Végane mais pas gaga des animaux. Oups ?

« -Mais comment ça tu n’aime pas les animaux ?
– Ce n’est pas que je ne les aime pas, disons que je n’en suis pas gaga. Certains, je les trouve moches, ou ils me font peur. 
-Mais pourquoi t’es végane alors ?
-Parce que ce sont des êtres vivants sentients, et que je respecte leur droit et leur envie de vivre.
-Ah, ok… »
(Rictus et tête dubitative)

Je suis végane. Abolitionniste. Engagée. Militante. J’ai un blog et je suis carrément rédac en chef d’un magazine sur le sujet. Et pourtant… pas une très grosse amoureuse de tous les animaux, de pas beaucoup en fait, et parfois je suis même encore très spéciste (mais je me soigne). Les heures de câlin avec le chaton et les reportages animaliers en boucle, trop peu pour moi. Un bien long sujet dont j’avais envie de vous parler depuis un certains temps mais j’ai essayé de ne pas faire trop long tout de même.

Je vais peut-être en choquer quelques-uns (pour changer !) mais les animaux, c’est comme les enfants : j’adore les miens, un peu moins ceux des autres, et dans la mesure du possible je m’en tiens loin. Pour plusieurs raisons. 

-1 Où est ma place auprès des animaux libres ? 

Le véganisme, pour moi, ne s’arrête pas à la seule lutte contre l’exploitation animale. Etre végane c’est aussi protéger les animaux, par exemple en le sortant d’un refuge si j’en ai la possibilité, en ne nuisant pas à leur environnement, appeler une asso si je trouve un oiseau blessé…  Mais devant la simple nature, un animal libre, que suis-je sensé faire concrètement ? J’ai envie de répondre : rien, ou dans certaines limites. 

Devant un animal sauvage en pleine savane, ou un cygne/un écureuil près de chez moi, c’est simple : ma place est loin, cachée, discrète. Je n’interviens pas. J’irais bien leur faire une petite caresse, leur donner un petit truc à manger, les prendre en photo, mais ça ne les intéresse pas, ils n’en ont pas besoin, et je pourrais les perturber. A contrario si une oie s’approche de moi au parc et montre de l’intérêt pour ma salade de maïs, je veux bien partager. C’est elle qui est venu à moi, avec un désir en particulier : manger.  Je ne m’approche pas non plus des chiens et chats délaissés, qui ont souvent peur et que je vais traumatiser encore plus. Mais s’ils s’approchent, ils ont droit à quelques caresses. S’ils sont blessés, j’appelle le refuge dont j’ai le numéro de téléphone depuis longtemps enregistré dans mon répertoire, avec aussi celui de l’asso qui s’occupe des oiseaux blessés. 

Petite histoire arrivée il y a de cela peut-être un mois. J’étais installée sous un arbre dans mon jardin-cour quand ma fille se met à hurler et court vers moi en pleurant. Après un câlin je vérifie si elle est blessée mais je ne comprends pas, elle a l’air d’aller bien. Elle me montre alors un tout petit oiseau par terre, qui était tombé juste devant elle, lui faisant peur. Il ne bougeait pas, était allongé là, comme mort en plein soleil sous le béton. Mon fils rapplique aussi et je leur dis de ne surtout pas le toucher pour l’instant. Je ne savais pas trop quoi faire et mon premier réflexe c’était d’aller chercher du pain et de l’eau, mais je commence par m’abstenir. Je ne suis pas gaga des animaux mais devant un petit qui n’a pas l’air d’aller bien, je n’ai qu’un envie : lui faire plein de bisous et de câlins, le serrer dans mes bras pour qu’il se sente en sécurité. Mais je ne le touche pas, du peu que je sais ça n’est pas la marche à suivre. J’appelle mon voisin qui me dit que les vieux oiseaux se suicident en se jetant par terre et que je n’ai qu’à le mettre dans la poubelle. Sauf que cet oiseau n’a pas l’air vieux, et qu’en regardant de plus près, il respire encore. Je l’envoie sur les roses non sans manquer de lui dire qu’on ne jette pas un animal dans une poubelle comme un bout de plastique. Je prends l’oiseau et on l’emmène sous l’arbre, à l’ombre. J’appelle cette asso qui s’occupe des oiseaux : occupée. Je demande de l’aide sur le net en attendant qu’on me rappelle. Ne pas donner à manger ni à boire, le toucher le moins possible, le laisser au calme. On va donc jouer de l’autre côté. L’asso me rappelle et me demande de le mettre sur une branche et de quitter mon jardin une demi heure. On m’explique que c’est la saison, les petits apprennent à voler et tombent. Si je le touche trop, ses parents pourraient l’abandonner, si on reste au jardin avec les enfants qui crient, le petit n’appellera pas ses parents ou ils ne l’entendront pas. Je laisse les enfants (inquiets de le laisser seul) lui dire au revoir, et on rentre. Une demi heure plus tard, on revient : plus d’oiseau. Tristesse pour les enfants, mais victoire pour ce bébé qui a retrouvé sa famille. Moralité : laissez la nature et les pros faire, sinon, c’est la cata. 

-2 Où est ma place auprès des animaux domestiques ?

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J’ai eu deux chats et je les ai adorés, mais je n’étais pas collée à eux, ou eux collés à moi H24. Je n’aurais pas supporté. C’est pour ça que, même si en ce moment j’aimerais beaucoup avoir un chien, joueur, qui aime les longues ballades, j’hésite beaucoup. S’il est trop collant/câlin, ça ne passera pas. Adopter oui, mais seulement adopter un chien avec qui je m’entendrais. Me retrouver avec un labrador qui pleure toute la journée parce que je n’ai pas envie de le câliner/caresser autant qu’il a besoin, je ne sais pas si c’est une bonne option. Vous me direz qu’il est toujours mieux chez moi qu’au refuge, je vous répondrais que se sentir mal-aimé ou seul ça fait chier où qu’on soit (c’est du vécu). Si je dois avoir un chien à mes coté, ça sera un chien heureux. Il est hors de question de sortir du refuge pour sortir du refuge. Je vois ça comme adopter un enfant pour lui faire passer la journée devant la tv : sans intérêt pour lui comme pour moi. Et si jamais je me décide, il faudra aussi que financièrement ça suive. S’il a besoin de soins, c’est mon devoir de les lui payer. Quand aux vacances, si je ne trouve pas de moyens de le faire garder, je peux m’en passer sans soucis. Je ne suis pas prête à adopter par simple envie, par plaisir personnel. Donc pour l’instant, je n’ai pas d’animal « de compagnie ». J’ai deux enfants et pour les câlins et les sorties, c’est déjà pas mal 😉 

Au passage, un chien (ou un chat ou autre), ce n’est pas un enfant…

Il y a quelque chose qui me dérange dans les relations animaux non-humains domestiques/Hommes, que je vois beaucoup. J’ai du mal à comprendre et parfois ça peut porter préjudice aux non humains. Je comprends qu’on les aime, qu’on les câline, qu’on les colle, qu’on soit inséparable, même qu’on dorme avec eux. Mais…quelque chose là dedans me met mal à l’aise. Parce que ce ne sont pas des enfants, pas des petits humains à poils. Un chien doit être traité comme en a besoin un chien et pas comme un enfant de 2 ans, de même qu’un petit enfant doit être traité comme un enfant, non pas comme un mini-adulte. Ils ont des besoins spécifiques. Entre les enfants élevés aux punitions/cris/fessées et les animaux que l’on humanise et a qui on inflige les mêmes traitements, à qui en plus on met des habits, des flots dans les poils sur la tête ou pire qu’on inscrit à des concours de beauté… hip ips oups, pour moi non merci. Combien de chiens très gentils a-t-on subitement vu se jeter sur une personne pour protéger celle qu’il prend pour sa mère, comme si c’était son rôle ? Combien de chien ne supportent plus une heure d’absence et le vivent comme des traumatismes tellement ils sont couvés ? Il y a sûrement un juste milieu à trouver là dedans et fort heureusement je vois beaucoup d’animaux heureux avec leurs familles. J’espère un jour pouvoir aussi être une famille pour l’un d’eux.  

-3 Les pigeons, les cigognes, le spécisme et moi 

Hum. Qui n’a pas grandi comme moi, courant parfois sur la place publique à faire peur aux pigeons et leur filant des coups de pieds ? J’avoue qu’un moment je trouvais ça drôle, et puis comme c’est moche, que « ça » chie partout et que « ça » ne sert à rien,  on s’en fout. Mais un jour une vieille dame nous a chassés les copains et moi et leur a filé des graines. Je me suis sentie assez mal et je ne les ai plus jamais touchés. Aujourd’hui j’interdis à mes enfants de faire comme leurs copains et de leur faire du mal. Mais… je ne les aime toujours pas. Je les trouve toujours moches et degueulasses. J’ai lu un peu sur eux, ils sont intelligents, attachants, mais… ça coince. Quand j’en voit un, je regarde ailleurs, je pense « beurk sale bête » non sans un peu de honte. Par contre, pourtant je suis athée et pas superstitieuse, mais quand je croise un corbeau, je m’éloigne, je me tais, je ne pense rien. Ils me font peur. J’ai lu des histoires où ils harcèlent certaines personnes, qu’ils sont rancuniers et que s’ils vous ont dans le collimateur, vous êtes dans la merde. Vrai ? Faux ? Je ne sais pas. Mais j’ai toujours ressenti de la méfiance par rapport à eux. Et en fait je n’ai jamais aimé les oiseaux. 

Par contre j’ai vécu une année à Nancy. A la Pépinière, outre ce singe nommé Jojo,  enfermé pendant des années et qui me faisait tellement de peine,  il y avait un couple de cigogne. Un jour je les ai vues voler, je les ai trouvées magnifiques. L’été dernier, en rando en Alsace, j’en ai croisé beaucoup, je les trouve toujours aussi belles, aussi gracieuses. Dans un camping où je m’étais arrêtée, un matin avant de reprendre la route, il y en avait une, juste là, en train de picorer. Les gens sur place m’ont dit qu’elle venait tous les ans, mais qu’il ne fallait pas l’approcher et la laisser tranquille. Ca m’a fait plaisir d’entendre ça, je m’attendais plutôt à voir débarquer tout le camping pour faire des selfies. J’ai retenu mon « Non mais je suis végane je ne la toucherais pas » et j’ai profité quelques minutes du spectacle, sous le soleil qui se levait à peine. Ou se couchait, je ne me rappelle plus 🙂 
-4 Ces animaux qui m’éblouissent ou me font peur

Qu’on se mette d’accord tout de suite : l’animal le plus grand, le plus beau, le plus fort, le roi du monde c’est Res Turner l’éléphant. Il a tout : bébé il est craquant, adulte il est magnifique, il en impose (j’allais écrire improse, puisque M’sieur Turner est maintenant 3 fois champion de France du End of the Weak, mais concentre toi sur l’éléphant Noita). Il n’est pas pressé, il est végétalien, il est puissant. Y’a un truc qui se dégage de cet animal,  je ne saurais dire quoi et la pour le coup, j’avoue… j’en suis gaga.

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On dirait pas mais j’vous jure je ne suis pas à l’aide DU TOUT !

Apprêtez-vous à bien vous marrer maintenant : j’ai peur des vaches. Ou disons que je ne suis pas très à l’aise avec. En fait c’est comme avec l’éléphant, y’a un je ne sais pas quoi qui se dégage mais pour le coup qui ne me plaît pas du tout. Et pourtant je les ai toujours trouvées très belles. J’adore les cochons aussi. Qu’est ce qu’ils sont drôles, joueurs, beaux et intelligents. Toutes ces côtes de porcs me resteront plus que tout autre bout de viande en travers de la gorge… (spécisme, quand tu me tiens encore…). 

J’ai horreur des vers de terre et serpents, en plus ces derniers me font flipper grave depuis le livre de la jungle. Les poissons rouges (et poissons tout court), bien que j’en ai eu un pendant 20 ans (il s’appelait Tarzan) et que je l’adorais, je suis totalement indifférente. Idem pour les orques ou dauphins etc. que tout le monde ou presque adule.  J’ai horreur des mouches et des moustiques mais j’aime bien les abeilles. Les papillons, bof, ouais c’est joli m’enfin bon. Les pies, les moineaux ? Moyen. Les ours ? Impressionnants, m’enfin pas plus que ca. Voyez : j’suis pas gaga des animaux. 

Et donc ?

Qu’est ce qui fait qu’on aime certaines espèces et pas d’autres, et que même au sein de d’une espèce, on apprécie plus un animal qu’un autre ? L’éducation ? Le feeling ? Les goûts ? Bah, qu’importe. Tant qu’on laisse les animaux tranquilles, on peut ne pas les kiffer, et honnêtement, je doute qu’ils en aient quelque chose à faire de ce qu’on pense d’eux… 

Et pour ma part, ne pas en être hyper folle ne m’empêche pas d’être très engagée et de consacrer un temps non négligeable à la protection animale. Parce que ce qui compte ce n’est pas de les aimer. C’est de les respecter. Respecter leur droit et envie de vivre, et les considérer comme ce qu’ils sont : des êtres vivants sentients avec des droits.

Et vous, vous aimez les animaux ? Lesquels ? Pourquoi ? De quelle manière ?

Des kiss et du love sur vous,

Noita

 

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Interview de Jo-Anne McArthur, photojournaliste activiste.

Bonjour à tous !

Vous ne le savez peut-être pas, mais je vis en Allemagne. Il y a trois mois, c’est Sébastien Kardinal, le roi de la french porn-food, qui faisait la Une. Il tient d’ailleurs avec sa compagne le site VG Zone, un indispensable pour les véganes parisiens ! Par manque de temps, je n’avais pas pu la traduire et poster l’article. J’ai contacté l’intéressé, sait-on jamais, on pourra peut être la retrouver !

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Des fois que vous ayez des doutes sur ce que je dis 😉

Dans le dernier numéro, j’ai découvert  Jo-Anne McArthur, journaliste photographe,  grande amoureuse des animaux et activiste très engagée dans la lutte pour la libération animale. Je voudrais partager cette découverte avec vous. Ses photos sont magnifiques, et montrent les animaux d’une façon très differente de ce que l’on a l’habitude de voir. Elles m’ont beaucoup touchées.
Grand merci à Melvin, auteur du site VeganLife pour la traduction ! 

Interview Jo-Anne McArthur
Version originale : Vegan Magazin
Toutes les photos sont issues de son site internet
Envie d’en savoir plus ? Plus d’infos sur Jo-Anne sur son wiki anglais

 

Vous avez mené des enquêtes dans des fermes à fourrure et dans des abattoirs. À quoi ressemble véritablement votre travail?

Les gens ne voient que le résultat final de mon travail, mais pas tous les défis et les tentatives que celui-ci représente. Nous devons faire face à toutes sortes de situations, comme des portes fermées et l’impossibilité d’entrer dans un endroit, ou encore, parfois, nous devons nous enfuir rapidement. Je n’aime pas mentir aux gens ni tourner autour du pot. Je préférerai faire tout mon travail honnêtement, sans ambiguïté et en plein jour, mais ceci est rarement envisageable pour les personnes comme moi qui souhaitent exposer la cruauté devenue institution. Nous devons donc travailler la nuit et accomplir une tâche épuisante, douloureuse et agaçante; nous prenons en photo des animaux, pour ensuite les laisser derrière nous. Fermer la porte et s’en aller ainsi est la partie la plus difficile de notre travail.

Pourquoi?


Nous sommes ici parce que la cause animale nous importe, et la dernière chose que nous voudrions faire est de les laisser derrière nous. Mais notre objectif est seulement de documenter les gens afin d’exposer la cruauté.

Quelle est la partie la plus difficile à supporter dans votre travail? 


Ce qui peut être très difficile, c’est de supporter tout ce que l’on voit afin de prendre les photos nécessaires, sans être tenter de partir. Être dans abattoir peut être vraiment difficile à surmonter, et je ne peux pas vraiment expliquer ce que je ressens vraiment par rapport à ce que je peux y voir. Ces animaux regardent partout autour d’eux dans l’espoir de trouver un échappatoire. Ils ont besoin d’aide. Et je ne peux pas les aider.

 Comment gérez-vous la violence dont vous êtes témoin à travers votre travail?

J’ai appris à la gérer après des années de pratique. J’ai suivi une thérapie qui m’a aidé à m’adapter à ce genre de situation. Nous pourrions sans doute tous nous sentir terriblement mal chaque jour à cause de ce qui se passe dans le monde, tant pour la planète que pour les animaux. Mais cet état d’esprit me rend finalement paresseux et improductif. Tous les jours, je choisis de vivre avec espoir et de me concentrer sur le fait de changer les choses et sur les bonnes personnes autour de moi. C’est le mieux que je puisse faire.

 Y a-t-il quelques situations où il vous était impossible de prendre des photos?

Oui, la semaine dernière, lorsque je n’ai pas pu pénétrer dans une grange – les portes étaient fermées! Cependant, en général, je parviens toujours à trouver un moyen d’entrer et/ou de prendre des photos. Dans des zoos par exemple, il y a souvent des obstacles, comme des parois épaisses de plexiglas toutes rayées, ou encore des barrières en tout genre. Être photographe veut aussi dire se montrer créatif devant les obstacles que l’on peut rencontrer. Ou, pour donner un autre exemple, photographier les interactions des gens (ou le manque d’interaction plutôt) avec les animaux n’est pas toujours évident. C’est un thème récurrent dans mon travail.

 Donc votre travail n’a pas pour seul sujet les animaux?

C’est véritablement une étude sociologique sur notre rapport avec les animaux. Notre manque d’esprit critique sur ce monde. Les humains dans les zoos prennent des photos et selfies, complètement absorbés par le fait qu’il y ait un animal majestueux devant eux. Ils sont tous à côté d’animaux, sans vraiment les voir.

 

 Vous êtes parvenu à documenter des abattoirs et des animaux en train de souffrir et de mourir. Avons-nous réellement besoin de ce genre d’images, selon vous?

 

Oui nous avons besoin, mais je préfère ne pas les mettre en valeur trop souvent. Les gens doivent davantage faire leur propre recherche à ce sujet. Voir la violence aussi près de soi ainsi peut être très traumatisant, et cela peut même braquer certaines personnes. Nous devons faire le contact entre l’animal et nos yeux via ces photos, même s’ils sont tout près de la mort. Cependant, il semblerait que les gens soient plus affectés par des histoires positives que par des images plus ou moins choquantes.

 Quel type(s) d’images fait le plus changer les gens?

Les gens sont davantage inspirés par des célébrités, qui sont presque héroïques pour certaines personnes. C’est pourquoi je me concentre également sur des activistes autour du globe, et plus tard, sur les femmes dans la défense des animaux. Ce projet est appelé « Unbound ». Je fais cela parce que j’ai pu rencontré des personnes comme DR Jane Goodall. En apprenant peu à peu son histoire, je me suis dit « Si elle peut faire ce genre de travail tout en ayant une vie aussi incroyable, alors moi aussi je le peux ». Elle m’a beaucoup influencé et m’a permis de me rendre compte de la réalité, d’apprendre à être créative et d’aider les animaux. C’est pourquoi Unbound est une grande plate-forme qui regroupe beaucoup de femmes très intéressantes qui essaient de changer le monde pour les animaux. Je me suis toujours demandé à quoi ressemblerait la cause animale si aucune femme n’y était impliquée. D’un point de vue historique, tout du moins en Europe et en Amérique du Nord, le mouvement animaliste compte entre 60 et 80% de femmes. Parfois, certains groupes de femmes se sont sentis obligé de choisir un homme pour diriger leur association afin de paraître plus légitime aux yeux du grand public, et afin d’éviter d’alimenter le cliché répandu qui dit que les personnes qui s’intéresse à la cause animale ne sont que des femmes hystériques et trop émotives. Autrefois, c’est ce que certaines associations pensaient être nécessaire pour être plus crédibles et ainsi être davantage reconnues.

 J’espère que cela a changé depuis!

J’espère aussi. Mais est-ce vraiment le cas? Je me le demande. Unbound aborde également ce sujet.

 Vous voyez-vous comme une photographe ou une activiste?

Pour moi, l’activisme est en première ligne et la photographie est un outil pour faire avancer les choses. Je me suis surprise en train d’utiliser le mot « activiste » moins souvent, donc je suis vu comme une photojournaliste. Cela change vraiment la vision qu’ont les gens de toi, lorsque tu te présentes en tant que « photojournaliste » et non en tant que « photojournaliste des droits des animaux ». Triste vérité!

Les photojournalistes travaillant sur la cause animale ne sont pas perçus comme sérieux au sein de la communauté de photographes. Comment cela peut-il s’expliquer, selon vous? 
C’est parce que les « droits des animaux » ont encore un long chemin à parcourir avant d’être sérieusement considérés par la population et par les médias. Nous sommes également souvent réticents) regarder la vérité en face, car nous sommes bien souvent directement impliqués dans la violence que je photographie. Nous ne voulons pas regarder ces images de fermes-usines car nous mangeons tous des cochons, des poules, des dindes et des vaches. Affronter directement cette cruauté reviendrait à nous rendre compte de notre propre complicité vis-à-vis de cette même cruauté. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle il est grand temps de normaliser cet important travail, réalisé par des photographes professionnels.

 Vous avez eu l’occasion de travailler sur tous les types d’exploitation animale. Votre nouveau livre aura pour sujet les animaux en captivité – pourquoi ce thème en particulier?

Je suis en train d’écrire un livre intitulé « Captivity » pas parce que c’est le problème le plus pressant en ce moment, mais parce que le débat actuel à propos de l’éthique des zoos est devenu courant, et ce depuis, par exemple, le documentaire « Blackfish », depuis le meurtre du gorille Harambe aux États-Unis et l’abattage de Marius la girafe à Copenhague. Je profite donc de cette opportunité pour apporter ma pierre à l’édifice et au débat public au sujet des animaux en captivité.

 

Combien de zoos et d’aquariums avez-vous visité pour votre livre?

Je me suis renseigné au sujet des zoos et des aquariums pendant plus d’une décennie. Cette année, j’ai passé des mois a sillonné les routes d’Europe, à prendre des photos pour la « Born Free Foundation ». Mon livre parlera de la captivité animale dans plus de 20 pays différents. En tout et pour tout, j’ai dû me rendre dans plus de 50 ou 60 zoos et aquariums. C’est bien trop!

 

Que va devenir votre projet « We Animals »?

Grâce à un support financier, j’ai pu embauché du personnel, et le projet « We Animals » va grandir et est bien parti pour devenir une association. Cela me permet d’avoir plus de temps, que je peux désormais consacrer à d’autres projets comme prendre des photos, écrire et parler de mes engagements.

 

Quels sont vos autres projets?

Nous sommes en train de mettre en place un projet appelé « We Animals Archive », qui sera simplement une petite agence de photos à propos des droits des animaux. Le site internet « We Animals » contient déjà près de 1200 images, mais il en existe des milliers d’autres. La nouvelle archive que nous avons construite renferme plus de 5.000 images, étalées sur 15 ans de travail. Toutes ces images ne devraient pas être stockées ainsi à ne rien faire sur mes nombreux disques durs!

 

Vous travaillez depuis longtemps sur la cruauté animale à l’échelle mondiale. Quels changements avez-vous vu durant tout ce temps?

Eh bien, les choses s’améliorent et empirent à la fois. Il y a beaucoup plus de fermes-usines qui voient le jour dans les économies émergentes, comme en Chine ou en Inde. Mais d’un autre côté, le véganisme se répand dans de nombreux autres pays. Il reste encore beaucoup de travail à faire devant nous tous, mais je reste optimiste.

 

Quelle est votre perspective d’avenir pour les animaux?

Le mouvement animaliste est en train d’écrire l’Histoire en ce moment-même. Ce mouvement œuvrant pour les droits des animaux grandit chaque jour. Un activiste qui lutte en faveur de la cause animale n’est pas seulement une personne avec un t-shirt « végane » dans la rue. Il y a également au sein de ce mouvement des avocats, des philosophes, des réalisateurs de films, des scientifiques, etc. Et aussi des photographes.

 

 

Avez-vous remarqué des changements grâce à votre travail?

Oh, oui, tous les jours. Mes images sont utilisées à travers le monde entier. Elles touchent les gens. La photographe de guerre Lynsey Addario a dit: « Une fois que vous avez constaté les effets de votre propre travail, vous ne pouvez plus revenir en arrière. » Et c’est pourquoi elle continue de se rendre dans ces endroits déchirés par l’horreur et la guerre parce qu’elle sait que cela créé un changement, une véritable prise de conscience. Tout comme pour le travail sur les droits des animaux où la demande en images s’accroît davantage chaque jour. C’est pour cela que je continue de faire ce que je fais.

 

 

Oui, j’impose le véganisme à mes enfants.

(Voici l’article phare de mon précédent blog. Merci encore pour vos 80.000+ lectures !)

Quand on devient végane, on a le droit à toutes sortes de remarques. Il y a aussi les jugements hâtifs, ceux faisant le plus mal étant ceux qui insinuent que nous n’avons pas été fichus de nous renseigner, comme si nous étions les derniers des cons, qu’on a pris cette décision en voyant une pub dans les prospectus entre ceux de Lidl et de la Scientologie. Mais ça n’est pas le pire. Non, ce qui nous fout le plus des poignards au coeur c’est quand on nous accuse d’être de mauvais parents.

« Mais tu ne peux pas lui imposer ça. C’est dangereux et de toute façon tu n’as pas à faire des choix à sa place » 

– Imposer

– Mettre en danger

– Choisir à sa place

2 reproches en une seule phrase (avec un doublon pour bien en rajouter), qui dit mieux ? Même ma belle-mère n’a pas ce level.

Parlons-en de la question du choix :

A moins d’avoir mal compris, en tant que mère, mon rôle est justement de faire des choix pour mon enfant, non ? Ou est-ce que je suis censé le mettre face au sein remplit du lait maternel de sa mère et un biberon de lait maternel de vache et attendre qu’il me pointe son choix du doigt ? Vous, vous le laissez choisir à quelle heure il doit aller au bain, s’il veut aller à la maternelle ou non, et il a son mot à dire au moment de la vaccination ? Quand il sera plus âgé, s’il décide de rejoindre Daesh, vous le laisserez faire sans vous battre parce que vous n’avez pas à faire de choix pour lui et qu’il est majeur ? Et surtout, est-ce que vous, parents qui consommez des P.O.A. (produits d’origine animale), vous laissez le choix à vos enfants ? Vous leur avez expliqué comment on fait de la viande, d’où ça vient, les risques pour la santé et tout le tralala, puis vous les avez fait réfléchir avant de vous soumettre à leur décision ?

Nous sommes des parents. Notre job est de prendre des décisions pour nos enfants. Nous prenons ces décisions selon nos âmes et consciences, selon ce que nous estimons être le mieux pour eux. Véganes ou non, nous imposons tous nos choix à nos enfants. TOUS.

TOUT LE MONDE A FAIT DES CHOIX POUR MOI, et ça n’est pas normal.

Petite, je n’ai jamais eu mon mot à dire sur rien. Si le lapin me dégoûtait, il fallait le manger quand même. Tant pis si ça me foutait des nausées. Avec le temps, je me suis habituée et j’ai oublié cette sensation désagréable de culpabilité, l’impression de manger quelqu’un. Les discours des grand-mères « c’est qu’un animal » m’est rentré dans le crâne. Plus tard on a eu un lapin nain chez une de mes grand-mères, en cage. Quand je lui ai demandé si on allait le manger, elle m’a regardé de travers : « pas lui voyons ». Je ne comprenais pas la différence avec les autres lapins. L’un est mangeable, l’autre non ? Un jour je l’ai vu déplumer un pigeon. J’ai été punie pour lui avoir dit de laisser cet oiseau tranquille. Évidemment je n’avais le choix de rien, puisque « je n’étais qu’une enfant ». Ado, à moins de pleurs et de disputes interminables, j’ai rarement eu mon mot à dire sur mes envies ou mon avenir. Et une fois maman, ce n’était pas mieux

– À l’hôpital, j’avais dit pas de tétine, pas de biberon et surtout pas de lait de vache. Pas 24h avant sa naissance, mon fils a eu les deux, et ce contre mes consignes claires et strictes. L’équipe avait décidé à ma place que la tétine est indispensable à mon fils et que les bibis de lait de vache c’est mieux que mon lait maternel, donc quand il est parti faire des examens avec les médecins, ils lui ont donné. J’ai lutté 3 mois pour essayer de sauver mon allaitement mais rien à faire : trop fainéant, confondant tétine et sein, il ne tétait pas assez et pas assez bien. Autre chose, on m’a aussi injecté un vaccin sans me demander mon avis. Alors que j’étais à moitié endormie, l’infirmière est arrivée avec la seringue et m’a piquée sans que j’ai eu le temps de réagir. C’est une violation de mes droits.

Cas à part ? Non, en France c’est malheureusement le quotidien. Vous trouvez ça normal, parce que les médecins « savent mieux » ? Pas moi. Ils ont décidé pour moi, et en aucun cas ça n’est normal. Ils auraient dû m’en parler. Médecins ou bon Dieu, celle qui choisi pour moi, ça doit être moi et uniquement moi.

– Une fois né, deux grand-mères se sont senties le droit légitime de me prendre mon fils quand elles le souhaitaient. « Quand il aura quelques mois tu vas partir à l’étranger avec lui, alors on veut en profiter ». L’une des deux a carrément pris mon fils de mes bras alors qu’il dormait parce que « il ne doit pas dormir quand mémé Monique est là ». Premier enfant, logée gratuitement, sentiment de culpabilité, je n’ai pas osé broncher. Je me disais qu’elles savaient peut-être mieux que moi après tout… Les gens ont le don de vous manipuler et de vous faire croire, sur le coup en tout cas, que vous êtes d’accord et si vous ne l’êtes pas, jouent avec vos sentiments. Normal ? Non ! 100 fois non ! C’est comme ça dans toutes les familles ? Ok, mais moi j’ai décidé de briser ce tabou, et ça ne sera pas comme ça chez moi.

Ce ne sont que deux exemples, ceux qui m’ont le plus marqués, mais je pourrais en faire un liste énorme. À quel moment les gens ont-ils respecté mes choix ? Quasi aucun. Normal ? Non.

QUID DE VOS PROPRES CHOIX ?

Et vous, qu’importe la décision à prendre, entre la pression/les moqueries/le manque de soutien des parents, des employeurs, le manque de confiance, les « j’ai pas le choix »  imposés par le système et la manière de vivre d’aujourd’hui etc., combien de fois d’autres ont choisi pour vous, allant clairement contre vos envies, vos valeurs, vos décisions ? Combien de fois avez-vous pensé que c’était votre choix alors que pas du tout, que vous avez été manipulé ? Combien de fois avez-vous changé d’avis parce que vous avez vu 50 fois la pub ou que votre cousine vous a saoulé ?

Ces choix que nous prenons pour nos enfants sont-ils réellement NOS choix ? Quid de la tradition ou de l’avis de notre entourage, ne pèse-t-il pas parfois tellement lourd qu’on va contre sa propre volonté ? (Ex  : votre mère : Moi j’ai fait comme ça et c’était très bien, comment oses-tu remettre en cause l’éducation que je t’ai donné, tu me blesses)

Quant à la viande, avez-vous eu toutes les informations et un temps de réflexion pour faire un choix ?

Là où les uns cachent (inneficacement), j’ai choisi d’expliquer. 

Il ne faut pas prendre les enfants pour des imbéciles. Ils ont du coeur. Ce n’est pas que les adultes n’en ont pas, c’est qu’on leur a appris à ne pas l’écouter. Les enfants comprennent, et surtout nous font confiance. Si on fait un choix pour eux, même s’ils ne comprennent pas sur l’instant, ils comprennent plus tard. Véganisme, déménagements nombreux, vie sans père/mère etc., c’est le même combat.

Tous les enfants passent par la case « je ne veux pas manger le lapin ».

À ce moment-là vous avez le choix entre les forcer à faire ce qu’ils ne veulent pas ou leur proposer une autre alternative. Cette alternative leur évitera de se confronter si jeune à la dissonance cognitive. Elle signifie aussi, si vos enfants ne sont pas véganes depuis toujours, devoir leur expliquer pourquoi ils n’ont pas/plus le droit à la viande. Parlez-leur de santé et d’environnement s’ils sont encore trop petits pour savoir ce qui se passe derrière un abattoir. Chaque chose en son temps, il n’est nul besoin de traumatiser nos enfants, ils le seront bien assez tôt.

Cette même alternative ne signifie pas devoir les affamer. Mon fils raffolait des poissons pannés/nuggets, aujourd’hui il dévore des poissons pannés/nuggets véganes, très faciles à faire à la maison ou qu’on trouve en magasin. Chez nous, il y a du gâteau et des glaces, comme dans toutes les familles. Mes gosses ne sont pas malheureux et ils ont autant d’énergie que ceux qui carburent au sucre et aux protéines animales.

Mon fils de 5 ans pose des questions, j’y répond, et il comprend pourquoi nous ne mangeons pas de P.O.A. Il a plutot du mal à comprendre pourquoi certaines personnes sont aussi « méchantes », comme il dit. Ma fille de 2 ans est végane depuis la naissance, elle se porte super bien !

Les moqueries à l’école ? Si ça n’est pas le véganisme, les  gosses trouveront autre chose. Quand on veut emmerder quelqu’un dont la tête ne nous revient pas, on trouve toujours quelque chose.

Sans les zoos, les aquariums, les cirques… enfance malheureuse? 

Bouh, mauvaise mère, ce n’est pas une enfance si on n’a pas vu un lion. Premièrement, ce que vous montrez à vos enfants ne reflète pas ce que sont les animaux dans leur milieu naturel. Deuxièmement, est-ce que vous voulez vraiment qu’ils voient des animaux malheureux, parfois humiliés, faire des numéros contre-nature et troisièmement, est ce que la vie d’un animal est moins importante que les étoiles dans les yeux de vos enfants, alors qu’en plus ce n’est que mensonge ? Il y a tellement d’autres moyens de les faire rêver !

Pour amuser vos enfants, il y a la piscine, les clubs de sport, les jeux de société, le cinéma ou que sais-je. Ils ne seront pas traumatisés s’ils ne vont jamais au zoo. Au contraire, ne pas voir ces injustices ne leur fera que du bien.

VIANDE OU PAS VIANDE ? Ça n’est de toute façon pas une question de choix personnel. 

Nous sommes en 2016. Croire encore que les P.OA. sont bons pour la santé c’est comme croire au père Noel à 30 ans : c’est se voiler la face sur la réalité. Oui c’est vrai, ça fait chier, on aime la viande, et on ne veut pas perdre du temps à changer les habitudes. Oui, on nous a manipulé et menti toute notre vie, on se sent con, on est en colère, c’est normal. Mais cette colère est-elle à tourner vers les véganes qui essayent de vous faire comprendre qu’une vie plus saine existe (et combien sont ceux qui tiennent des blogs pour vous aider !), ou plutôt vers le système qui se paye votre tronche ??? Voulez-vous à votre tour vraiment imposer ça à vos enfants ?

Qui dit encore que les P.O.A. sont bons ? Lobbyistes, industries, pharma, publicités mensongères, bref ceux qui veulent vendre leur viande qui vous rend malade puis les médocs pour vous soigner. Votre plus grande référence en nutrition a le cul entre deux chaises : la vérité, qu’il connait puisqu’il lui est arrivé de dire du bien du véganisme, et cette grande marque de produits laitiers qui lui file des chèques. Super ! Jean Mich, t’as 10 trains de retard en nutrition.

On ne peut plus non plus croire encore qu’un animal n’a pas de conscience et ne ressent pas la douleur, ou qu’il a été mis là par Dieu pour que nous le traitions comme de la merde afin de le manger. On ne peut plus croire qu’il faut continuer à cause de la tradition. Nous ne vivrions pas dans un monde aussi moderne si les traditions n’avaient jamais changées.

Conclusion

Donc, oui j’impose le véganisme à mes enfants, ils sont heureux quand même. C’est mon rôle de leur offrir ce que j’estime être le mieux pour eux. Mon rôle est de les protéger. Je préfère quelques moqueries à l’école que de les goinfrer de pesticides, O.G.M., excréments et médocs. Pour ma part je pense que c’est ce qu’il y a de mieux pour eux, comme vous faites ce que vous pensez être le mieux pour les vôtres. Il n’y a aucune différence.