n’ont aucun impact, il m’arrive donc d’y aller me jeter sur un Veggie, en Allemagne. Sans le fromage, en Allemagne, le Veggie c’est végane (je préfère préciser, je donne deja assez d’éléments à certains pour me lyncher, n’est ce pas 😉

Un soir, on rentre du centre ville mon fils, ma fille et moi. Tout le monde est crevé, je mangerais bien un veggie avant de rentrer. Je demande à mon grand s’il se sent capable de manger un si grand hamburger et ses yeux s’illuminent a l’idée d’avoir un HappyMeal. Sauf que… problème Nº1 : pas de sandwich vegan dans le HappyMeal (impossible à négocier), problème Nº2 j’ai déjà commandé mon menu, problème Nº3 mon fils meurt de faim et ses yeux qui brillaient de mille étoiles brillent maintenant de mille larmes, problème Nº4 il trouve mon sandwich trop grand et veut des nuggets. Je lui rappelle ce que c’est des nuggets, crûment je lui dis que c’est des restes de poulet mort et qu’on a aussi tué des poussins. Il s’en fiche, il veut des nuggets. Je lui propose de prendre un HappyMeal, de jeter les nuggets, et de manger avec moi un Veggie et les frites, le dessert, et il aurait son jouet. Il veut toujours ses nuggets, et ma fille commence à s’impatienter dans sa poussette. Et puis je me dit qu’après tout il sait, que ça le regarde, qu’il va sur ses 7 ans, qu’il doit faire ses propres expériences : je cède. Je cède même deux fois en un mois parce que je voulais retenter l’expérience qui, vous l’avez deviné, n’a pas marché la première fois. Sadisme ou foi ?
Finalement, je me demande si ca n’est pas trop tôt et on n’est plus retourné au Mac Do. Quand j’en parle avec mon fils un peu plus tard, il me dit que c’est trop bon les nuggets, que le Veggie de toute façon est trop gros (je fais un bide quand je lui demande comment ça se fait que sa petite soeur en mange des petits morceaux coupés par mes soins). Je me suis dit que c’etait peut-être une question de gout : peut être que mes gâteaux véganes maison sont meilleurs que les gâteaux non véganes, c’est donc plus facile pour lui de s’en passer que les Nuggets, qui étaient meilleurs au MacDo qu’à la maison. Finalement j’ai refais des nuggets à la maison. Une nouvelle recette : nuggets plus petits, plus compacts (c’est a dire moins mous), avec potatoes et Ketchup à volonté. Et sans citron surtout parce que c’est ça qu’il n’aimait pas trop, m’a t’il dit ce jour là… Bingo.

Et puis un jour, son père m’envoie une photo, ils sont au Mac Do et tout le monde déguste… un Veggie !

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Alors ? Trop jeune pour prendre les bonnes décisions ? Pour comprendre qu’on ne va pas au zoo même pour s’amuser avec ses copains, qu’on ne mange pas un nuggets parce que c’est plus simple que le grand hamburger ? Et pourtant, à l’anniversaire, il a prit la décision inverse qu’au Mac Do. Pourquoi ? A quel âge peut on prendre les bonnes décisions ? Et puis c’est quoi une bonne décision ? Est-ce que c’est d’être végane et c’est tout, ou de faire comme maman et c’est tout ? Est-ce une bonne ou une mauvaise chose de faire son bonhomme de chemin d’enfant en faisant quelques entraves au véganisme et aux valeurs que nos parents tentent de partager avec nous ? Je n’ai pas les réponses à ces questions.

Ce que je sais, c’est que mes enfants sont libres de faire leurs propres expériences. On en parle calmement. Pour moi il est plus important qu’ils sachent que je les écoute, soutiens et respecte les personnes qu’ils sont/les choix qu’ils font plutôt qu’ils soient véganes pour me faire plaisir. C’est important pour moi qu’ils comprennent ce qu’est vraiment le véganisme, qu’ils le ressentent, qu’ils aient envie vraiment de vivre avec ces valeurs là, parce que s’ils n’y croient pas, ils laisseront tomber. On ne mène pas une vie si elle n’a pas de sens profond pour nous. Je ne suis pas prête à prendre le risque qu’ils deviennent carnistes parce que je les ai forcé ou que j’ai refusé une fois des nuggets au Mac Do, une sortie au zoo, parce que je n’ai pas respecté leur nature curieuse d’enfant, les oppositions normales et que je leur ai refusé leurs propres expériences. Je crois sincèrement qu’il faut que, si je leur enseigne les bases, le reste doit venir d’eux même, comme ça m’est venu. Le véganisme ne s’est pas imposé à moi : ça a été une évidence. Et ça doit en être une pour mes enfants.

Est-ce que je serais triste si l’un ou l’autre ne devient pas un végane en herbe plus tard ? Oui. Je rêve de les voir à mes côtés dans les manifs, peut être que l’un des deux tiendrait le magazine plus tard. Je serais triste, et déçue de moi, je me dirais que j’ai peut être raté quelque chose mais je saurais que mes enfants vivent libres, selon leurs valeurs, et pas enfermés dans les miennes. Que mes enfants vivent dans une prison, je le refuse aujourd’hui, et, j’espère, le refuserais toujours.

Des Kiss et du Love,
Noita

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Pourquoi les véganes d’aujourd’hui sont des extra-terrestres (et l’importance ou non des leviers hors éthique)

Dépenser de l’énergie pour nous n’est déjà pas simple ; alors est-on prêt·e à dépenser de l’énergie pour quelque chose qui ne nous touche pas directement si c’est déjà difficile quand ça nous concerne ? A la fin de cet article, j’en profite pour relancer le débat de l’utilisation des leviers santé, écologie, etc. dans l’argumentation face aux non-véganes. Si, si, vous verrez, il y a un rapport entre les deux 😉

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Alors que l’on pose une question de morale, d’éthique et de justice (MEJ), personnellement ça me gonflait totalement de parler aux carnistes de santé, d’environnement, de faim dans le monde, de pollution… Cela me paraissait, jusqu’à très récemment, totalement un non sens. Mais avons-nous vraiment le choix ?  Pour moi, la réponse était oui : on peut, on se doit même de ne parler que de MEJ. Il n’y a que ça qui compte. Sur ce point, des gens influents comme Tobias Leenaert et Thomas Lepeltier, deux personnes dont j’aime beaucoup le travail et la pensée, ne sont pas d’accord, et c’est un grand débat au sein de la Véganie* (je reviendrai sur leurs différents arguments très prochainement).

*(J’en profite pour vous remettre cette superbe carte de la véganie dessinée par Saoyiste, auteure du blog Version Vegan que, stp, tu pourrais renommer « Version VÉGANE » ? Oui, je sais, autre débat, je m’égare!)
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Evidemment, face à la « résistance » des carnistes autour de moi et sur les réseaux sociaux, j’utilisais quand même tous les leviers possibles et ça me faisait chier. Vraiment, littéralement, sachez-le, ça me cassait les couilles. Dans le magazine que je tiens, Le Tofu Te Parle, j’avais fait le choix d’utiliser tous ces leviers, sans vraiment au départ comprendre pourquoi, mais je pensais que c’était la meilleure chose à faire. Peut-être un peu par dépit, par envie de voir les choses changer. Je me disais et me dis toujours que tant qu’on leur fout la paix, les animaux non humains se fichent de savoir pourquoi. Et je continuerai parce que dernièrement, deux nouvelles informations me sont arrivées : l’énergie et… les extra terrestres qui, en fait, sont à peu près la même chose.

Alors rassurez-vous, je ne vais pas vous parler d’aliens, mais simplement du fait que beaucoup des véganes d’aujourd’hui, qui ont facilement fait le choix de ne plus exploiter d’animaux, sont des personnes « à part’. Vous allez vite comprendre… 

I ) Mon expérience personnelle

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Comment suis-je devenue végane ? Ça a été très facile et pourtant, cela a pris du temps. En fait, je me laissais porter par les informations qui arrivaient à moi sans chercher à en savoir plus et le changement se faisait au fur et à mesure que celles-ci arrivaient, à l’improviste. Je suis devenue végétarienne parce que mon budget ne me permettait pas de m’acheter de la viande bio, locale, de qualité. Je ne me souciais pas du bien-être animal, ne sachant rien de la sentience des animaux (enfin, l’ayant enfouie très loin au fond de moi et vous verrez plus loin, j’étais spéciste sans le savoir comme nous tous·tes). En cherchant des recettes, je découvre le végétalisme, je me disais que de temps en temps pourquoi pas, mais me passer de fromage, de miel, d’oeufs, trop peu pour moi. J’ai commencé par réduire, parce que sur beaucoup de blog de recettes, les blogeur.euse.s. expliquaient les méfaits de ces produits sur la santé. 

Puis j’ai commencé à visiter des blogs plus engagés, par pur hasard, notamment celui d’Antigone XXI (je met le lien par respect mais vous connaissez tous par coeur l’adresse de son blog)(non?)(comment ca non?) en cherchant un moyen moins dégueu que le shampooing pour laver mes cheveux. J’ai arrêté les oeufs quand j’ai su qu’on broyait des poussins (je n’ai appris que plus tard le calvaire des poules grâce à une vidéo de L124), sans me demander si par exemple il n’y avait pas de grand secret derrière le lait ou le miel. Quand les informations sont arrivées, j’ai arrêté. Je n’ai pas eu besoin de plus que ces images, pas eu besoin de surfer des heures sur le web, de philosopher pendant des semaines sur des questions comme « est-ce juste ou injuste », de chercher avec la rigueur d’un·e scientifique si stopper toute consommation de produits animaux était viable pour la santé, la planète etc. Ce que je voyais m’écœurait, c’était injuste, je ne voulais plus y participer, point barre. Une fois la question de la nourriture réglée, il n’y avait plus grand chose à faire car, sans le savoir… j’étais déjà végane (c’est là que vous pouvez voir mon spécisme inconscient de l’époque) : j’ai toujours détesté le cuir, la laine, la chasse, les oreillers en plume, toujours essayé de privilégier le cruelty-free quand le budget me le permettait (10 ans en arrière, on ne trouvait pas facilement des produits cosmétiques ou ménagers non testés sur animaux sans que la carte bleue ne saigne comme si on avait coupé une artère. Aujourd’hui, en France en tout cas, car en Allemagne où j’ai passé 6 ans, c’est tout à fait abordable, les prix peuvent encore être élevés mais on est plus dans l’ordre de la veine que de l’artère). J’allais encore naïvement au zoo, me laissant avoir par la propagande protectrice, puis il y a un an, une enquête de One Voice (je crois, je ne suis plus sûre) m’a fait découvrir les coulisses de ces prisons. 

En bref, j’avais déjà une bonne base de végane, et ayant déjà l’habitude de faire des changements pas simples, c’était facile d’en faire d’autres. Il ne me manquait que, et je le déplore, le questionnement et/ou la curiosité, qui m’auraient poussée à faire mes propres recherches plutôt que d’attendre que les informations arrivent à moi. Etait-ce, au fond, un refus de me priver trop vite de ce que j’aimais, un manque d’énergie, les deux ?

Mais pourquoi diable, quand j’explique ce qui se passe dans les élevages, les abattoirs, les laboratoires, les cirques etc., les gens n’entreprennent-ils pas illico un changement radical, comme moi? Eh bien, parce que j’avais en main une carte qu’iels n’ont pour l’instant pas, mais que vous lecteurices, si vous avez aussi fait très vite le choix du véganisme, aviez aussi probablement. A savoir : la capacité à dépenser de l’énergie. Je ne sais pas comment vous êtes passé·e·s outre les excuses mais de mon côté, la vie a parfois été très difficile. J’ai dû apprendre à soulever des poids très lourds pour me sortir de caves où de gros rocs me tenaient prisonnière. J’ai eu des choix compliqués à faire. Et aujourd’hui, à force d’expérience, je n’ai plus besoin de beaucoup d’énergie pour amorcer un changement. Devenir végane fut donc facile. 

II ) L’énergie, et donc pourquoi vous êtes des extra-terrestres, des gens « à part » 

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Mais qu’est-ce que j’entends par énergie ? En gros, je parle d’entreprendre des changements qui mènent à la fatigue, mentale comme physique, mais rien à voir avec un burn-out par exemple. Entreprendre un changement nécessite une dépense d’énergie : réfléchir, faire les choses différemment, s’adapter, assumer son choix face à celleux qui nous critiqueront, se justifier, chercher des informations, des alternatives, obtenir de nouveaux objets ou au contraire s’en débarrasser, la liste n’est pas exhaustive : physiquement comme mentalement, cela peut être bien plus usant que ce que vous pensez. Ne faites surtout pas l’erreur de croire que ce dont vous êtes capables, aussi simple que cela vous paraisse, les autres en sont capables aussi. C’est, à mon sens, une des plus grosses erreurs que font les véganes et qui nous fait passer pour des odieux·euses trous du cul qui veulent imposer leur façon de vivre. Notre incapacité à accepter le fait que les autres ne peuvent pas changer aussi facilement, combinée à l’urgence de la situation des animaux nous rendent impatient·e·s, pressant·e·s, et on passe pour des personnes antipathiques alors que nous sommes tout le contraire. 

Et ceux qui sont véganes depuis longtemps, rappelez-vous. Vous pensiez peut-être que cela s’arrêtait à quelques points comme l’alimentation, fringues, les produits cruelty-free, les zoos etc. Hors, vous avez fini, à force de découvrir de nouvelles informations, qu’il y a beaucoup, beaucoup à savoir ; on en découvre même encore après 20 ans. Sans le savoir, vous avez dépensé énoooormément d’énergie depuis que vous êtes véganes !

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Dans cet article, Tobias, connu pour chercher la méthode la plus efficace pour véganiser le monde, nous parle de ce qui pourrait simplifier les choses, donc permettre de dépenser moins d’énergie. De fait, si de nombreuses alternatives végétales existent déjà, il faudrait moins dépenser d’énergie pour en trouver soi-même et devenir végane serait donc plus facile. Mais pour moi, cela ne suffit pas. On pourrait avoir toutes les alternatives facilement disponibles et à prix cassé, il resterait quand même à être capable d’avoir assez d’énergie pour faire le premier pas vers un changement.  Le véganisme ne s’arrête pas à la facilité d’avoir des alternatives à portée de main, encore faut-il, socialement, avoir l’énergie de le vivre, l’assumer, le justifier encore et encore etc.

Les êtres humains ne sont pas des stockeur·euse·s d’énergie. C’est là le rôle des excuses dans lesquelles on s’enfonce à chaque projet que l’on a, que ce soit vouloir partir faire le tour du monde, changer de métier, quitter son/sa partenaire, faire un régime, dire ses quatre vérités à quelqu’un qu’on laisse pourrir notre vie… ou devenir végane : économiser de l’énergie.

On a très très peu de réserves, il nous faut nous reposer et nous recharger un minimum de 6-7 heures par nuit pour la plupart d’entre nous. Même en journée, il nous faut nous reposer : faire des siestes, une pause café, partir en vacances etc. Afin d’éviter la fatigue, notre cerveau est programmé pour dépenser le moins d’énergie possible. Et c’est là que vous êtes à part, que vous êtes des extra-terrestres si vous êtes devenus véganes facilement : pour vous, le changement, en tout cas celui-ci, a été très simple. Au moment de la transition, vous aviez de l’énergie disponible ou alors comme moi, vous avez appris à ne plus vous en soucier. C’est ce que disait Tobias Leenaert lors de sa conférence du mardi 24 octobre à Paris : la plupart des véganes sont des personnes à part. Si j’avais bien compris que, personnellement, j’ai pu faire ce changement facilement parce que depuis des années, j’entreprenais des changements (mon cerveau a fini par comprendre qu’il brûle plus d’énergie en tentant de combattre le changement plutôt qu’en le laissant le faire), je ne savais pas encore qu’en fait, très peu de personnes sont capables de faire ça (et je précise que je ne me sens pas « meilleure » pour autant). Tant que l’on n’a pas d’énergie, on ne peut pas changer. Tant que l’on n’a pas compris que cette dépense d’énergie sera en fait bénéfique, on ne peut pas entreprendre un changement. Tant que l’on n’a pas compris qu’à long terme, changer use moins d’énergie que se trouver des excuses, on ne peut pas changer. 

III Conclusion et débat : le manque d’énergie peut-il justifier les leviers santé, écologie etc. ?

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Et donc c’est là que vous êtes à part, que vous êtes des extra-terrestres : vous avez été capables de faire facilement ce qui, pour des millions et des millions de personnes, est difficile. Je le répète : ce n’est pas parce que ça vous semble facile que ça l’est pour les autres, ce n’est pas parce que ça a été simple pour vous que ça le sera pour les autres. Rappelez-vous qu’on vit dans un pays où on nous jauge chaque seconde sur tout ce qu’on dit/fait, de la couleur de nos chaussettes à nos choix MEJ, un pays où sortir du cadre peut vite dire exclusion, discrimination, conflit, un pays où on vit déjà dans un stress intense et où le moindre petit changement est délicat à vivre à l’intérieur de soi et à assumer à l’extérieur.

C’est donc bien plus facile de prendre une décision quand elle nous concerne, par exemple devenir végétarien·ne ou végétalien·ne, pour NOTRE santé, NOTRE planète, la survie de NOS enfants. Elle nécessite beaucoup moins de questionnement, moins de changements que de devenir végane. Et pour que les gens deviennent véganes, si les arguments MEJ ne suffisent pas, alors il est peut-être justifié d’utiliser les autres leviers. Les animaux non-humains veulent qu’on leur foute la paix, je doute qu’ils s’intéressent au pourquoi du comment on ne les exploite pas. Utiliser ces leviers permettrait aux gens d’user moins d’énergie d’un coup, et de faire donc plus facilement le premier pas. Iels deviendraient végétarien·ne·s, végétalien·ne·s, quelles qu’en soient les raisons. Puis iels auraient un peu plus d’énergie pour l’étape suivante. Beaucoup de véganes en témoignent et j’en fais partie, ce sont souvent au départ des arguments qui nous ont concerné qui ont amorcé un changement (ça peut aussi être l’égocentrisme évidement, il n’y a pas que le manque d’énergie qui bloque les gens, mais chez combien de gens l’égocentrisme est-il juste un manque d’énergie, combien finalement préfèrent dire à demi-mot qu’ils sont égoïstes alors qu’en fait, c’est une excuse, un manque d’énergie ? La question mérite d’être posée). On fait bien plus de kilomètres en marchant doucement qu’en courant, c’est bien connu. Mais, en prenant en compte l’énergie, la question est : peut-on adapter cette méthode au véganisme ? 

Qu’est ce qui, réellement, est le plus important : que le nombre d’animaux exploités et tués injustement soit réduit le plus possible et le plus rapidement possible, quitte à laisser dans un premier temps l’éthique de côté, ou mettre l’éthique en avant quitte à ce que dans un premier temps, il y ait bien plus d’animaux exploités/tués ? 

Merci d’avoir lu ce pavé, vous êtes bien courageux·euse. N’hésitez pas à laisser votre avis et débattre en commentaire ou sur Facebook/Twitter si vous voyez passer l’article ! 

Des kiss et du love, pluie de beurre de cacahuètes sur vous ! 

Noita

 

 

 

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3 recettes pour faire manger du tofu aux enfants (dont une sucrée carrément canon <3)

J’ai deux enfants, c’est parfois compliqué de les faire manger et donc de leur faire prendre de bonnes protéines !  Heureusement parfois ca ne l’est pas comme avec ces superbes recettes : les boulettes comme à la cantine mais en mieux, les spaghettis carottes et courgettes et du brownie cru chocolat/crème de marron. En plus c’est facile et rapide !

1) Boulettes comme à la cantine mais en mieux !
J'ai osé fait un petit écart-3
Ingrédients pour à peu près douze boulettes :
-200 grammes de tofu ferme
-2 cuillères à soupe de levure maltée
-1,5 cuillères à soupe de persil
-1,5 cuillères à soupe d’herbes de Provence
-½ oignon
-3 ou 4 cuillères à cafe d’ épices selon les gouts  (paprika, curry, cumin, coriandre…)
-Un peu de piment si le coeur vous en dit !
-2 cas de farine (moi je prend pois chiche, ou 1,5 de farine blanche et 0,5 de chanvre)
-1 gousse d’ail
-Huile d’olive
-Un tout petit peu d’eau
-Sel, poivre
Recette : 
-Couper l’oignon, l’ail puis faire revenir dans de l’huile
-Passer le tofu au mixer ou l’émietter avec les doigts
-Melanger le tofu et les autres ingredients et ajouter un tout petit peu d’eau pour pouvoir faire des boulettes.
-Les faire dorer de chaque coté
Vous pouvez servir par exemple avec de la sauce tomate, des frites, quelques légumes, à mettre dans vos spaghettis, une salade  etc
2)Spaghettis carotte/courgette, la préférée de ma fille de 2,5 ans !
J'ai osé fait un petit écart-4
Ingrédients pour 4 personnes :
-Une grosse courgette ou deux petites
-3 grosses carottes ou 4-5 petites
-Un bloc de tofu
-Huile d’olive
-Ail et/ou oignons
-Herbes et épices solons vos gouts (au thym ou au paprika c’est ce que je préfère!)
-1 cuillère à soupe de graines (sia, sesame, pavot, chanvre, tout ce que vous voulez)
Recette : 
-Emincer ail/oignon et faire revenir dans de l’huile.
-Couper le bout des légumes et les « éplucher » comme des pommes de terre jusqu’a épuisement (des légumes, des mains…xD)
-Mixer le tofu avec les herbes/épices
-Faire revenir le tout avec l’ail/l’oignon une dizaine de minutes à feu moyen, puis assaisonnez.
Vous pouvez servir seul ou par exemple avec des pommes de terre vapeur saupoudrées de persil frais. Les miens en raffolent !
3)Brownie crus,  crème de marron/tofu

 J’AI LA PHOTO !
(mais c’est pas la mienne)
(Re-pardon)

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Ce n’est pas ma recette mais celle de Swissoja, je l’ai faite plusieurs fois c’est hyper bon ❤
Ingrédients pour environ 30 carrés de brownies
-250g tofu nature
-250g crème de marron
-250g chocolat noir
-10g pur cacao en poudre
-50g noix
-1 pincée de vanille
-1 pincée de sel
Recette :

-Dans un bol, émietter le tofu avec les doigts. Ajouter la crème de marron, la vanille, les noix hachées grossièrement, le cacao, le sel, et bien mélanger.
-Faire fondre le chocolat au bain-marie. Ajouter au reste des ingrédients et bien mélanger.
-Verser le mélanger dans un plat à gratin, bien tasser et lisser avec les doigts.
-Laisser prendre au réfrigérateur durant 2-3 heures minimum. Découper en cubes

Et sinon ICI une super recette de smoothie
Bananes/Kiwi/Framboises

AVEC UNE PHOTO
MEME QUE C’EST LA MIENNE DE MOI

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Voila voila 🙂

Bon ben bon appétit !
Moi je file m’acheter un appareil photo hein 😉