Véganisme : pourquoi et comment j’ai changé de stratégie de communication.

Dans cet article, je vais vous parler un petit peu de mon parcours de végane et de mon changement de stratégie de communication. Ceux qui m’ont connue avec mon premier blog savent que je suis passée par une période très sombre où, sur mes comptes Twitter et Facebook, les vidéos choc et gores défilaient les unes après les autres, et où j’aboyais sur tous les carnistes ainsi que sur les véganes qui ne partageaient pas mon point de vue. 

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J’ai commencé à militer sur les réseaux sociaux il y a de cela à peu près 18 mois, quelques semaines après avoir passé la porte du véganisme, lui-même précédé de 18 mois de végétarisme, de recherches bien plus portées sur la santé et l’environnement que sur l’injustice de l’exploitation animale. J’étais devenue végétarienne pour des questions de budget -pensant remanger de la viande une fois que j’aurais les moyens de m’en payer de la bio et locale- puis végétalienne principalement pour maggle : éviter de me chopper un cancer. Ce qui m’a fait passer la porte du véganisme, c’est ma première vidéo de L214. J’étais abasourdie par ce que je voyais. Je me disais que ça n’était pas possible, que c’était extrait d’un film. Je suis allée googler qui était L214, et j’ai pris une sacrée claque. Pendant plusieurs jours, je leur en ai voulu de m’avoir montré ça. J’étais mal et pour moi, c’était de leur faute. Puis je m’en suis voulu d’avoir participé à ce système, j’ai compris qu’ils ne faisaient que me donner une information que je n’avais pas, et que le seul moyen de ne plus me sentir mal était de ne plus y contribuer. Donc j’ai dit à mon ex-mari : « Je deviens végane » (et il m’a répondu : « moi aussi »).

Ça n’a pas été si compliqué. Cela faisait 3 ans que je ne mangeais plus de viande, très peu de poisson et 18 mois pendant lesquels j’avais considérablement réduit les oeufs (que j’achetais bio et plein air), je ne buvais plus de lait, ne mangeais plus de yaourts/crème que j’avais déjà remplacés par le soja/riz/avoine/noisette. J’avais juste un peu de mal à décrocher avec le fromage, coucou la casomorphine et les troubles du comportement alimentaires (les fameux TCA). Et donc, ayant un seul ami végane sur Facebook, j’ai débarqué sur Twitter.

Au début, c’était un mélange de soulagement et de joie. Je ne participais plus à ce système. Je découvrais de supers alternatives, de nouveaux aliments, je voyais que beaucoup de gens et associations se bougeaient pour faire changer les choses. Je suis passée de l’étoile (oui, à ce moment- la, c’était encore cette magnifique petite étoile et pas le coeur #Nostalgie #EtoileReviens) au retweet. Puis quand j’ai vu qu’on « étoilait » mes RT, je me suis mise à faire mes propres tweets. J’étais entrée, par ego et plaisir, dans la grande, belle et juste maison du militantisme. Et puis…

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Et puis un jour, un vent de folie me prend. Dans la barre de recherche, je tape « manger de la viande ». Je répond aux gens qui postent des photos de leurs MacDo et plateaux de fromage. Ils ne m’écoutent pas. Ils ne veulent pas devenir véganes. Je ne comprend pas. Pourquoi ne voient-ils pas l’injustice ? Et ceux qui la voient, pourquoi refusent-ils de changer ? Je découvre le cri de la carotte, le point Godwin, j’entend des excuses plus absurdes les une que les autres. Des excuses qui ne m’étaient pas venues à l’idée une seule seconde. Impossible de rester calme. 

Toutes les discussions partent en live. Toutes. Mais mon nombre de followers grandit, j’atteins presque les 1000, je ne vois pas de raison de remettre en question ma facon de communiquer. Tout ce que je vois, c’est qu’on me suit de plus en plus, que ce que je tweete plaît… ou pas.

Brigitte Gothière et Sébastien Arsac ont donc été les deux premières « personnalités » véganes que j’ai découvertes. Le troisième était Jihem Doe.  Jihem avait RT « Earthling 2 » de Res Turner, voilà comment j’ai découvert le gus. Je partageais sa colère, je me retrouvais dans chaque mot qu’il écrivait, même les plus durs, les plus offensants. 

Puis j’ai vu que non seulement mon nombre de followers n’augmentait plus… mais qu’il  diminuait. 

Quand on a de l’égo, et j’en avais un gros à ce moment-là, on peut soit s’offusquer soit se remettre en question, et en discutant sur Facebook avec une végépote, j’ai compris que certains (beaucoup) n’appréciaient pas ma violence verbale et mon agressivité. 

Mais il m’a fallu beaucoup de temps et pas mal de rechutes avant une véritable remise en question. Il y a bientôt un an, c’était au moment où j’allais à la rencontre IRL de Res Turner en concert, je tombe sur un article de Tobias Leenaert : VEGAN STRATEGIST / POURQUOI CHANGER NOS MODES DE PENSÉE EST SI COMPLIQUÉ. Et je comprends pourquoi je n’arrive à convaincre personne et perds des followers en masse. 

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J’ai passé quelques mois dans la confusion la plus totale, passant du coq à l’âne, testant la bienveillance et la patience puis revenant à la violence. Il y avait une chose que je n’avais pas encore comprise : on ne peut pas changer tout le monde. Certaines personnes ne veulent tout simplement pas. C’est un fait, c’est dur, c’est rageant mais c’est comme ca. Accepter ça, c’est faire le premier pas vers un autre mode de communication. On arrive bien plus à garder son calme quand on sait d’avance qu’il y a, aussi malheureux que ça soit, peu de chances qu’il y ait un résultat dans le bon sens. 

La deuxième chose, c’est se pardonner. Parce que si on ne le fait pas, on déverse sa colère sur les autres. Honnêtement, êtes-vous vous même plus apte à écouter quelqu’un de calme et en paix avec lui-même, ou une personne en colère, parfois au bord de crier/de vous insulter et qui fait ressortir de vous des sentiments de honte ou de culpabilité ?

En fait, il n’y a rien à se faire pardonner. On ne savait pas. Et qu’importe le temps qu’on a mis à devenir végane, on l’a fait. On ne peut pas changer le passé. Et pourtant on se sent tous coupables, tous en colère contre soi-même. Ce qu’il faut faire, c’est accepter le passé, accepter qu’on ait été manipulé, qu’on ait cru à ces mensonges. Oui, je sais, c’est difficile. Ça veut dire accepter qu’on ait été un gentil petit mouton comme les autres. Ça pique, hein ? Allez, une petite barre Vego et ça ira mieux. 😉 Et surtout, il ne faut pas oublier qu’on l’a été. Il FAUT s’en souvenir, se rappeler son égoïsme, son insensibilité, son spécisme. C’est important pour communiquer dans le calme et la bienveillance. Parce que si l’on oublie, on risque très vite de se sentir « meilleur » que les carnistes, de les prendre de haut en leur parlant. Et donc, ils ne nous écouteront pas. 

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En lisant « 3 amis en quête de sagesse » (rien à voir avec le véganisme en soi mais très intéressant) (oui parce qu’il n’y a pas que les livres sur les animaux et le véganisme dans la vie :P), j’ai vu que des discussions pouvaient avoir lieu dans la bienveillance. Ce livre m’avait beaucoup fait réfléchir et avait fait résonner des questions fondamentales pour moi. Est-ce qu’un carniste vaut moins que moi ? Est-ce que les autres vont m’écouter si je les agresse ? Pourquoi les gens ne veulent-ils pas changer ? Et je me suis rappelé l’article de Tobias et les 3 points fondamentaux : 

  • Changer d’avis concernant quelque chose est difficile,
  • Nous n’aimons pas quand quelqu’un d’autre nous fait changer d’avis,
  • Nous n’aimons pas admettre que nous avons changé d’avis, et surtout pas que c’est quelqu’un d’autre qui nous a fait changer d’avis.

Mais alors, que faire ? La cause animale est importante pour moi, comment faire réfléchir les gens ? Comment les amener à prendre la bonne décision ? Il y a quelques semaines, je discutais avec mon végépote Vgarou, qui me disait que je faisais deux erreurs : répondre à un argument par un autre plutôt que de démontrer que l’argument ne tient pas la route, et prendre les gens par les sentiments. 

Je pense qu’il a raison et que stratégiquement, il faut éviter de faire ça. L’interlocuteur se sent mal et vous rejette la faute. Vous devenez son ennemi et il ne veut plus vous écouter. Vous lui donnez le sentiment que c’est contre lui-même qu’il va devoir se battre, que c’est lui le mauvais dans l’histoire, alors que vous savez aussi bien que moi que le carniste n’est tout simplement pas informé, il est la victime. Donnez-lui plutôt des faits, des informations. Ça peut être par votre intermédiaire ou des livres, des films, des articles scientifiques. L’ennemi sera alors l’injustice et là, il y a quelque chose qu’il aura envie de combattre. Il aura pris une décision en fonction de ces informations, ça aura été un choix qui vient de lui. Cette stratégie s’est montrée tres efficace à de nombreuses reprises. 

J’aime beaucoup ce qu’a dit Guillaume Corpard dans une vidéo de IamVeganTV :  «Les véganes n’ont pas l’exclusivité de la bienveillance. ll y a des gens qui mangent de la viande et sont plein d’amour pour les autres. Ce qui m’intéresse en conférence, c’est de donner des faits. Quand on estime que l’autre est largement aussi capable d’exprimer ce qu’il y a dans son coeur que soi, ça se passe en général tres bien » 

Ou Mathieu Ricard : « Le sourire, c’est la porte du cœur qui s’ouvre à l’autre. »,  et « Évitez de même tout acte nuisible, même le plus insignifiant. Telle l’étincelle minuscule qui, en présence de vent, peut consumer en un instant un énorme tas d’herbes sèches, un simple accès de violente colère peut détruire une montagne de mérites. Rejetez comme du poison toute conduite néfaste en comprenant qu’elle est cause de toutes nos souffrances, et transformez également les actes neutres en actes positifs. »

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Revenons quelques secondes sur la colère. J’avais peur de la lâcher. Je croyais que ma colère était mon moteur pour le militantisme, mais j’avais tort. Le moteur, c’est l’injustice que subissent les animaux. J’ai écrit sur Facebook il y a quelques jours : « Vous débarrasser de votre colère ne vous fera pas perdre votre niaque. Vous ne vous lèverez pas en vous disant oh, je n’ai plus envie d’être activiste. Non, vous vous lèverez serein et en paix. Quel plus beau cadeau pouvez-vous faire aux animaux que de les défendre sans violence d’aucune sorte ? » 

Et vous savez, quand on commence à avoir de meilleurs résultats, eh bien… on a encore plus la niaque, au final. 🙂 »

Alors, je ne suis pas en train de dire que si on devient végane en voyant des vidéos choquantes, on va sombrer du coté obscur et se changer en Gremlin. Bien sûr que non. Ça serait comme dire que les jeux vidéos rendent violents, c’est absurde. Mais derrière ces vidéos plus qu’importantes pour dévoiler la vérité, il faut que chacun puisse trouver un moyen de ne pas/plus être en colère contre soi-même et contre les autres. Il faut prendre son mal en patience, se rappeler qui on a été, garder en tête que nous n’apprécierions pas nous même d’être/de se sentir agressé d’une manière ou d’une autre. Et surtout, surtout : que la bienveillance doublée d’informations, ça paye !

Nombre d’entre vous qui ont fait le même chemin que moi (ou pas, si vous avez été de suite dans la bienveillance, bravo!) n’aiment pas les véganes agressifs. Je ne pense pas qu’il faille les combattre ou leur faire la morale, il faut plutôt essayer de comprendre leurs sentiments et les aider à aller vers quelque chose de plus positif. 

Pour finir, combien sommes-nous à essayer de les calmer ? Autant les faire entrer en véganie avec la bienveillance, sans qu’ils se sentent coupables ou en colère, avec en main de bons outils de communication. Je dis souvent à mes enfants que s’ils ne veulent pas ranger leur chambre… il ne faut pas y mettre du bazar. 😉 

Des kiss et du love sur vous, 

Noita

P.S. : Merci aux petites mains dans l’ombre pour la correction @Bwitch ❤ 

 

 

 

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Végane mais pas gaga des animaux. Oups ?

« -Mais comment ça tu n’aime pas les animaux ?
– Ce n’est pas que je ne les aime pas, disons que je n’en suis pas gaga. Certains, je les trouve moches, ou ils me font peur. 
-Mais pourquoi t’es végane alors ?
-Parce que ce sont des êtres vivants sentients, et que je respecte leur droit et leur envie de vivre.
-Ah, ok… »
(Rictus et tête dubitative)

Je suis végane. Abolitionniste. Engagée. Militante. J’ai un blog et je suis carrément rédac en chef d’un magazine sur le sujet. Et pourtant… pas une très grosse amoureuse de tous les animaux, de pas beaucoup en fait, et parfois je suis même encore très spéciste (mais je me soigne). Les heures de câlin avec le chaton et les reportages animaliers en boucle, trop peu pour moi. Un bien long sujet dont j’avais envie de vous parler depuis un certains temps mais j’ai essayé de ne pas faire trop long tout de même.

Je vais peut-être en choquer quelques-uns (pour changer !) mais les animaux, c’est comme les enfants : j’adore les miens, un peu moins ceux des autres, et dans la mesure du possible je m’en tiens loin. Pour plusieurs raisons. 

-1 Où est ma place auprès des animaux libres ? 

Le véganisme, pour moi, ne s’arrête pas à la seule lutte contre l’exploitation animale. Etre végane c’est aussi protéger les animaux, par exemple en le sortant d’un refuge si j’en ai la possibilité, en ne nuisant pas à leur environnement, appeler une asso si je trouve un oiseau blessé…  Mais devant la simple nature, un animal libre, que suis-je sensé faire concrètement ? J’ai envie de répondre : rien, ou dans certaines limites. 

Devant un animal sauvage en pleine savane, ou un cygne/un écureuil près de chez moi, c’est simple : ma place est loin, cachée, discrète. Je n’interviens pas. J’irais bien leur faire une petite caresse, leur donner un petit truc à manger, les prendre en photo, mais ça ne les intéresse pas, ils n’en ont pas besoin, et je pourrais les perturber. A contrario si une oie s’approche de moi au parc et montre de l’intérêt pour ma salade de maïs, je veux bien partager. C’est elle qui est venu à moi, avec un désir en particulier : manger.  Je ne m’approche pas non plus des chiens et chats délaissés, qui ont souvent peur et que je vais traumatiser encore plus. Mais s’ils s’approchent, ils ont droit à quelques caresses. S’ils sont blessés, j’appelle le refuge dont j’ai le numéro de téléphone depuis longtemps enregistré dans mon répertoire, avec aussi celui de l’asso qui s’occupe des oiseaux blessés. 

Petite histoire arrivée il y a de cela peut-être un mois. J’étais installée sous un arbre dans mon jardin-cour quand ma fille se met à hurler et court vers moi en pleurant. Après un câlin je vérifie si elle est blessée mais je ne comprends pas, elle a l’air d’aller bien. Elle me montre alors un tout petit oiseau par terre, qui était tombé juste devant elle, lui faisant peur. Il ne bougeait pas, était allongé là, comme mort en plein soleil sous le béton. Mon fils rapplique aussi et je leur dis de ne surtout pas le toucher pour l’instant. Je ne savais pas trop quoi faire et mon premier réflexe c’était d’aller chercher du pain et de l’eau, mais je commence par m’abstenir. Je ne suis pas gaga des animaux mais devant un petit qui n’a pas l’air d’aller bien, je n’ai qu’un envie : lui faire plein de bisous et de câlins, le serrer dans mes bras pour qu’il se sente en sécurité. Mais je ne le touche pas, du peu que je sais ça n’est pas la marche à suivre. J’appelle mon voisin qui me dit que les vieux oiseaux se suicident en se jetant par terre et que je n’ai qu’à le mettre dans la poubelle. Sauf que cet oiseau n’a pas l’air vieux, et qu’en regardant de plus près, il respire encore. Je l’envoie sur les roses non sans manquer de lui dire qu’on ne jette pas un animal dans une poubelle comme un bout de plastique. Je prends l’oiseau et on l’emmène sous l’arbre, à l’ombre. J’appelle cette asso qui s’occupe des oiseaux : occupée. Je demande de l’aide sur le net en attendant qu’on me rappelle. Ne pas donner à manger ni à boire, le toucher le moins possible, le laisser au calme. On va donc jouer de l’autre côté. L’asso me rappelle et me demande de le mettre sur une branche et de quitter mon jardin une demi heure. On m’explique que c’est la saison, les petits apprennent à voler et tombent. Si je le touche trop, ses parents pourraient l’abandonner, si on reste au jardin avec les enfants qui crient, le petit n’appellera pas ses parents ou ils ne l’entendront pas. Je laisse les enfants (inquiets de le laisser seul) lui dire au revoir, et on rentre. Une demi heure plus tard, on revient : plus d’oiseau. Tristesse pour les enfants, mais victoire pour ce bébé qui a retrouvé sa famille. Moralité : laissez la nature et les pros faire, sinon, c’est la cata. 

-2 Où est ma place auprès des animaux domestiques ?

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J’ai eu deux chats et je les ai adorés, mais je n’étais pas collée à eux, ou eux collés à moi H24. Je n’aurais pas supporté. C’est pour ça que, même si en ce moment j’aimerais beaucoup avoir un chien, joueur, qui aime les longues ballades, j’hésite beaucoup. S’il est trop collant/câlin, ça ne passera pas. Adopter oui, mais seulement adopter un chien avec qui je m’entendrais. Me retrouver avec un labrador qui pleure toute la journée parce que je n’ai pas envie de le câliner/caresser autant qu’il a besoin, je ne sais pas si c’est une bonne option. Vous me direz qu’il est toujours mieux chez moi qu’au refuge, je vous répondrais que se sentir mal-aimé ou seul ça fait chier où qu’on soit (c’est du vécu). Si je dois avoir un chien à mes coté, ça sera un chien heureux. Il est hors de question de sortir du refuge pour sortir du refuge. Je vois ça comme adopter un enfant pour lui faire passer la journée devant la tv : sans intérêt pour lui comme pour moi. Et si jamais je me décide, il faudra aussi que financièrement ça suive. S’il a besoin de soins, c’est mon devoir de les lui payer. Quand aux vacances, si je ne trouve pas de moyens de le faire garder, je peux m’en passer sans soucis. Je ne suis pas prête à adopter par simple envie, par plaisir personnel. Donc pour l’instant, je n’ai pas d’animal « de compagnie ». J’ai deux enfants et pour les câlins et les sorties, c’est déjà pas mal 😉 

Au passage, un chien (ou un chat ou autre), ce n’est pas un enfant…

Il y a quelque chose qui me dérange dans les relations animaux non-humains domestiques/Hommes, que je vois beaucoup. J’ai du mal à comprendre et parfois ça peut porter préjudice aux non humains. Je comprends qu’on les aime, qu’on les câline, qu’on les colle, qu’on soit inséparable, même qu’on dorme avec eux. Mais…quelque chose là dedans me met mal à l’aise. Parce que ce ne sont pas des enfants, pas des petits humains à poils. Un chien doit être traité comme en a besoin un chien et pas comme un enfant de 2 ans, de même qu’un petit enfant doit être traité comme un enfant, non pas comme un mini-adulte. Ils ont des besoins spécifiques. Entre les enfants élevés aux punitions/cris/fessées et les animaux que l’on humanise et a qui on inflige les mêmes traitements, à qui en plus on met des habits, des flots dans les poils sur la tête ou pire qu’on inscrit à des concours de beauté… hip ips oups, pour moi non merci. Combien de chiens très gentils a-t-on subitement vu se jeter sur une personne pour protéger celle qu’il prend pour sa mère, comme si c’était son rôle ? Combien de chien ne supportent plus une heure d’absence et le vivent comme des traumatismes tellement ils sont couvés ? Il y a sûrement un juste milieu à trouver là dedans et fort heureusement je vois beaucoup d’animaux heureux avec leurs familles. J’espère un jour pouvoir aussi être une famille pour l’un d’eux.  

-3 Les pigeons, les cigognes, le spécisme et moi 

Hum. Qui n’a pas grandi comme moi, courant parfois sur la place publique à faire peur aux pigeons et leur filant des coups de pieds ? J’avoue qu’un moment je trouvais ça drôle, et puis comme c’est moche, que « ça » chie partout et que « ça » ne sert à rien,  on s’en fout. Mais un jour une vieille dame nous a chassés les copains et moi et leur a filé des graines. Je me suis sentie assez mal et je ne les ai plus jamais touchés. Aujourd’hui j’interdis à mes enfants de faire comme leurs copains et de leur faire du mal. Mais… je ne les aime toujours pas. Je les trouve toujours moches et degueulasses. J’ai lu un peu sur eux, ils sont intelligents, attachants, mais… ça coince. Quand j’en voit un, je regarde ailleurs, je pense « beurk sale bête » non sans un peu de honte. Par contre, pourtant je suis athée et pas superstitieuse, mais quand je croise un corbeau, je m’éloigne, je me tais, je ne pense rien. Ils me font peur. J’ai lu des histoires où ils harcèlent certaines personnes, qu’ils sont rancuniers et que s’ils vous ont dans le collimateur, vous êtes dans la merde. Vrai ? Faux ? Je ne sais pas. Mais j’ai toujours ressenti de la méfiance par rapport à eux. Et en fait je n’ai jamais aimé les oiseaux. 

Par contre j’ai vécu une année à Nancy. A la Pépinière, outre ce singe nommé Jojo,  enfermé pendant des années et qui me faisait tellement de peine,  il y avait un couple de cigogne. Un jour je les ai vues voler, je les ai trouvées magnifiques. L’été dernier, en rando en Alsace, j’en ai croisé beaucoup, je les trouve toujours aussi belles, aussi gracieuses. Dans un camping où je m’étais arrêtée, un matin avant de reprendre la route, il y en avait une, juste là, en train de picorer. Les gens sur place m’ont dit qu’elle venait tous les ans, mais qu’il ne fallait pas l’approcher et la laisser tranquille. Ca m’a fait plaisir d’entendre ça, je m’attendais plutôt à voir débarquer tout le camping pour faire des selfies. J’ai retenu mon « Non mais je suis végane je ne la toucherais pas » et j’ai profité quelques minutes du spectacle, sous le soleil qui se levait à peine. Ou se couchait, je ne me rappelle plus 🙂 
-4 Ces animaux qui m’éblouissent ou me font peur

Qu’on se mette d’accord tout de suite : l’animal le plus grand, le plus beau, le plus fort, le roi du monde c’est Res Turner l’éléphant. Il a tout : bébé il est craquant, adulte il est magnifique, il en impose (j’allais écrire improse, puisque M’sieur Turner est maintenant 3 fois champion de France du End of the Weak, mais concentre toi sur l’éléphant Noita). Il n’est pas pressé, il est végétalien, il est puissant. Y’a un truc qui se dégage de cet animal,  je ne saurais dire quoi et la pour le coup, j’avoue… j’en suis gaga.

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On dirait pas mais j’vous jure je ne suis pas à l’aide DU TOUT !

Apprêtez-vous à bien vous marrer maintenant : j’ai peur des vaches. Ou disons que je ne suis pas très à l’aise avec. En fait c’est comme avec l’éléphant, y’a un je ne sais pas quoi qui se dégage mais pour le coup qui ne me plaît pas du tout. Et pourtant je les ai toujours trouvées très belles. J’adore les cochons aussi. Qu’est ce qu’ils sont drôles, joueurs, beaux et intelligents. Toutes ces côtes de porcs me resteront plus que tout autre bout de viande en travers de la gorge… (spécisme, quand tu me tiens encore…). 

J’ai horreur des vers de terre et serpents, en plus ces derniers me font flipper grave depuis le livre de la jungle. Les poissons rouges (et poissons tout court), bien que j’en ai eu un pendant 20 ans (il s’appelait Tarzan) et que je l’adorais, je suis totalement indifférente. Idem pour les orques ou dauphins etc. que tout le monde ou presque adule.  J’ai horreur des mouches et des moustiques mais j’aime bien les abeilles. Les papillons, bof, ouais c’est joli m’enfin bon. Les pies, les moineaux ? Moyen. Les ours ? Impressionnants, m’enfin pas plus que ca. Voyez : j’suis pas gaga des animaux. 

Et donc ?

Qu’est ce qui fait qu’on aime certaines espèces et pas d’autres, et que même au sein de d’une espèce, on apprécie plus un animal qu’un autre ? L’éducation ? Le feeling ? Les goûts ? Bah, qu’importe. Tant qu’on laisse les animaux tranquilles, on peut ne pas les kiffer, et honnêtement, je doute qu’ils en aient quelque chose à faire de ce qu’on pense d’eux… 

Et pour ma part, ne pas en être hyper folle ne m’empêche pas d’être très engagée et de consacrer un temps non négligeable à la protection animale. Parce que ce qui compte ce n’est pas de les aimer. C’est de les respecter. Respecter leur droit et envie de vivre, et les considérer comme ce qu’ils sont : des êtres vivants sentients avec des droits.

Et vous, vous aimez les animaux ? Lesquels ? Pourquoi ? De quelle manière ?

Des kiss et du love sur vous,

Noita