Un torero/chasseur meurt, les véganes se marrent… c’est grave docteur ?

Ces derniers temps, c’est LE grand truc. Ca fait jubiler, danser, boire du champagne, ça combat les dépressions, ça rassemble comme un meeting de Jean-Luc Mélanchon.  On s’assoie derrière son écran et on déroule, on déroule, on déroule, jusqu’à ce qu’on tombe enfin sur LA bonne nouvelle de la journée : chasseur, torero, parfois même pêcheur, quelqu’un est… mort.

YAKEMWAKCACHOK ?
Comprenez moi bien : Je ne pleure pas et ne pleurerais jamais la disparition d’une personne menaçant régulièrement (ou même juste une fois) la vie d’autrui, humain ou non humain. Non pas par manque d’empathie, non pas parce que le karma, mais parce que je trouve qu’il n’y a rien de triste dans le fait de perdre la vie quand on allait en enlever une. C’est normal, c’est le « jeu », c’est la vie, c’est la Nature, c’est le risque, c’est comme ca. Enfin bon, vous avez compris…
Moi aussi je ressens ce fort sentiment de justice envers l’animal qui, menacé, s’est défendu, s’est fait justice et s’en est tiré. Bien sur que celui qui voulait faire du mal et tuer mérite de se prendre un retour de boomerang dans la gueule.
Mais…
Je ne supporte pas ces torrents de posts joyeux sur le web, comme si la mort de quelqu’un était une bonne nouvelle ou quelque chose de beau, comme si ça allait changer quelque chose, comme si une personne ne se résume qu’aux mauvais actes qu’elle commet et comme si le véganisme c’était rire de la mort et manquer de respect aux familles endeuillées qui, elles, n’ont rien demandé.
Youpi ce connard de chasseur/torrero est mort, un de moins. Un de moins ? Vraiment ? Parce qu’il n’y a jamais de nouveaux toreros, chasseurs ? Parce qu’il n’y a pas de parti politique, de lobby, ou simplement un tonton pour recruter de nouveaux tueurs en série ? Parce que quand on condamnait à mort les violeurs, les pédophiles, on était proche de leur extinction ( bah flute, à l’époque on n’est pas passé loin, deux-trois de plus et on en était débarrassé à jamais peut-etre?). ? Parce que chaque fois qu’on tue un terroriste, on est proche de la fin du terrorisme ? Non. La mort, ça ne change rien. Rien. Et c’est toujours moche.
Posez-vous la question : face à un chasseur/torero, seriez-vous capable de le tuer de vos propres mains ? Ne criez pas fort « OUI » sans y avoir vraiment réfléchi .Seriez-vous capable de tuer, de prendre une vie ? Pour la plupart d’entre vous, la réponse est non.
Vous savez que ça n’est pas la solution.
Et si à la mort d’un de vos proche, emporté par une maladie liée à l’ingestion quotidienne de cadavre, j’écrivais sur mon mur « Youpi un bouffon de carniste en moins » alors que vous pleurez la mort de quelqu’un que vous aimiez, que ressentiriez-vous ?
Alors, c’est ça le véganisme ? Non, je ne crois pas. Qu’une mort soit méritée, je ne le nies pas. Qu’on ressente de la joie pour l’animal qui s’en est sorti, je comprend et j’adhère.  Mais qu’’elle soit célébrée, je le déplore, profondément. Je l’ai fait aussi avant, et je regrette amèrement.
Beaucoup d’entre vous ont lu le «  Plaidoyer pour les animaux » de Mathieu Ricard. Essayez son « Plaidoyer pour l’altruisme », c’est pas mal aussi…

Et puis, c’est sans parler de l’image que ça donne de nous qui, avouons le, n’est pas déjà jolie jolie. On a bien plus à gagner en gardant notre joie pour nous et en exposant plutôt notre peine pour l’animal mort ou sévèrement blessé, et en informant sur les méfaits de la chasse, la barbarie que représente la corrida.

Noita.
De retour (et pas pour vous jouer un mauvais tour)
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