Végane mais pas gaga des animaux. Oups ?

« -Mais comment ça tu n’aime pas les animaux ?
– Ce n’est pas que je ne les aime pas, disons que je n’en suis pas gaga. Certains, je les trouve moches, ou ils me font peur. 
-Mais pourquoi t’es végane alors ?
-Parce que ce sont des êtres vivants sentients, et que je respecte leur droit et leur envie de vivre.
-Ah, ok… »
(Rictus et tête dubitative)

Je suis végane. Abolitionniste. Engagée. Militante. J’ai un blog et je suis carrément rédac en chef d’un magazine sur le sujet. Et pourtant… pas une très grosse amoureuse de tous les animaux, de pas beaucoup en fait, et parfois je suis même encore très spéciste (mais je me soigne). Les heures de câlin avec le chaton et les reportages animaliers en boucle, trop peu pour moi. Un bien long sujet dont j’avais envie de vous parler depuis un certains temps mais j’ai essayé de ne pas faire trop long tout de même.

Je vais peut-être en choquer quelques-uns (pour changer !) mais les animaux, c’est comme les enfants : j’adore les miens, un peu moins ceux des autres, et dans la mesure du possible je m’en tiens loin. Pour plusieurs raisons. 

-1 Où est ma place auprès des animaux libres ? 

Le véganisme, pour moi, ne s’arrête pas à la seule lutte contre l’exploitation animale. Etre végane c’est aussi protéger les animaux, par exemple en le sortant d’un refuge si j’en ai la possibilité, en ne nuisant pas à leur environnement, appeler une asso si je trouve un oiseau blessé…  Mais devant la simple nature, un animal libre, que suis-je sensé faire concrètement ? J’ai envie de répondre : rien, ou dans certaines limites. 

Devant un animal sauvage en pleine savane, ou un cygne/un écureuil près de chez moi, c’est simple : ma place est loin, cachée, discrète. Je n’interviens pas. J’irais bien leur faire une petite caresse, leur donner un petit truc à manger, les prendre en photo, mais ça ne les intéresse pas, ils n’en ont pas besoin, et je pourrais les perturber. A contrario si une oie s’approche de moi au parc et montre de l’intérêt pour ma salade de maïs, je veux bien partager. C’est elle qui est venu à moi, avec un désir en particulier : manger.  Je ne m’approche pas non plus des chiens et chats délaissés, qui ont souvent peur et que je vais traumatiser encore plus. Mais s’ils s’approchent, ils ont droit à quelques caresses. S’ils sont blessés, j’appelle le refuge dont j’ai le numéro de téléphone depuis longtemps enregistré dans mon répertoire, avec aussi celui de l’asso qui s’occupe des oiseaux blessés. 

Petite histoire arrivée il y a de cela peut-être un mois. J’étais installée sous un arbre dans mon jardin-cour quand ma fille se met à hurler et court vers moi en pleurant. Après un câlin je vérifie si elle est blessée mais je ne comprends pas, elle a l’air d’aller bien. Elle me montre alors un tout petit oiseau par terre, qui était tombé juste devant elle, lui faisant peur. Il ne bougeait pas, était allongé là, comme mort en plein soleil sous le béton. Mon fils rapplique aussi et je leur dis de ne surtout pas le toucher pour l’instant. Je ne savais pas trop quoi faire et mon premier réflexe c’était d’aller chercher du pain et de l’eau, mais je commence par m’abstenir. Je ne suis pas gaga des animaux mais devant un petit qui n’a pas l’air d’aller bien, je n’ai qu’un envie : lui faire plein de bisous et de câlins, le serrer dans mes bras pour qu’il se sente en sécurité. Mais je ne le touche pas, du peu que je sais ça n’est pas la marche à suivre. J’appelle mon voisin qui me dit que les vieux oiseaux se suicident en se jetant par terre et que je n’ai qu’à le mettre dans la poubelle. Sauf que cet oiseau n’a pas l’air vieux, et qu’en regardant de plus près, il respire encore. Je l’envoie sur les roses non sans manquer de lui dire qu’on ne jette pas un animal dans une poubelle comme un bout de plastique. Je prends l’oiseau et on l’emmène sous l’arbre, à l’ombre. J’appelle cette asso qui s’occupe des oiseaux : occupée. Je demande de l’aide sur le net en attendant qu’on me rappelle. Ne pas donner à manger ni à boire, le toucher le moins possible, le laisser au calme. On va donc jouer de l’autre côté. L’asso me rappelle et me demande de le mettre sur une branche et de quitter mon jardin une demi heure. On m’explique que c’est la saison, les petits apprennent à voler et tombent. Si je le touche trop, ses parents pourraient l’abandonner, si on reste au jardin avec les enfants qui crient, le petit n’appellera pas ses parents ou ils ne l’entendront pas. Je laisse les enfants (inquiets de le laisser seul) lui dire au revoir, et on rentre. Une demi heure plus tard, on revient : plus d’oiseau. Tristesse pour les enfants, mais victoire pour ce bébé qui a retrouvé sa famille. Moralité : laissez la nature et les pros faire, sinon, c’est la cata. 

-2 Où est ma place auprès des animaux domestiques ?

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J’ai eu deux chats et je les ai adorés, mais je n’étais pas collée à eux, ou eux collés à moi H24. Je n’aurais pas supporté. C’est pour ça que, même si en ce moment j’aimerais beaucoup avoir un chien, joueur, qui aime les longues ballades, j’hésite beaucoup. S’il est trop collant/câlin, ça ne passera pas. Adopter oui, mais seulement adopter un chien avec qui je m’entendrais. Me retrouver avec un labrador qui pleure toute la journée parce que je n’ai pas envie de le câliner/caresser autant qu’il a besoin, je ne sais pas si c’est une bonne option. Vous me direz qu’il est toujours mieux chez moi qu’au refuge, je vous répondrais que se sentir mal-aimé ou seul ça fait chier où qu’on soit (c’est du vécu). Si je dois avoir un chien à mes coté, ça sera un chien heureux. Il est hors de question de sortir du refuge pour sortir du refuge. Je vois ça comme adopter un enfant pour lui faire passer la journée devant la tv : sans intérêt pour lui comme pour moi. Et si jamais je me décide, il faudra aussi que financièrement ça suive. S’il a besoin de soins, c’est mon devoir de les lui payer. Quand aux vacances, si je ne trouve pas de moyens de le faire garder, je peux m’en passer sans soucis. Je ne suis pas prête à adopter par simple envie, par plaisir personnel. Donc pour l’instant, je n’ai pas d’animal « de compagnie ». J’ai deux enfants et pour les câlins et les sorties, c’est déjà pas mal 😉 

Au passage, un chien (ou un chat ou autre), ce n’est pas un enfant…

Il y a quelque chose qui me dérange dans les relations animaux non-humains domestiques/Hommes, que je vois beaucoup. J’ai du mal à comprendre et parfois ça peut porter préjudice aux non humains. Je comprends qu’on les aime, qu’on les câline, qu’on les colle, qu’on soit inséparable, même qu’on dorme avec eux. Mais…quelque chose là dedans me met mal à l’aise. Parce que ce ne sont pas des enfants, pas des petits humains à poils. Un chien doit être traité comme en a besoin un chien et pas comme un enfant de 2 ans, de même qu’un petit enfant doit être traité comme un enfant, non pas comme un mini-adulte. Ils ont des besoins spécifiques. Entre les enfants élevés aux punitions/cris/fessées et les animaux que l’on humanise et a qui on inflige les mêmes traitements, à qui en plus on met des habits, des flots dans les poils sur la tête ou pire qu’on inscrit à des concours de beauté… hip ips oups, pour moi non merci. Combien de chiens très gentils a-t-on subitement vu se jeter sur une personne pour protéger celle qu’il prend pour sa mère, comme si c’était son rôle ? Combien de chien ne supportent plus une heure d’absence et le vivent comme des traumatismes tellement ils sont couvés ? Il y a sûrement un juste milieu à trouver là dedans et fort heureusement je vois beaucoup d’animaux heureux avec leurs familles. J’espère un jour pouvoir aussi être une famille pour l’un d’eux.  

-3 Les pigeons, les cigognes, le spécisme et moi 

Hum. Qui n’a pas grandi comme moi, courant parfois sur la place publique à faire peur aux pigeons et leur filant des coups de pieds ? J’avoue qu’un moment je trouvais ça drôle, et puis comme c’est moche, que « ça » chie partout et que « ça » ne sert à rien,  on s’en fout. Mais un jour une vieille dame nous a chassés les copains et moi et leur a filé des graines. Je me suis sentie assez mal et je ne les ai plus jamais touchés. Aujourd’hui j’interdis à mes enfants de faire comme leurs copains et de leur faire du mal. Mais… je ne les aime toujours pas. Je les trouve toujours moches et degueulasses. J’ai lu un peu sur eux, ils sont intelligents, attachants, mais… ça coince. Quand j’en voit un, je regarde ailleurs, je pense « beurk sale bête » non sans un peu de honte. Par contre, pourtant je suis athée et pas superstitieuse, mais quand je croise un corbeau, je m’éloigne, je me tais, je ne pense rien. Ils me font peur. J’ai lu des histoires où ils harcèlent certaines personnes, qu’ils sont rancuniers et que s’ils vous ont dans le collimateur, vous êtes dans la merde. Vrai ? Faux ? Je ne sais pas. Mais j’ai toujours ressenti de la méfiance par rapport à eux. Et en fait je n’ai jamais aimé les oiseaux. 

Par contre j’ai vécu une année à Nancy. A la Pépinière, outre ce singe nommé Jojo,  enfermé pendant des années et qui me faisait tellement de peine,  il y avait un couple de cigogne. Un jour je les ai vues voler, je les ai trouvées magnifiques. L’été dernier, en rando en Alsace, j’en ai croisé beaucoup, je les trouve toujours aussi belles, aussi gracieuses. Dans un camping où je m’étais arrêtée, un matin avant de reprendre la route, il y en avait une, juste là, en train de picorer. Les gens sur place m’ont dit qu’elle venait tous les ans, mais qu’il ne fallait pas l’approcher et la laisser tranquille. Ca m’a fait plaisir d’entendre ça, je m’attendais plutôt à voir débarquer tout le camping pour faire des selfies. J’ai retenu mon « Non mais je suis végane je ne la toucherais pas » et j’ai profité quelques minutes du spectacle, sous le soleil qui se levait à peine. Ou se couchait, je ne me rappelle plus 🙂 
-4 Ces animaux qui m’éblouissent ou me font peur

Qu’on se mette d’accord tout de suite : l’animal le plus grand, le plus beau, le plus fort, le roi du monde c’est Res Turner l’éléphant. Il a tout : bébé il est craquant, adulte il est magnifique, il en impose (j’allais écrire improse, puisque M’sieur Turner est maintenant 3 fois champion de France du End of the Weak, mais concentre toi sur l’éléphant Noita). Il n’est pas pressé, il est végétalien, il est puissant. Y’a un truc qui se dégage de cet animal,  je ne saurais dire quoi et la pour le coup, j’avoue… j’en suis gaga.

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On dirait pas mais j’vous jure je ne suis pas à l’aide DU TOUT !

Apprêtez-vous à bien vous marrer maintenant : j’ai peur des vaches. Ou disons que je ne suis pas très à l’aise avec. En fait c’est comme avec l’éléphant, y’a un je ne sais pas quoi qui se dégage mais pour le coup qui ne me plaît pas du tout. Et pourtant je les ai toujours trouvées très belles. J’adore les cochons aussi. Qu’est ce qu’ils sont drôles, joueurs, beaux et intelligents. Toutes ces côtes de porcs me resteront plus que tout autre bout de viande en travers de la gorge… (spécisme, quand tu me tiens encore…). 

J’ai horreur des vers de terre et serpents, en plus ces derniers me font flipper grave depuis le livre de la jungle. Les poissons rouges (et poissons tout court), bien que j’en ai eu un pendant 20 ans (il s’appelait Tarzan) et que je l’adorais, je suis totalement indifférente. Idem pour les orques ou dauphins etc. que tout le monde ou presque adule.  J’ai horreur des mouches et des moustiques mais j’aime bien les abeilles. Les papillons, bof, ouais c’est joli m’enfin bon. Les pies, les moineaux ? Moyen. Les ours ? Impressionnants, m’enfin pas plus que ca. Voyez : j’suis pas gaga des animaux. 

Et donc ?

Qu’est ce qui fait qu’on aime certaines espèces et pas d’autres, et que même au sein de d’une espèce, on apprécie plus un animal qu’un autre ? L’éducation ? Le feeling ? Les goûts ? Bah, qu’importe. Tant qu’on laisse les animaux tranquilles, on peut ne pas les kiffer, et honnêtement, je doute qu’ils en aient quelque chose à faire de ce qu’on pense d’eux… 

Et pour ma part, ne pas en être hyper folle ne m’empêche pas d’être très engagée et de consacrer un temps non négligeable à la protection animale. Parce que ce qui compte ce n’est pas de les aimer. C’est de les respecter. Respecter leur droit et envie de vivre, et les considérer comme ce qu’ils sont : des êtres vivants sentients avec des droits.

Et vous, vous aimez les animaux ? Lesquels ? Pourquoi ? De quelle manière ?

Des kiss et du love sur vous,

Noita

 

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