Pourquoi je n’impose plus le véganisme à mes enfants.

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Oui enfin bon d’accord, je ne l’impose plus tout à fait à mon fils de 7 ans. Ma fille, qui vient d’avoir 3 ans, n’a pas encore son mot à dire… mais ca viendra. Il y a de cela maintenant un bon paquet de mois (je dirais bien deux ans), je publiais sur mon ancien blog « Oui, j’impose le véganisme à mes enfants ».  Le blog a été hacké mais j’en avais une copie que j’ai republié ici, et que je vous invite à lire si mes motivations vous intéressent. (A noter qu’aujourd’hui, si j’impose et continue d’imposer le véganisme à ma plus petite, certaines motivations peuvent être différentes mais ça, ça sera peut être le sujet d’un autre article).

A l’époque, l’article a cartonné, il était partout, il y a eu des centaines de commentaires et critiques sur tous les réseaux sociaux, les pages, les groupes. Il y avait les gens d’accord avec moi, ceux qui ne l’étaient pas, ceux qui comprenaient mais n’appliquaient pas la même politique (comme l’explique par exemple l’auteur Martin Page dans cette interview pour IAmVeganTV), ceux qui s’insurgeaient avant même de lire s’imaginant que je nourrissais mes enfants au lait de coco et qu’ils allaient mourir dans la semaine. J’ai eu du soutien, des compliments, des insultes, on m’a posé beaucoup de questions notamment : « oui mais quand ils grandiront et voudront prendre leurs propres décisions, que fera-tu ? Et s’ils ne restent pas véganes, comment réagira-tu? » Je vais tenter de répondre à ces deux questions aujourd’hui.

D’abord, je tiens à vous rassurer. Mon grand garçon m’a fait peur à un moment mais aujourd’hui, devant chaque nouvel aliment il me demande si c’est végane. Au supermarché s’il voit quelque chose qui lui plait et que ca n’est pas végane, attristé il le reposera mais il l’oubliera aussitôt, d’autant que j’ai vite fait d’aller au rayon d’à côté pour lui trouver l’équivalent sans souffrance pour remettre le soleil sur son petit visage d’ange. Mais pourquoi cet article en fait ? Parce que comme dit quelques lignes plus tôt, à un moment j’ai eu peur, j’ai été confrontée à des désirs de mon fils qui, pour la première fois, argumentait au lieu d’obéir. J’étais déstabilisée mais ce fut une expérience finalement positive et enrichissante, que je tenais à partager avec vous afin de vous aider. Et aussi parce que j’aimerais bien refaire plus de 100k de vues, c’était cool d’être célèbre et de mettre le bazar dans toute la véganie (je déconne) (non) (à vous de juger).

 

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L’anniversaire.

Mon fils est invité à l’anniversaire d’un copain et s’inquiète de savoir s’il y aura quelque chose qu’il peut manger. La maman dudit copain, connaissant le régime végétalien de mon fils et soucieuse aussi de la santé d’un autre invité allergique au gluten, me demande si je veux bien avoir la gentillesse de préparer quelque chose de végétalien et sans gluten pour l’occasion. Mon fils part donc à l’anniversaire de son copain avec ses muffins aux pépites de chocolat préférés (recette de AuVertAvecLili). Il m’a demandé avant la fête s’il pouvait manger autre chose, si c’était grave de manger une saucisse ou une salade avec du jambon ou du gâteau « pas végane ». J’étais perturbée car c’était la première fois qu’il me posait une question aussi franchement sur le sujet. Je lui ai rappelé que la viande et le lait venaient d’animaux, que moi je n’en mangerais pas car les animaux ne sont pas d’accord, mais que lui, à 6 ans, il pouvait décider et que je respecterai sa décision. Je ne savais pas si c’était trop tôt pour lui permettre de prendre cette décision mais j’avais assez confiance en lui et dans les valeurs que je lui transmettais pour être sûre a 100 % qu’il n’y toucherait pas. Après tout, s’il posait la question, c’était qu’il réfléchissait. S’il réfléchissait, pourquoi ne pas le laisser décider seul après avoir répondu à ses questions ? Et pour cette fois, j’ai vu juste : il n’y a pas touché (oui parce qu’en Allemagne, les parents restent à l’anniversaire la plupart du temps, en tout cas en Bavière). Si vous avez survécu à la fête d’anniversaire, passons à la suite, et là s’il vous plaît, mettez vos ceintures parce que ça va vous secouer.

Le zoo.

Mon fils, ma fille et moi avions l’habitude d’aller au zoo, le Tierpark de Munich. J’avoue que pendant longtemps je me suis faite avoir par le côté parc, les grands espaces, les donations à des fondations, etc. Et puis le zoo était chouette : des aires de jeux super, des glaciers, un enclos de chèvres avec accès libre pour les caresser et les nourrir. J’adorais la proximité avec les animaux qu’offrait ce Tierpark, et on y passait de bons après midi à se promener et s’amuser. Puis j’ai su la vérité et je n’ai pas renouvelé ma carte d’abonnement. Ca n’a pas plu à mon fils, mais on a trouvé de nouveaux endroits supers chouettes et on a vite oublié. Jusqu’au moment fatidique. L’année dernière, dernière année de maternelle. En allant chercher mon fils, l’éducatrice me demande de signer l’autorisation de sortie le zoo. Je lui réponds qu’avant de signer, j’en discuterais avec mon fils, persuadée qu’il ne voudrait pas y aller. Une fois rentrés, j’attends un moment calme pour entamer la discussion. Je lui ai rappelé pourquoi nous n’allions plus au zoo et je lui ai demandé s’il avait vraiment envie d’y aller. Je lui ai dit qu’il devait y réfléchir lui même et que je me tenais à sa disposition pour répondre à ses questions et que je respecterais son choix. Et finalement, il m’a dit vouloir y aller : tous ses copains y seraient. On se moquerait de lui s’il ne venait pas. Il avait envie de s’amuser avec les autres à l’aire de jeu parce que l’aire de jeu avec les copains du quartier ce n’est pas pareil qu’avec les copains de l’école. Il voulait revoir le grand pont suspendu et manger une glace. Il voulait caresser les chèvres. Maman, laisse moi y aller.

J’avais dit que je me tiendrais à sa décision. Mais qu’est ce que j’ai raté ? Pourquoi veut-il aller dans cette prison pour animaux malgré mes supers arguments en béton armé ? Est-ce que je lui ai mal expliqué ? J’étais triste et en colère, contre moi pas contre lui, mais j’ai signé l’autorisation de sortie et mon fils est allé au zoo avec ses copains. Est-ce que c’était trop tôt ? Aurais-je choisi de le laisser choisir s’il avait fallu que je paye l’entrée de ma poche ? Je me suis posé beaucoup de questions.

Quand mon fil est rentré, il était content, il avait passé une bonne journée avec ses copains et ses institutrices. Il m’a expliqué que les éléphants se balançaient de gauche a droite pour faire rire les gens. Je n’ai pas eu le coeur de lui dire la vérité ce jour là.

Quelle leçon j’ai tiré ? Que mon fils commençait à suivre son propre chemin (j’ai les larmes aux yeux là, ça pique) et qu’il ne suivait pas forcement le même que moi. Est-ce que c’est grave ? Non, au contraire, c’est même une bonne chose qu’il ai assez confiance en moi pour me dire qu’il a envie d’aller à un endroit où je n’ai pas envie d’aller. Il n’a jamais redemandé à y retourner. Et quand on passe devant l’aquarium de la ville, il dit « oh les pauvres poissons ».

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Le MacDo

Toujours là ? Ok. On passe au Mac Do. Et là, si vous n’êtes pas du genre très tolérant/ouvert/compréhensif, allez lire autre chose (par exemple le dernier livre tout frais tout végane qui vient de sortir : La Révolution Antispéciste, dont le super blog HowIMetYourTofu nous offre une critique assez sympa) ou respirez un grand coup ou prenez un sédatif ou un calmant pour le coeur s’il vous plaît. Parce que mon fils a mangé des nuggets, oui du MacDo, que je lui ai payé avec mon argent, alors que j’étais déjà végane.

Pour ma part, si je fais mes courses entre le magasin végane, le magasin bio, le Monop’ et Lidl, normalement je boycotte totalement une entreprise comme le Mac Do. J’estime que les 2 fois dans l’année où j’y mets les pieds par faiblesse n’ont aucun impact, il m’arrive donc d’y aller me jeter sur un Veggie, en Allemagne. Sans le fromage, en Allemagne, le Veggie c’est végane (je préfère préciser, je donne deja assez d’éléments à certains pour me lyncher, n’est ce pas 😉

Un soir, on rentre du centre ville mon fils, ma fille et moi. Tout le monde est crevé, je mangerais bien un veggie avant de rentrer. Je demande à mon grand s’il se sent capable de manger un si grand hamburger et ses yeux s’illuminent a l’idée d’avoir un HappyMeal. Sauf que… problème Nº1 : pas de sandwich vegan dans le HappyMeal (impossible à négocier), problème Nº2 j’ai déjà commandé mon menu, problème Nº3 mon fils meurt de faim et ses yeux qui brillaient de mille étoiles brillent maintenant de mille larmes, problème Nº4 il trouve mon sandwich trop grand et veut des nuggets. Je lui rappelle ce que c’est des nuggets, crûment je lui dis que c’est des restes de poulet mort et qu’on a aussi tué des poussins. Il s’en fiche, il veut des nuggets. Je lui propose de prendre un HappyMeal, de jeter les nuggets, et de manger avec moi un Veggie et les frites, le dessert, et il aurait son jouet. Il veut toujours ses nuggets, et ma fille commence à s’impatienter dans sa poussette. Et puis je me dit qu’après tout il sait, que ça le regarde, qu’il va sur ses 7 ans, qu’il doit faire ses propres expériences : je cède. Je cède même deux fois en un mois parce que je voulais retenter l’expérience qui, vous l’avez deviné, n’a pas marché la première fois. Sadisme ou foi ?
Finalement, je me demande si ca n’est pas trop tôt et on n’est plus retourné au Mac Do. Quand j’en parle avec mon fils un peu plus tard, il me dit que c’est trop bon les nuggets, que le Veggie de toute façon est trop gros (je fais un bide quand je lui demande comment ça se fait que sa petite soeur en mange des petits morceaux coupés par mes soins). Je me suis dit que c’etait peut-être une question de gout : peut être que mes gâteaux véganes maison sont meilleurs que les gâteaux non véganes, c’est donc plus facile pour lui de s’en passer que les Nuggets, qui étaient meilleurs au MacDo qu’à la maison. Finalement j’ai refais des nuggets à la maison. Une nouvelle recette : nuggets plus petits, plus compacts (c’est a dire moins mous), avec potatoes et Ketchup à volonté. Et sans citron surtout parce que c’est ça qu’il n’aimait pas trop, m’a t’il dit ce jour là… Bingo.

Et puis un jour, son père m’envoie une photo, ils sont au Mac Do et tout le monde déguste… un Veggie !

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Alors ? Trop jeune pour prendre les bonnes décisions ? Pour comprendre qu’on ne va pas au zoo même pour s’amuser avec ses copains, qu’on ne mange pas un nuggets parce que c’est plus simple que le grand hamburger ? Et pourtant, à l’anniversaire, il a prit la décision inverse qu’au Mac Do. Pourquoi ? A quel âge peut on prendre les bonnes décisions ? Et puis c’est quoi une bonne décision ? Est-ce que c’est d’être végane et c’est tout, ou de faire comme maman et c’est tout ? Est-ce une bonne ou une mauvaise chose de faire son bonhomme de chemin d’enfant en faisant quelques entraves au véganisme et aux valeurs que nos parents tentent de partager avec nous ? Je n’ai pas les réponses à ces questions.

Ce que je sais, c’est que mes enfants sont libres de faire leurs propres expériences. On en parle calmement. Pour moi il est plus important qu’ils sachent que je les écoute, soutiens et respecte les personnes qu’ils sont/les choix qu’ils font plutôt qu’ils soient véganes pour me faire plaisir. C’est important pour moi qu’ils comprennent ce qu’est vraiment le véganisme, qu’ils le ressentent, qu’ils aient envie vraiment de vivre avec ces valeurs là, parce que s’ils n’y croient pas, ils laisseront tomber. On ne mène pas une vie si elle n’a pas de sens profond pour nous. Je ne suis pas prête à prendre le risque qu’ils deviennent carnistes parce que je les ai forcé ou que j’ai refusé une fois des nuggets au Mac Do, une sortie au zoo, parce que je n’ai pas respecté leur nature curieuse d’enfant, les oppositions normales et que je leur ai refusé leurs propres expériences. Je crois sincèrement qu’il faut que, si je leur enseigne les bases, le reste doit venir d’eux même, comme ça m’est venu. Le véganisme ne s’est pas imposé à moi : ça a été une évidence. Et ça doit en être une pour mes enfants.

Est-ce que je serais triste si l’un ou l’autre ne devient pas un végane en herbe plus tard ? Oui. Je rêve de les voir à mes côtés dans les manifs, peut être que l’un des deux tiendrait le magazine plus tard. Je serais triste, et déçue de moi, je me dirais que j’ai peut être raté quelque chose mais je saurais que mes enfants vivent libres, selon leurs valeurs, et pas enfermés dans les miennes. Que mes enfants vivent dans une prison, je le refuse aujourd’hui, et, j’espère, le refuserais toujours.

Des Kiss et du Love,
Noita

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Pourquoi les véganes d’aujourd’hui sont des extra-terrestres (et l’importance ou non des leviers hors éthique)

Dépenser de l’énergie pour nous n’est déjà pas simple ; alors est-on prêt·e à dépenser de l’énergie pour quelque chose qui ne nous touche pas directement si c’est déjà difficile quand ça nous concerne ? A la fin de cet article, j’en profite pour relancer le débat de l’utilisation des leviers santé, écologie, etc. dans l’argumentation face aux non-véganes. Si, si, vous verrez, il y a un rapport entre les deux 😉

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Alors que l’on pose une question de morale, d’éthique et de justice (MEJ), personnellement ça me gonflait totalement de parler aux carnistes de santé, d’environnement, de faim dans le monde, de pollution… Cela me paraissait, jusqu’à très récemment, totalement un non sens. Mais avons-nous vraiment le choix ?  Pour moi, la réponse était oui : on peut, on se doit même de ne parler que de MEJ. Il n’y a que ça qui compte. Sur ce point, des gens influents comme Tobias Leenaert et Thomas Lepeltier, deux personnes dont j’aime beaucoup le travail et la pensée, ne sont pas d’accord, et c’est un grand débat au sein de la Véganie* (je reviendrai sur leurs différents arguments très prochainement).

*(J’en profite pour vous remettre cette superbe carte de la véganie dessinée par Saoyiste, auteure du blog Version Vegan que, stp, tu pourrais renommer « Version VÉGANE » ? Oui, je sais, autre débat, je m’égare!)
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Evidemment, face à la « résistance » des carnistes autour de moi et sur les réseaux sociaux, j’utilisais quand même tous les leviers possibles et ça me faisait chier. Vraiment, littéralement, sachez-le, ça me cassait les couilles. Dans le magazine que je tiens, Le Tofu Te Parle, j’avais fait le choix d’utiliser tous ces leviers, sans vraiment au départ comprendre pourquoi, mais je pensais que c’était la meilleure chose à faire. Peut-être un peu par dépit, par envie de voir les choses changer. Je me disais et me dis toujours que tant qu’on leur fout la paix, les animaux non humains se fichent de savoir pourquoi. Et je continuerai parce que dernièrement, deux nouvelles informations me sont arrivées : l’énergie et… les extra terrestres qui, en fait, sont à peu près la même chose.

Alors rassurez-vous, je ne vais pas vous parler d’aliens, mais simplement du fait que beaucoup des véganes d’aujourd’hui, qui ont facilement fait le choix de ne plus exploiter d’animaux, sont des personnes « à part’. Vous allez vite comprendre… 

I ) Mon expérience personnelle

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Comment suis-je devenue végane ? Ça a été très facile et pourtant, cela a pris du temps. En fait, je me laissais porter par les informations qui arrivaient à moi sans chercher à en savoir plus et le changement se faisait au fur et à mesure que celles-ci arrivaient, à l’improviste. Je suis devenue végétarienne parce que mon budget ne me permettait pas de m’acheter de la viande bio, locale, de qualité. Je ne me souciais pas du bien-être animal, ne sachant rien de la sentience des animaux (enfin, l’ayant enfouie très loin au fond de moi et vous verrez plus loin, j’étais spéciste sans le savoir comme nous tous·tes). En cherchant des recettes, je découvre le végétalisme, je me disais que de temps en temps pourquoi pas, mais me passer de fromage, de miel, d’oeufs, trop peu pour moi. J’ai commencé par réduire, parce que sur beaucoup de blog de recettes, les blogeur.euse.s. expliquaient les méfaits de ces produits sur la santé. 

Puis j’ai commencé à visiter des blogs plus engagés, par pur hasard, notamment celui d’Antigone XXI (je met le lien par respect mais vous connaissez tous par coeur l’adresse de son blog)(non?)(comment ca non?) en cherchant un moyen moins dégueu que le shampooing pour laver mes cheveux. J’ai arrêté les oeufs quand j’ai su qu’on broyait des poussins (je n’ai appris que plus tard le calvaire des poules grâce à une vidéo de L124), sans me demander si par exemple il n’y avait pas de grand secret derrière le lait ou le miel. Quand les informations sont arrivées, j’ai arrêté. Je n’ai pas eu besoin de plus que ces images, pas eu besoin de surfer des heures sur le web, de philosopher pendant des semaines sur des questions comme « est-ce juste ou injuste », de chercher avec la rigueur d’un·e scientifique si stopper toute consommation de produits animaux était viable pour la santé, la planète etc. Ce que je voyais m’écœurait, c’était injuste, je ne voulais plus y participer, point barre. Une fois la question de la nourriture réglée, il n’y avait plus grand chose à faire car, sans le savoir… j’étais déjà végane (c’est là que vous pouvez voir mon spécisme inconscient de l’époque) : j’ai toujours détesté le cuir, la laine, la chasse, les oreillers en plume, toujours essayé de privilégier le cruelty-free quand le budget me le permettait (10 ans en arrière, on ne trouvait pas facilement des produits cosmétiques ou ménagers non testés sur animaux sans que la carte bleue ne saigne comme si on avait coupé une artère. Aujourd’hui, en France en tout cas, car en Allemagne où j’ai passé 6 ans, c’est tout à fait abordable, les prix peuvent encore être élevés mais on est plus dans l’ordre de la veine que de l’artère). J’allais encore naïvement au zoo, me laissant avoir par la propagande protectrice, puis il y a un an, une enquête de One Voice (je crois, je ne suis plus sûre) m’a fait découvrir les coulisses de ces prisons. 

En bref, j’avais déjà une bonne base de végane, et ayant déjà l’habitude de faire des changements pas simples, c’était facile d’en faire d’autres. Il ne me manquait que, et je le déplore, le questionnement et/ou la curiosité, qui m’auraient poussée à faire mes propres recherches plutôt que d’attendre que les informations arrivent à moi. Etait-ce, au fond, un refus de me priver trop vite de ce que j’aimais, un manque d’énergie, les deux ?

Mais pourquoi diable, quand j’explique ce qui se passe dans les élevages, les abattoirs, les laboratoires, les cirques etc., les gens n’entreprennent-ils pas illico un changement radical, comme moi? Eh bien, parce que j’avais en main une carte qu’iels n’ont pour l’instant pas, mais que vous lecteurices, si vous avez aussi fait très vite le choix du véganisme, aviez aussi probablement. A savoir : la capacité à dépenser de l’énergie. Je ne sais pas comment vous êtes passé·e·s outre les excuses mais de mon côté, la vie a parfois été très difficile. J’ai dû apprendre à soulever des poids très lourds pour me sortir de caves où de gros rocs me tenaient prisonnière. J’ai eu des choix compliqués à faire. Et aujourd’hui, à force d’expérience, je n’ai plus besoin de beaucoup d’énergie pour amorcer un changement. Devenir végane fut donc facile. 

II ) L’énergie, et donc pourquoi vous êtes des extra-terrestres, des gens « à part » 

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Mais qu’est-ce que j’entends par énergie ? En gros, je parle d’entreprendre des changements qui mènent à la fatigue, mentale comme physique, mais rien à voir avec un burn-out par exemple. Entreprendre un changement nécessite une dépense d’énergie : réfléchir, faire les choses différemment, s’adapter, assumer son choix face à celleux qui nous critiqueront, se justifier, chercher des informations, des alternatives, obtenir de nouveaux objets ou au contraire s’en débarrasser, la liste n’est pas exhaustive : physiquement comme mentalement, cela peut être bien plus usant que ce que vous pensez. Ne faites surtout pas l’erreur de croire que ce dont vous êtes capables, aussi simple que cela vous paraisse, les autres en sont capables aussi. C’est, à mon sens, une des plus grosses erreurs que font les véganes et qui nous fait passer pour des odieux·euses trous du cul qui veulent imposer leur façon de vivre. Notre incapacité à accepter le fait que les autres ne peuvent pas changer aussi facilement, combinée à l’urgence de la situation des animaux nous rendent impatient·e·s, pressant·e·s, et on passe pour des personnes antipathiques alors que nous sommes tout le contraire. 

Et ceux qui sont véganes depuis longtemps, rappelez-vous. Vous pensiez peut-être que cela s’arrêtait à quelques points comme l’alimentation, fringues, les produits cruelty-free, les zoos etc. Hors, vous avez fini, à force de découvrir de nouvelles informations, qu’il y a beaucoup, beaucoup à savoir ; on en découvre même encore après 20 ans. Sans le savoir, vous avez dépensé énoooormément d’énergie depuis que vous êtes véganes !

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Dans cet article, Tobias, connu pour chercher la méthode la plus efficace pour véganiser le monde, nous parle de ce qui pourrait simplifier les choses, donc permettre de dépenser moins d’énergie. De fait, si de nombreuses alternatives végétales existent déjà, il faudrait moins dépenser d’énergie pour en trouver soi-même et devenir végane serait donc plus facile. Mais pour moi, cela ne suffit pas. On pourrait avoir toutes les alternatives facilement disponibles et à prix cassé, il resterait quand même à être capable d’avoir assez d’énergie pour faire le premier pas vers un changement.  Le véganisme ne s’arrête pas à la facilité d’avoir des alternatives à portée de main, encore faut-il, socialement, avoir l’énergie de le vivre, l’assumer, le justifier encore et encore etc.

Les êtres humains ne sont pas des stockeur·euse·s d’énergie. C’est là le rôle des excuses dans lesquelles on s’enfonce à chaque projet que l’on a, que ce soit vouloir partir faire le tour du monde, changer de métier, quitter son/sa partenaire, faire un régime, dire ses quatre vérités à quelqu’un qu’on laisse pourrir notre vie… ou devenir végane : économiser de l’énergie.

On a très très peu de réserves, il nous faut nous reposer et nous recharger un minimum de 6-7 heures par nuit pour la plupart d’entre nous. Même en journée, il nous faut nous reposer : faire des siestes, une pause café, partir en vacances etc. Afin d’éviter la fatigue, notre cerveau est programmé pour dépenser le moins d’énergie possible. Et c’est là que vous êtes à part, que vous êtes des extra-terrestres si vous êtes devenus véganes facilement : pour vous, le changement, en tout cas celui-ci, a été très simple. Au moment de la transition, vous aviez de l’énergie disponible ou alors comme moi, vous avez appris à ne plus vous en soucier. C’est ce que disait Tobias Leenaert lors de sa conférence du mardi 24 octobre à Paris : la plupart des véganes sont des personnes à part. Si j’avais bien compris que, personnellement, j’ai pu faire ce changement facilement parce que depuis des années, j’entreprenais des changements (mon cerveau a fini par comprendre qu’il brûle plus d’énergie en tentant de combattre le changement plutôt qu’en le laissant le faire), je ne savais pas encore qu’en fait, très peu de personnes sont capables de faire ça (et je précise que je ne me sens pas « meilleure » pour autant). Tant que l’on n’a pas d’énergie, on ne peut pas changer. Tant que l’on n’a pas compris que cette dépense d’énergie sera en fait bénéfique, on ne peut pas entreprendre un changement. Tant que l’on n’a pas compris qu’à long terme, changer use moins d’énergie que se trouver des excuses, on ne peut pas changer. 

III Conclusion et débat : le manque d’énergie peut-il justifier les leviers santé, écologie etc. ?

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Et donc c’est là que vous êtes à part, que vous êtes des extra-terrestres : vous avez été capables de faire facilement ce qui, pour des millions et des millions de personnes, est difficile. Je le répète : ce n’est pas parce que ça vous semble facile que ça l’est pour les autres, ce n’est pas parce que ça a été simple pour vous que ça le sera pour les autres. Rappelez-vous qu’on vit dans un pays où on nous jauge chaque seconde sur tout ce qu’on dit/fait, de la couleur de nos chaussettes à nos choix MEJ, un pays où sortir du cadre peut vite dire exclusion, discrimination, conflit, un pays où on vit déjà dans un stress intense et où le moindre petit changement est délicat à vivre à l’intérieur de soi et à assumer à l’extérieur.

C’est donc bien plus facile de prendre une décision quand elle nous concerne, par exemple devenir végétarien·ne ou végétalien·ne, pour NOTRE santé, NOTRE planète, la survie de NOS enfants. Elle nécessite beaucoup moins de questionnement, moins de changements que de devenir végane. Et pour que les gens deviennent véganes, si les arguments MEJ ne suffisent pas, alors il est peut-être justifié d’utiliser les autres leviers. Les animaux non-humains veulent qu’on leur foute la paix, je doute qu’ils s’intéressent au pourquoi du comment on ne les exploite pas. Utiliser ces leviers permettrait aux gens d’user moins d’énergie d’un coup, et de faire donc plus facilement le premier pas. Iels deviendraient végétarien·ne·s, végétalien·ne·s, quelles qu’en soient les raisons. Puis iels auraient un peu plus d’énergie pour l’étape suivante. Beaucoup de véganes en témoignent et j’en fais partie, ce sont souvent au départ des arguments qui nous ont concerné qui ont amorcé un changement (ça peut aussi être l’égocentrisme évidement, il n’y a pas que le manque d’énergie qui bloque les gens, mais chez combien de gens l’égocentrisme est-il juste un manque d’énergie, combien finalement préfèrent dire à demi-mot qu’ils sont égoïstes alors qu’en fait, c’est une excuse, un manque d’énergie ? La question mérite d’être posée). On fait bien plus de kilomètres en marchant doucement qu’en courant, c’est bien connu. Mais, en prenant en compte l’énergie, la question est : peut-on adapter cette méthode au véganisme ? 

Qu’est ce qui, réellement, est le plus important : que le nombre d’animaux exploités et tués injustement soit réduit le plus possible et le plus rapidement possible, quitte à laisser dans un premier temps l’éthique de côté, ou mettre l’éthique en avant quitte à ce que dans un premier temps, il y ait bien plus d’animaux exploités/tués ? 

Merci d’avoir lu ce pavé, vous êtes bien courageux·euse. N’hésitez pas à laisser votre avis et débattre en commentaire ou sur Facebook/Twitter si vous voyez passer l’article ! 

Des kiss et du love, pluie de beurre de cacahuètes sur vous ! 

Noita

 

 

 

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Véganisme : pourquoi et comment j’ai changé de stratégie de communication.

Dans cet article, je vais vous parler un petit peu de mon parcours de végane et de mon changement de stratégie de communication. Ceux qui m’ont connue avec mon premier blog savent que je suis passée par une période très sombre où, sur mes comptes Twitter et Facebook, les vidéos choc et gores défilaient les unes après les autres, et où j’aboyais sur tous les carnistes ainsi que sur les véganes qui ne partageaient pas mon point de vue. 

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J’ai commencé à militer sur les réseaux sociaux il y a de cela à peu près 18 mois, quelques semaines après avoir passé la porte du véganisme, lui-même précédé de 18 mois de végétarisme, de recherches bien plus portées sur la santé et l’environnement que sur l’injustice de l’exploitation animale. J’étais devenue végétarienne pour des questions de budget -pensant remanger de la viande une fois que j’aurais les moyens de m’en payer de la bio et locale- puis végétalienne principalement pour maggle : éviter de me chopper un cancer. Ce qui m’a fait passer la porte du véganisme, c’est ma première vidéo de L214. J’étais abasourdie par ce que je voyais. Je me disais que ça n’était pas possible, que c’était extrait d’un film. Je suis allée googler qui était L214, et j’ai pris une sacrée claque. Pendant plusieurs jours, je leur en ai voulu de m’avoir montré ça. J’étais mal et pour moi, c’était de leur faute. Puis je m’en suis voulu d’avoir participé à ce système, j’ai compris qu’ils ne faisaient que me donner une information que je n’avais pas, et que le seul moyen de ne plus me sentir mal était de ne plus y contribuer. Donc j’ai dit à mon ex-mari : « Je deviens végane » (et il m’a répondu : « moi aussi »).

Ça n’a pas été si compliqué. Cela faisait 3 ans que je ne mangeais plus de viande, très peu de poisson et 18 mois pendant lesquels j’avais considérablement réduit les oeufs (que j’achetais bio et plein air), je ne buvais plus de lait, ne mangeais plus de yaourts/crème que j’avais déjà remplacés par le soja/riz/avoine/noisette. J’avais juste un peu de mal à décrocher avec le fromage, coucou la casomorphine et les troubles du comportement alimentaires (les fameux TCA). Et donc, ayant un seul ami végane sur Facebook, j’ai débarqué sur Twitter.

Au début, c’était un mélange de soulagement et de joie. Je ne participais plus à ce système. Je découvrais de supers alternatives, de nouveaux aliments, je voyais que beaucoup de gens et associations se bougeaient pour faire changer les choses. Je suis passée de l’étoile (oui, à ce moment- la, c’était encore cette magnifique petite étoile et pas le coeur #Nostalgie #EtoileReviens) au retweet. Puis quand j’ai vu qu’on « étoilait » mes RT, je me suis mise à faire mes propres tweets. J’étais entrée, par ego et plaisir, dans la grande, belle et juste maison du militantisme. Et puis…

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Et puis un jour, un vent de folie me prend. Dans la barre de recherche, je tape « manger de la viande ». Je répond aux gens qui postent des photos de leurs MacDo et plateaux de fromage. Ils ne m’écoutent pas. Ils ne veulent pas devenir véganes. Je ne comprend pas. Pourquoi ne voient-ils pas l’injustice ? Et ceux qui la voient, pourquoi refusent-ils de changer ? Je découvre le cri de la carotte, le point Godwin, j’entend des excuses plus absurdes les une que les autres. Des excuses qui ne m’étaient pas venues à l’idée une seule seconde. Impossible de rester calme. 

Toutes les discussions partent en live. Toutes. Mais mon nombre de followers grandit, j’atteins presque les 1000, je ne vois pas de raison de remettre en question ma facon de communiquer. Tout ce que je vois, c’est qu’on me suit de plus en plus, que ce que je tweete plaît… ou pas.

Brigitte Gothière et Sébastien Arsac ont donc été les deux premières « personnalités » véganes que j’ai découvertes. Le troisième était Jihem Doe.  Jihem avait RT « Earthling 2 » de Res Turner, voilà comment j’ai découvert le gus. Je partageais sa colère, je me retrouvais dans chaque mot qu’il écrivait, même les plus durs, les plus offensants. 

Puis j’ai vu que non seulement mon nombre de followers n’augmentait plus… mais qu’il  diminuait. 

Quand on a de l’égo, et j’en avais un gros à ce moment-là, on peut soit s’offusquer soit se remettre en question, et en discutant sur Facebook avec une végépote, j’ai compris que certains (beaucoup) n’appréciaient pas ma violence verbale et mon agressivité. 

Mais il m’a fallu beaucoup de temps et pas mal de rechutes avant une véritable remise en question. Il y a bientôt un an, c’était au moment où j’allais à la rencontre IRL de Res Turner en concert, je tombe sur un article de Tobias Leenaert : VEGAN STRATEGIST / POURQUOI CHANGER NOS MODES DE PENSÉE EST SI COMPLIQUÉ. Et je comprends pourquoi je n’arrive à convaincre personne et perds des followers en masse. 

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J’ai passé quelques mois dans la confusion la plus totale, passant du coq à l’âne, testant la bienveillance et la patience puis revenant à la violence. Il y avait une chose que je n’avais pas encore comprise : on ne peut pas changer tout le monde. Certaines personnes ne veulent tout simplement pas. C’est un fait, c’est dur, c’est rageant mais c’est comme ca. Accepter ça, c’est faire le premier pas vers un autre mode de communication. On arrive bien plus à garder son calme quand on sait d’avance qu’il y a, aussi malheureux que ça soit, peu de chances qu’il y ait un résultat dans le bon sens. 

La deuxième chose, c’est se pardonner. Parce que si on ne le fait pas, on déverse sa colère sur les autres. Honnêtement, êtes-vous vous même plus apte à écouter quelqu’un de calme et en paix avec lui-même, ou une personne en colère, parfois au bord de crier/de vous insulter et qui fait ressortir de vous des sentiments de honte ou de culpabilité ?

En fait, il n’y a rien à se faire pardonner. On ne savait pas. Et qu’importe le temps qu’on a mis à devenir végane, on l’a fait. On ne peut pas changer le passé. Et pourtant on se sent tous coupables, tous en colère contre soi-même. Ce qu’il faut faire, c’est accepter le passé, accepter qu’on ait été manipulé, qu’on ait cru à ces mensonges. Oui, je sais, c’est difficile. Ça veut dire accepter qu’on ait été un gentil petit mouton comme les autres. Ça pique, hein ? Allez, une petite barre Vego et ça ira mieux. 😉 Et surtout, il ne faut pas oublier qu’on l’a été. Il FAUT s’en souvenir, se rappeler son égoïsme, son insensibilité, son spécisme. C’est important pour communiquer dans le calme et la bienveillance. Parce que si l’on oublie, on risque très vite de se sentir « meilleur » que les carnistes, de les prendre de haut en leur parlant. Et donc, ils ne nous écouteront pas. 

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En lisant « 3 amis en quête de sagesse » (rien à voir avec le véganisme en soi mais très intéressant) (oui parce qu’il n’y a pas que les livres sur les animaux et le véganisme dans la vie :P), j’ai vu que des discussions pouvaient avoir lieu dans la bienveillance. Ce livre m’avait beaucoup fait réfléchir et avait fait résonner des questions fondamentales pour moi. Est-ce qu’un carniste vaut moins que moi ? Est-ce que les autres vont m’écouter si je les agresse ? Pourquoi les gens ne veulent-ils pas changer ? Et je me suis rappelé l’article de Tobias et les 3 points fondamentaux : 

  • Changer d’avis concernant quelque chose est difficile,
  • Nous n’aimons pas quand quelqu’un d’autre nous fait changer d’avis,
  • Nous n’aimons pas admettre que nous avons changé d’avis, et surtout pas que c’est quelqu’un d’autre qui nous a fait changer d’avis.

Mais alors, que faire ? La cause animale est importante pour moi, comment faire réfléchir les gens ? Comment les amener à prendre la bonne décision ? Il y a quelques semaines, je discutais avec mon végépote Vgarou, qui me disait que je faisais deux erreurs : répondre à un argument par un autre plutôt que de démontrer que l’argument ne tient pas la route, et prendre les gens par les sentiments. 

Je pense qu’il a raison et que stratégiquement, il faut éviter de faire ça. L’interlocuteur se sent mal et vous rejette la faute. Vous devenez son ennemi et il ne veut plus vous écouter. Vous lui donnez le sentiment que c’est contre lui-même qu’il va devoir se battre, que c’est lui le mauvais dans l’histoire, alors que vous savez aussi bien que moi que le carniste n’est tout simplement pas informé, il est la victime. Donnez-lui plutôt des faits, des informations. Ça peut être par votre intermédiaire ou des livres, des films, des articles scientifiques. L’ennemi sera alors l’injustice et là, il y a quelque chose qu’il aura envie de combattre. Il aura pris une décision en fonction de ces informations, ça aura été un choix qui vient de lui. Cette stratégie s’est montrée tres efficace à de nombreuses reprises. 

J’aime beaucoup ce qu’a dit Guillaume Corpard dans une vidéo de IamVeganTV :  «Les véganes n’ont pas l’exclusivité de la bienveillance. ll y a des gens qui mangent de la viande et sont plein d’amour pour les autres. Ce qui m’intéresse en conférence, c’est de donner des faits. Quand on estime que l’autre est largement aussi capable d’exprimer ce qu’il y a dans son coeur que soi, ça se passe en général tres bien » 

Ou Mathieu Ricard : « Le sourire, c’est la porte du cœur qui s’ouvre à l’autre. »,  et « Évitez de même tout acte nuisible, même le plus insignifiant. Telle l’étincelle minuscule qui, en présence de vent, peut consumer en un instant un énorme tas d’herbes sèches, un simple accès de violente colère peut détruire une montagne de mérites. Rejetez comme du poison toute conduite néfaste en comprenant qu’elle est cause de toutes nos souffrances, et transformez également les actes neutres en actes positifs. »

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Revenons quelques secondes sur la colère. J’avais peur de la lâcher. Je croyais que ma colère était mon moteur pour le militantisme, mais j’avais tort. Le moteur, c’est l’injustice que subissent les animaux. J’ai écrit sur Facebook il y a quelques jours : « Vous débarrasser de votre colère ne vous fera pas perdre votre niaque. Vous ne vous lèverez pas en vous disant oh, je n’ai plus envie d’être activiste. Non, vous vous lèverez serein et en paix. Quel plus beau cadeau pouvez-vous faire aux animaux que de les défendre sans violence d’aucune sorte ? » 

Et vous savez, quand on commence à avoir de meilleurs résultats, eh bien… on a encore plus la niaque, au final. 🙂 »

Alors, je ne suis pas en train de dire que si on devient végane en voyant des vidéos choquantes, on va sombrer du coté obscur et se changer en Gremlin. Bien sûr que non. Ça serait comme dire que les jeux vidéos rendent violents, c’est absurde. Mais derrière ces vidéos plus qu’importantes pour dévoiler la vérité, il faut que chacun puisse trouver un moyen de ne pas/plus être en colère contre soi-même et contre les autres. Il faut prendre son mal en patience, se rappeler qui on a été, garder en tête que nous n’apprécierions pas nous même d’être/de se sentir agressé d’une manière ou d’une autre. Et surtout, surtout : que la bienveillance doublée d’informations, ça paye !

Nombre d’entre vous qui ont fait le même chemin que moi (ou pas, si vous avez été de suite dans la bienveillance, bravo!) n’aiment pas les véganes agressifs. Je ne pense pas qu’il faille les combattre ou leur faire la morale, il faut plutôt essayer de comprendre leurs sentiments et les aider à aller vers quelque chose de plus positif. 

Pour finir, combien sommes-nous à essayer de les calmer ? Autant les faire entrer en véganie avec la bienveillance, sans qu’ils se sentent coupables ou en colère, avec en main de bons outils de communication. Je dis souvent à mes enfants que s’ils ne veulent pas ranger leur chambre… il ne faut pas y mettre du bazar. 😉 

Des kiss et du love sur vous, 

Noita

P.S. : Merci aux petites mains dans l’ombre pour la correction @Bwitch ❤ 

 

 

 

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Végane mais pas gaga des animaux. Oups ?

« -Mais comment ça tu n’aime pas les animaux ?
– Ce n’est pas que je ne les aime pas, disons que je n’en suis pas gaga. Certains, je les trouve moches, ou ils me font peur. 
-Mais pourquoi t’es végane alors ?
-Parce que ce sont des êtres vivants sentients, et que je respecte leur droit et leur envie de vivre.
-Ah, ok… »
(Rictus et tête dubitative)

Je suis végane. Abolitionniste. Engagée. Militante. J’ai un blog et je suis carrément rédac en chef d’un magazine sur le sujet. Et pourtant… pas une très grosse amoureuse de tous les animaux, de pas beaucoup en fait, et parfois je suis même encore très spéciste (mais je me soigne). Les heures de câlin avec le chaton et les reportages animaliers en boucle, trop peu pour moi. Un bien long sujet dont j’avais envie de vous parler depuis un certains temps mais j’ai essayé de ne pas faire trop long tout de même.

Je vais peut-être en choquer quelques-uns (pour changer !) mais les animaux, c’est comme les enfants : j’adore les miens, un peu moins ceux des autres, et dans la mesure du possible je m’en tiens loin. Pour plusieurs raisons. 

-1 Où est ma place auprès des animaux libres ? 

Le véganisme, pour moi, ne s’arrête pas à la seule lutte contre l’exploitation animale. Etre végane c’est aussi protéger les animaux, par exemple en le sortant d’un refuge si j’en ai la possibilité, en ne nuisant pas à leur environnement, appeler une asso si je trouve un oiseau blessé…  Mais devant la simple nature, un animal libre, que suis-je sensé faire concrètement ? J’ai envie de répondre : rien, ou dans certaines limites. 

Devant un animal sauvage en pleine savane, ou un cygne/un écureuil près de chez moi, c’est simple : ma place est loin, cachée, discrète. Je n’interviens pas. J’irais bien leur faire une petite caresse, leur donner un petit truc à manger, les prendre en photo, mais ça ne les intéresse pas, ils n’en ont pas besoin, et je pourrais les perturber. A contrario si une oie s’approche de moi au parc et montre de l’intérêt pour ma salade de maïs, je veux bien partager. C’est elle qui est venu à moi, avec un désir en particulier : manger.  Je ne m’approche pas non plus des chiens et chats délaissés, qui ont souvent peur et que je vais traumatiser encore plus. Mais s’ils s’approchent, ils ont droit à quelques caresses. S’ils sont blessés, j’appelle le refuge dont j’ai le numéro de téléphone depuis longtemps enregistré dans mon répertoire, avec aussi celui de l’asso qui s’occupe des oiseaux blessés. 

Petite histoire arrivée il y a de cela peut-être un mois. J’étais installée sous un arbre dans mon jardin-cour quand ma fille se met à hurler et court vers moi en pleurant. Après un câlin je vérifie si elle est blessée mais je ne comprends pas, elle a l’air d’aller bien. Elle me montre alors un tout petit oiseau par terre, qui était tombé juste devant elle, lui faisant peur. Il ne bougeait pas, était allongé là, comme mort en plein soleil sous le béton. Mon fils rapplique aussi et je leur dis de ne surtout pas le toucher pour l’instant. Je ne savais pas trop quoi faire et mon premier réflexe c’était d’aller chercher du pain et de l’eau, mais je commence par m’abstenir. Je ne suis pas gaga des animaux mais devant un petit qui n’a pas l’air d’aller bien, je n’ai qu’un envie : lui faire plein de bisous et de câlins, le serrer dans mes bras pour qu’il se sente en sécurité. Mais je ne le touche pas, du peu que je sais ça n’est pas la marche à suivre. J’appelle mon voisin qui me dit que les vieux oiseaux se suicident en se jetant par terre et que je n’ai qu’à le mettre dans la poubelle. Sauf que cet oiseau n’a pas l’air vieux, et qu’en regardant de plus près, il respire encore. Je l’envoie sur les roses non sans manquer de lui dire qu’on ne jette pas un animal dans une poubelle comme un bout de plastique. Je prends l’oiseau et on l’emmène sous l’arbre, à l’ombre. J’appelle cette asso qui s’occupe des oiseaux : occupée. Je demande de l’aide sur le net en attendant qu’on me rappelle. Ne pas donner à manger ni à boire, le toucher le moins possible, le laisser au calme. On va donc jouer de l’autre côté. L’asso me rappelle et me demande de le mettre sur une branche et de quitter mon jardin une demi heure. On m’explique que c’est la saison, les petits apprennent à voler et tombent. Si je le touche trop, ses parents pourraient l’abandonner, si on reste au jardin avec les enfants qui crient, le petit n’appellera pas ses parents ou ils ne l’entendront pas. Je laisse les enfants (inquiets de le laisser seul) lui dire au revoir, et on rentre. Une demi heure plus tard, on revient : plus d’oiseau. Tristesse pour les enfants, mais victoire pour ce bébé qui a retrouvé sa famille. Moralité : laissez la nature et les pros faire, sinon, c’est la cata. 

-2 Où est ma place auprès des animaux domestiques ?

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J’ai eu deux chats et je les ai adorés, mais je n’étais pas collée à eux, ou eux collés à moi H24. Je n’aurais pas supporté. C’est pour ça que, même si en ce moment j’aimerais beaucoup avoir un chien, joueur, qui aime les longues ballades, j’hésite beaucoup. S’il est trop collant/câlin, ça ne passera pas. Adopter oui, mais seulement adopter un chien avec qui je m’entendrais. Me retrouver avec un labrador qui pleure toute la journée parce que je n’ai pas envie de le câliner/caresser autant qu’il a besoin, je ne sais pas si c’est une bonne option. Vous me direz qu’il est toujours mieux chez moi qu’au refuge, je vous répondrais que se sentir mal-aimé ou seul ça fait chier où qu’on soit (c’est du vécu). Si je dois avoir un chien à mes coté, ça sera un chien heureux. Il est hors de question de sortir du refuge pour sortir du refuge. Je vois ça comme adopter un enfant pour lui faire passer la journée devant la tv : sans intérêt pour lui comme pour moi. Et si jamais je me décide, il faudra aussi que financièrement ça suive. S’il a besoin de soins, c’est mon devoir de les lui payer. Quand aux vacances, si je ne trouve pas de moyens de le faire garder, je peux m’en passer sans soucis. Je ne suis pas prête à adopter par simple envie, par plaisir personnel. Donc pour l’instant, je n’ai pas d’animal « de compagnie ». J’ai deux enfants et pour les câlins et les sorties, c’est déjà pas mal 😉 

Au passage, un chien (ou un chat ou autre), ce n’est pas un enfant…

Il y a quelque chose qui me dérange dans les relations animaux non-humains domestiques/Hommes, que je vois beaucoup. J’ai du mal à comprendre et parfois ça peut porter préjudice aux non humains. Je comprends qu’on les aime, qu’on les câline, qu’on les colle, qu’on soit inséparable, même qu’on dorme avec eux. Mais…quelque chose là dedans me met mal à l’aise. Parce que ce ne sont pas des enfants, pas des petits humains à poils. Un chien doit être traité comme en a besoin un chien et pas comme un enfant de 2 ans, de même qu’un petit enfant doit être traité comme un enfant, non pas comme un mini-adulte. Ils ont des besoins spécifiques. Entre les enfants élevés aux punitions/cris/fessées et les animaux que l’on humanise et a qui on inflige les mêmes traitements, à qui en plus on met des habits, des flots dans les poils sur la tête ou pire qu’on inscrit à des concours de beauté… hip ips oups, pour moi non merci. Combien de chiens très gentils a-t-on subitement vu se jeter sur une personne pour protéger celle qu’il prend pour sa mère, comme si c’était son rôle ? Combien de chien ne supportent plus une heure d’absence et le vivent comme des traumatismes tellement ils sont couvés ? Il y a sûrement un juste milieu à trouver là dedans et fort heureusement je vois beaucoup d’animaux heureux avec leurs familles. J’espère un jour pouvoir aussi être une famille pour l’un d’eux.  

-3 Les pigeons, les cigognes, le spécisme et moi 

Hum. Qui n’a pas grandi comme moi, courant parfois sur la place publique à faire peur aux pigeons et leur filant des coups de pieds ? J’avoue qu’un moment je trouvais ça drôle, et puis comme c’est moche, que « ça » chie partout et que « ça » ne sert à rien,  on s’en fout. Mais un jour une vieille dame nous a chassés les copains et moi et leur a filé des graines. Je me suis sentie assez mal et je ne les ai plus jamais touchés. Aujourd’hui j’interdis à mes enfants de faire comme leurs copains et de leur faire du mal. Mais… je ne les aime toujours pas. Je les trouve toujours moches et degueulasses. J’ai lu un peu sur eux, ils sont intelligents, attachants, mais… ça coince. Quand j’en voit un, je regarde ailleurs, je pense « beurk sale bête » non sans un peu de honte. Par contre, pourtant je suis athée et pas superstitieuse, mais quand je croise un corbeau, je m’éloigne, je me tais, je ne pense rien. Ils me font peur. J’ai lu des histoires où ils harcèlent certaines personnes, qu’ils sont rancuniers et que s’ils vous ont dans le collimateur, vous êtes dans la merde. Vrai ? Faux ? Je ne sais pas. Mais j’ai toujours ressenti de la méfiance par rapport à eux. Et en fait je n’ai jamais aimé les oiseaux. 

Par contre j’ai vécu une année à Nancy. A la Pépinière, outre ce singe nommé Jojo,  enfermé pendant des années et qui me faisait tellement de peine,  il y avait un couple de cigogne. Un jour je les ai vues voler, je les ai trouvées magnifiques. L’été dernier, en rando en Alsace, j’en ai croisé beaucoup, je les trouve toujours aussi belles, aussi gracieuses. Dans un camping où je m’étais arrêtée, un matin avant de reprendre la route, il y en avait une, juste là, en train de picorer. Les gens sur place m’ont dit qu’elle venait tous les ans, mais qu’il ne fallait pas l’approcher et la laisser tranquille. Ca m’a fait plaisir d’entendre ça, je m’attendais plutôt à voir débarquer tout le camping pour faire des selfies. J’ai retenu mon « Non mais je suis végane je ne la toucherais pas » et j’ai profité quelques minutes du spectacle, sous le soleil qui se levait à peine. Ou se couchait, je ne me rappelle plus 🙂 
-4 Ces animaux qui m’éblouissent ou me font peur

Qu’on se mette d’accord tout de suite : l’animal le plus grand, le plus beau, le plus fort, le roi du monde c’est Res Turner l’éléphant. Il a tout : bébé il est craquant, adulte il est magnifique, il en impose (j’allais écrire improse, puisque M’sieur Turner est maintenant 3 fois champion de France du End of the Weak, mais concentre toi sur l’éléphant Noita). Il n’est pas pressé, il est végétalien, il est puissant. Y’a un truc qui se dégage de cet animal,  je ne saurais dire quoi et la pour le coup, j’avoue… j’en suis gaga.

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On dirait pas mais j’vous jure je ne suis pas à l’aide DU TOUT !

Apprêtez-vous à bien vous marrer maintenant : j’ai peur des vaches. Ou disons que je ne suis pas très à l’aise avec. En fait c’est comme avec l’éléphant, y’a un je ne sais pas quoi qui se dégage mais pour le coup qui ne me plaît pas du tout. Et pourtant je les ai toujours trouvées très belles. J’adore les cochons aussi. Qu’est ce qu’ils sont drôles, joueurs, beaux et intelligents. Toutes ces côtes de porcs me resteront plus que tout autre bout de viande en travers de la gorge… (spécisme, quand tu me tiens encore…). 

J’ai horreur des vers de terre et serpents, en plus ces derniers me font flipper grave depuis le livre de la jungle. Les poissons rouges (et poissons tout court), bien que j’en ai eu un pendant 20 ans (il s’appelait Tarzan) et que je l’adorais, je suis totalement indifférente. Idem pour les orques ou dauphins etc. que tout le monde ou presque adule.  J’ai horreur des mouches et des moustiques mais j’aime bien les abeilles. Les papillons, bof, ouais c’est joli m’enfin bon. Les pies, les moineaux ? Moyen. Les ours ? Impressionnants, m’enfin pas plus que ca. Voyez : j’suis pas gaga des animaux. 

Et donc ?

Qu’est ce qui fait qu’on aime certaines espèces et pas d’autres, et que même au sein de d’une espèce, on apprécie plus un animal qu’un autre ? L’éducation ? Le feeling ? Les goûts ? Bah, qu’importe. Tant qu’on laisse les animaux tranquilles, on peut ne pas les kiffer, et honnêtement, je doute qu’ils en aient quelque chose à faire de ce qu’on pense d’eux… 

Et pour ma part, ne pas en être hyper folle ne m’empêche pas d’être très engagée et de consacrer un temps non négligeable à la protection animale. Parce que ce qui compte ce n’est pas de les aimer. C’est de les respecter. Respecter leur droit et envie de vivre, et les considérer comme ce qu’ils sont : des êtres vivants sentients avec des droits.

Et vous, vous aimez les animaux ? Lesquels ? Pourquoi ? De quelle manière ?

Des kiss et du love sur vous,

Noita

 

Justice pour les anim… Non pour Jean Hénaff, pardon. Ou pas.

 

Cher Jean Hénaff,

Mettons-nous tout de suite à l’aise et tutoyons-nous, tu veux bien ? Après tout, gamine, j’en ai dévoré de tes petites boîtes bleues, ou celles d’autres marques, sur des toasts au beurre, quel délice à l’époque. C’est un peu comme si on se connaissait bien tous les deux. Deux vieux amis qui se sont perdus de vue et se retrouvent aujourd’hui, pas pour le meilleur mais bien pour le pire. 

L’association L124 a fait un petit tour par chez toi. Ils aiment bien, ils font ça souvent ces derniers temps, ils planquent des caméras et balancent tout sur le net. C’est scandaleux. J’ai lu ta réponse. Vraiment, c’est scandaleux. Ces mensonges, cette hypocrisie, cette manière de prendre le consommateur pour un sombre crétin… Au cas où tu aurais déjà oublié, voici ce que tu as répondu à l’alerte de L214 concernant la manière dont tu traites tes animaux et j’aimerais que l’on revienne ensuite sur quelques points essentiels : 

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Tu commences par parler de montage d’images. Il est sûrement vrai qu’L214 n’insère pas dans ses vidéos les moments où les cochons sont endormis (moins paisiblement que toi) ou autres très rares moments « de repos » ou de soins de ces animaux non-humains. Quel intérêt ? Pas sûr même qu’ils aient pu en filmer, soyons honnêtes, toi et moi on sait bien qu’ils ne connaissent pas une minute de répit. On leur coupe même les testicules sans anesthésie, money, money, il faut économiser et puis, ce ne sont que des animaux. Pas étonnant, la maltraitance dans un monde où leur donner un peu d’eau peut potentiellement mener à la prison. 

Mais revenons à toi mon ami. Comment se fait-il que lorsque l’on tape « Jean Hénaff » dans un moteur de recherche puis sur « images », même  en introduisant les mots « élevage » ou « ferme » ou bien être animal » etc, on ne trouve que ça ? Même pas une vraie photo :

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C’est quand même légèrement suspicieux, si « tes » porcs étaient aussi bien traités que tu le laisses entendre, pourquoi ne pas le montrer ? Où sont les preuves de ce que tu avances ? Tu dis que tu souhaites qu’il soit prouvé qu’il y ait un lien avéré entre les images diffusées par L214 et tes fournisseurs. Or… Si tu commençais par prouver, toi, que ce que tu avances sur ton site internet et dans cette lettre, est vrai ? Oh, le site internet. Je suis allée y faire un tour… C’est décevant. On va y venir. 
Plus loin dans ta lettre, tu dis « démontrer au quotidien que le bien-être animal est au coeur de tes préoccupations ». Je suis allée vérifier : tu mens. Mal, en plus.  

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C’est quoi ce charabia ? « Politique de qualité unique et différenciée », «  intransigeance sur la qualité », « conscience professionnelle et engagement dévoué » ou encore « fabrication artisanale » . C’est joli tout ça, ça doit bien enfumer ta conscience et celles des consommateurs.  Mais ça veut dire quoi exactement ? Qu’est- ce que ça signifie concrètement, chaque jour/heure/minute sur le terrain, pour chacun de tes milliers de  cochons et tes nombreux employés ?

Je pensais trouver plus d’informations dans la section « vidéo » hors… elle est vide. Bravo.

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Donc, tu n’informes sur rien, tu floutes le plus possible les consommateurs avec de jolis mots. Chapeau Jean. 

Encore plus loin, tu écris que « tu veilles aux bonnes conditions d’élevage ». Voyons les chiffres que tu communiques très fièrement, contrairement à tes vidéos/photos montrant la joie de vivre des cochons. 

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Avec ces chiffres, deux options : soit une grosse partie du territoire agricole de la France sert à fabriquer tes pâtés, parce qu’il en faut de l’espace pour produire autant, soit ils sont élevés et traités comme le montrent les vidéos de L214. 

Dans la dernière partie de ton torchon (oui désolée, j’ai étudié un peu la littérature, je ne peux pas appeler ça plus longtemps une lettre et il faut bien que je mette un peu de Noita dans mon article sinon mes lecteurs vont râler, ils aiment bien, je leur apprends aussi pas mal à le faire), cerise sur le gâteau ! Tu parles de soucis pour… l’environnement. Tu en parles beaucoup sur ton site internet, contrairement au reste*
Ici notamment Bouh le Greenwashing

*P’tit placement de « produit » à écouter chaque matin au petit déj. 

Sauf que, comme tu le dis… : 

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 …quand on fait venir même un tout petit peu de produits de Japon, Chine, Canada, Brésil, Chili et qu’on vend 100 000 boîtes de Pâté Hénaff  aux USA… eh bien ce n’est pas écolo du tout et surtout : l’élevage intensif est le 1er responsable de l’actuelle catastrophe écologique. Tu l’écris, tu n’abats que 0,2 % de «  tes » porcs en France. Belle hypocrisie, joli greenwashing, et terriblement efficace pour laver les consciences. Et vu les chiffres avancés, le rapport animaux tués/cadence de travail ne doit pas être joli joli. 

Tu nous parles de « jouer avec les émotions », c’est un débat je l’avoue : certains militants le défendent, d’autres l’accusent, mais toi, tu flirtes, pardon tu couches avec les mensonges et la manipulation. Tu es donc vraiment très mal placé pour donner des leçons. 

Et je finirai par le plus important…
Quelque chose dont tu ne parles surtout pas, ni dans tes communiqués de presse ni sur ton site internet, et qui devrait pourtant être la 1ère chose que, par souci d’honnêteté et de transparence, tu devrais dire sans détour aucun aux consommateurs : les cochons sont des êtres vivants sentients qui n’ont strictement aucune envie de finir en pâté, quand bien même ils seraient bio, locaux et toi soucieux de l’environnement. Tu es un assassin et tu entraînes malgré eux des consommateurs qui, sans le savoir et sans le vouloir, deviennent complices. 

Alors cesse de jouer à la victime. Tu es le bourreau et plus personne n’est dupe. 

Véganement, 

Noita.



L214 : Par ici !

Et aussi 😀 : 
Noita : Par là !

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Le Totu Te Parle : mag végane et bien plus : Clique ici 🙂 

 

Remerciement correction :
-S. : AspieVeggie
-Et Chrystèle Bwitch

 

 

 

 

 

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C’est le meilleur ❤ magasine ❤  du monde la preuve par quelques screens :

Kreezy R interview :Capture d_écran 2017-04-29 à 16.12.38

Les ponts entre l’écologie et le véganisme :Capture d_écran 2017-04-29 à 16.12.15

De l’illustration qui pique un peu :Capture d_écran 2017-04-29 à 16.12.59

Et puis le sommaire tiens 🙂
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Bonne lecture 😉

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Le Tofu Te Parle est un magazine gratuit et en ligne (format PDF) traitant du véganisme et tout ce qui tourne autour. Il est lisible depuis votre ordinateur, tablette et téléphone.

(Re)lisez notre N. 2 ici : http://www.letofuteparle.com/…/uplo…/2017/01/LTTP2-FINAL.pdf

(Re)lisez notre N. 1 ici : http://www.letofuteparle.com/…/LeTofuTeParle.N1.Octobre2016…

#veganisme #animaux #specisme #antispecisme #AnimalRights#Crueltyfree #Media #magazine #informer #dénoncer #guider#vegane #test #recettes #interview #lecture #internet #food#veggiefood #vegetalisme #partages #commentaires #jaime #avis

Véganisme, TCA et écarts : Il faut urgemment mettre fin au lynchage. Pourquoi je suis végane… mais végétarienne.

 

Bonjour 🙂

Cet article est très long. Il est divisé en 4 parties :

-La première explique le problème TCA/véganisme.
La deuxième explique pourquoi on est quand même végane malgré les écarts.
-La troisième propose des idées pour limiter/repousser les craquages.
-La quatrième est composée de témoignages d’autres personnes. 

Allez aux couleurs qui vous intéressent 😉

Merci tout particulièrement à Ben,  Mathilde et Seb,  aux membres du groupe Facebook « Végétariens, végétaliens, vegans et cool : En route vers le Véganisme« , à K&M les véganautes et aux membres de ma team LeTofuTeParle pour leur soutien inconditionnel et précieux.

Bonne lecture, Noita.

______________________

 

« T’es végane, t’as choisi, démerde-toi » Un con.
« Apprend à te battre, et si t’as pas la carrure ou le courage apprend la tchatche »
Djamhellvice

PARTIE 1 : EXPLICATIONS : VEGANES, TCA (et TPL)

 

Intro

Je suis végane mais aussi borderline, et comme un pourcentage non négligeable de personnes, victime d’un TCA (trouble du comportement alimentaire) appelé compulsions alimentaires. Pour beaucoup d’entre vous, et je ne vous en veux pas, ces 3 termes ne veulent pas dire grand chose, à moins d’être directement concerné par un de ces problèmes ou comme moi, des trois. Important à savoir pour la suite de la lecture : toutes les personnes qui sont borderline (ou atteintes d’un autre trouble mental) n’ont pas de TCA, et tous les gens qui ont des TCA ne sont pas borderline, et les TCA touchent les véganes comme les non-véganes.

Mon TCA ne concerne que le fromage, je n’ai jamais aucune envie de viande/poisson, de miel ou dœuf. Très engagée sur les réseaux sociaux notamment Twitter, j’ai été souvent déçue voir choquée par les réactions de certains véganes qui ne tolèrent aucun écart. Mépris, jugement, injures… certaines personnes m’ont même supprimée et bloquée de leurs réseaux sociaux, me jugeant faible et non-végane car j’ai mangé, et croyez- moi à contrecœur, du fromage (ah bon, pas végane ? On y reviendra !). Je me suis d’abord beaucoup culpabilisée, beaucoup énervée, beaucoup engueulée, j’ai pleuré des centaines de litres de larmes, au point de m’épuiser mentalement puis physiquement à tenter de résister le plus possible et d’expliquer aux gens les raisons de mes écarts, avant de me rendre compte que le problème n’était pas tant de se prendre pour un(e) meilleur(e) végane, mais plutôt une incompréhension totale des TCA, des troubles mentaux, et… de morphine (vous savez ce truc qui calme) ! On y reviendra aussi. Il est temps de mettre les points sur les i, histoire d’éviter d’en mettre dans certaines figures, et de faire cesser des souffrances inutiles.

J’aimerais, avant de me lancer dans le vif du sujet, rappeler aux véganes que s’ouvrir à la souffrance animale ne veut pas dire effacer, oublier ou nier la souffrance humaine, car ceci est du spécisme, précisément ce contre quoi nous nous battons.

Véganisme et TCA : quel est le problème ?

Le véganisme est une prise de position éthique en faveur des droits des animaux. Les véganes ne consomment/n’achètent/n’utilisent/ne financent d’aucune façon l’exploitation, la souffrance et la mort animale. Tout comme les personnes consommant des POA (produits d’origine animale), certains véganes sont victimes de TCA. Les TCA sont des conduites alimentaires « extrêmes » pouvant mettre la vie en danger. Ces conduites alimentaires sont à l’origine de troubles somatiques et psychologiques profonds, du à des chocs psychologiques qui remontent souvent à l’enfance. Ça peut être de la boulimie, de l’anorexie ou de fortes pulsions envers un  aliment (mon cas). Il se peut que l’on ait affaire à un ou plusieurs aliments qui ne sont pas véganes et se pose alors un problème : avec d’un côté l’envie physique très forte de manger ce produit, de l’autre le refus moral de le faire, certains véganes se retrouvent dans une situation particulièrement difficile, le cul entre deux chaises si je puis dire : manger un POA ou aller dans le sens de ses convictions… quitte a mettre en danger sa santé (physique ou mentale).

Contrairement à ce que certains sont l’air de croire, devenir végane, c’est à dire faire un choix éthique et moral, ne stoppe pas des TCA, ne stoppe pas des troubles mentaux, qui sont souvent présents depuis des années. Autant dire qu’ils sont comme gravés, qu’ils font partie de nous. Se positionner pour la libération animale ne met pas fin à des pulsions alimentaires qui sont psychologiques et la conséquence d’une souffrance profonde. Ça serait trop beau. Au contraire, faire le choix du véganisme alors que l’on a des TCA peut aggraver ces derniers. Il faut beaucoup de force et de courage mental pour parvenir à ne plus manger de POA (produits d’origine animale) et être entouré de gens bienveillants et compréhensifs (espèce en voie de disparition). Malheureusement, c’est rarement le cas, et cela entraine de grandes souffrances. En plus des problèmes « de base » posés par les TCA s’ajoutent une autre couche de culpabilité et de honte, qui rendent les TCA encore plus difficiles à vivre et supporter.

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Quelques precisions sur mon cas personnel

Mon TCA est un des symptômes d’un trouble mental avec lequel je dois vivre depuis des années : le trouble de la personnalité limite (TPL) plus connu sous le nom de borderline.

« Le trouble de la personnalité limite  (TPL) est un trouble de la personnalité caractérisé par une impulsivité majeure et une instabilité marquée des émotions, des relations interpersonnelles et de l’image de soi. Le trouble borderline peut entrainer dépression, troubles bipolaires ou troubles anxieux généralisés.  Il peut aussi affecter le travail, la vie sociale, l’estime de soi. Les personnalités borderline ont souvent des conduites addictives. Le taux de suicide chez les personnes borderline est particulièrement élevé »* En gros, je suis quelqu’un qui peut péter des câbles facilement, qui doute énormément d’elle-même et des autres, de très anxieuse, j’ai de grosses difficultés de communication, de compréhension des « règles » de la société et de relations sociales dès que je commence à être un peu proche de quelqu’un.

Je suis devenue végétarienne du jour au lendemain puis végétalienne puis végane. Malheureusement pour les animaux, cela m’a prit 2 ans. Au début pas de problèmes, c’était la joie, la libération, la légèreté, la fierté, je le criais partout…Puis je me suis tapé de violentes pulsions pour le fromage qui ont aggravées le nombre et l’intensité de mes « crises » de colère, de pleurs et surtout intensifié/augmenté les sentiments de vide et d’inexistence qui sont de véritables plaies à vivre, menant certains borderline au suicide. Retour violent de boomerang dans la gueule, difficile de contrôler mes émotions. Je casse tout autour de moi, je hurle, je pleure, j’ai parfois meme envie de frapper mes enfants, rien ni personne ne peut me calmer, je tape dans les portesjusqu’a ce que je m’effondre de fatigue.. et pour cause, pour me calmer j’ai besoin de … morphine. On y reviendra aussi… Chassez les produits laitiers ils reviennent au galop hein.

Réduire un TCA à un caprice alimentaire est une erreur, de même que réduire la dépression à une simple déprime ou un trouble mental comme le TPL à un problème psychologique. C’est une sacrée emmerde ces machins, et quand vous les combinez, c’est pire. Si vous croyez au karma et que vous êtes border avec des TCA, alors dans votre vie précédente vous avez dû être un sacré trou du cul pour vous taper cette merde.

 Concrètement, j’ai des pulsions alimentaires modérées. MO-DE-REES. Et j’en chie alors j’ai beaucoup de mal à imaginer l’immense détresse de ceux pour qui le TCA est grave. Sincèrement j’ai mal au cœur rien que d’y penser, ça doit être une torture. Je vous envoie plein de force et de courage.

« T’es qu’une hypocrite, une grosse pute »
« Tu devrais crever comme les animaux dont tu finance l’exploitation »

ASSEZ PLEURNICHÉ IL FAUT TENTER DE (SE) COMPRENDRE. Et se mettre un peu à la chimie. Oui, c’est la qu’on parle de morphine !

Pour trouver des solutions, il faut chercher. Chercher. Chercher. C’est chiant, linéaire, barbant, déprimant, mais à un moment il faut se bouger les fesses. Donc, j’ai ouvert Google et commencé à pianoter.

Quand on commence une alimentation 100 % végétale, on est très vite confronté à un problème de masse, ou plutôt de drogue, et avant de hurler au blasphème, lisez plutôt : pour les Hommes, le fromage, c’est de la drogue (doublé d’un poison mais ca c’est une autre histoire). Ca, je le savais déjà, mais comme vous ne le savez peut-être pas je vais vous expliquer #LaMeufTropCool.

En fait comme je suis assez nulle en chimie (et flemmarde) je vais simplement faire un copié collé.

« Selon le Dr. Neal Barnard, fondateur et président du Comité des Physiciens pour la Médecine Responsable, le fromage est « le crack des produits laitiers ». Cela peut vous sembler un tantinet exagéré dit comme ça, mais regardons plutôt ce qui se passe dans votre corps, lorsque vous digérez du fromage. Vous verrez qu’au final, la comparaison est loin d’être complètement déplacée !

 Il se trouve, en effet, que le fromage agit un peu de la même manière que la cocaïne sur notre cerveau. Le coupable, c’est la caséine, une protéine présente naturellement dans le lait, qui devient extrêmement concentrée au cours du processus de la fabrication du fromage. Et quand vous mangez goulûment un morceau de camembert bien crémeux, votre corps doit casser cette protéine complexe en la coupant en petits morceaux.

 Sauf qu’au lieu de complètement l’absorber, votre système digestif la découpe en petites chaînes d’acides aminés, la casomorphine. Et si le nom de cet acide vous rappelle la morphine, sachez que ce n’est pas un hasard !

Selon le Dr Barnard : « Ces fragments de protéine peuvent se fixer aux récepteurs opiacés situés dans votre cerveau. Comme son nom l’indique, la casomorphine est un dérivé de morphine, issu de la protéine de caséine. »

 Le fromage contient de la morphine, la fameuse substance active présente dans l’opium**

Boum. On croit qu’on aime le fromage pour son gout, sa texture, son coulant ou sa force de caractère : que neni, nous nous voilons la face, nous sommes dépendants. Les produits laitiers, et donc encore plus le fromage, agissent comme une drogue au niveau de nos neuromédiateurs. Nous en consommons énormément, depuis plusieurs décennies et en trop grande quantité, cette addiction est donc bien ancrée. Enormément de monde a du mal à passer du végétarisme au végétalisme a cause de cette addiction. Mais comme pour le tabac, avec de la patience et de la motivation, on y arrive.

Partant de cela, il est aisé de comprendre qu’il est difficile de stopper sa consommation de fromage, même si l’on a l’immense chance de ne pas avoir de TCA. A l’addiction physique s’ajoute les problèmes psychologiques, liés à des souffrances personnelles profondes qui remontent parfois à l’enfance.
Comprenez-vous la difficulté et la complexité du problème ? Toujours pas ? Alors voilà :

Dans mon cas personnel par exemple, un pétage de câble suite à une émotion très forte peut se calmer avec…de la morphine. Dans ces moments là il se passe quelque chose de très simple : de même que lorsque vous êtes en carence de fer votre cerveau vous réclame, selon vos habitudes alimentaires, de la viande rouge ou une bonne grosse portion de houmous , lorsque je suis « en crise », le mien réclame l’aliment dans lequel se trouve la morphine : le fromage. Lors d’un TCA, le principe est a peu près le même, quel que soit le problème, qui diffère selon les personnes, le cerveau va réclamer l’aliment qui soulage, qui fait du bien, dans lequel se trouve ce dont vous avez besoin pour vous calmer.

 

PARTIE 2 : EST-ON VEGANE SI ON A DES TCA ? ATTENTION SPOILER : OUI

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De nombreuses personnes ont des TCA, véganes ou non. Mais, je l’ai écrit au début de cet article : celles ayant fait le choix de ne plus financer l’exploitation animale, à chaque craquage, peuvent ressentir énormément de honte et de culpabilité. Il m’arrive de pleurer toutes les larmes de mon corps alors que je mange ma 4 fromages, j’ai d’ailleurs eu plusieurs fois les larmes aux yeux alors que j’écris cet article. Hors, il n’y a strictement aucune raison de se sentir coupable ou d’avoir honte. AU-CUNE. Pour quatre raisons

1) Le 100 % végane est un mythe. Comme le 100 % Zéro Déchets ou le 100 % local/saison. Comme aiment à nous le rappeler les personnes qui ne comprennent que très mal notre choix moral, lorsque nous marchons nous tuons des fourmis, lorsque nous conduisons nous tuons des moustiques, ou, pour aller très très loin dans un raisonnement que j’ai du mal à comprendre mais allons-y quand même, lorsque nous sommes malades nous nous soignons en tuant des bactéries, des virus. Il n’est pas suffisant d’une seule vie pour démasquer tous les produits qui contiennent des POA ou sont testés sur des animaux. Parfois, certains produits sont financièrement inaccessibles (par exemple les shampooings à 4,40 euro le flacon, quand à coté il y en a pour 80 ct et qu’on fini mal les fins de mois), on peut aussi se retrouver dehors sans rien, à crever la dalle, et sans options végane aux alentours. Je pourrais faire une liste énorme des cas où appliquer le véganisme n’est pas possible.

2) PERSONNE n’à à vivre un enfer parce que notre société est malsaine. Comme m’ont dit les blogueurs K&M : nous ne devons rien à personne. La souffrance humaine ne doit pas être ignorée, ou minimisée par rapport à la souffrance animale. Combien de fois m’a-t-on dit « mais pense aux animaux, ils souffrent plus que toi ». Pardon mais c’est des conneries. Bullshit. Oui les animaux souffrent le martyr, et j’en suis désolée. Mais moi aussi. Et penser à ce qu’ils subissent ne soigne pas un trouble mental, ne soigne pas un TCA (gravez cette phrase au marteau piqueur dans votre tête svp). Au nom de quoi est-ce que je dois m’imposer une torture mentale, une souffrance quotidienne, et faire de ma vie/celle de mes proches un enfer ? Au nom des animaux ? Ce que je vais dire va peut en choquer quelques un d’entre vous, mais j’estime que ma santé passe avant tout le reste. Avant les animaux. Avant mes enfants. Et puis, si je suis constamment en crise, comment est-ce que je milite ? Comment est-ce que je gère une équipe de 30 personnes pour publier un magazine qui touche des milliers de gens si je suis épuisée, dépressive ou si j’ai envie de mourir ? Pis face à un ours qui voudrait vous bouffer, je doute que vous vous diriez « eh l’ours je suis végane, vas-y dévore-moi, et fait toi plaiz tartine moi de miel j’en ai vu par la bas ». Non, vous vous défendriez, quitte à le tuer si vous échapper ou le blesser ne suffit pas. C’est pareil avec les TCA, c’est une question de survie.

3) Les médocs ne sont pas véganes. Alors vous allez me dire que je pourrais prendre des médicaments et que le problème serait réglé. Apres tout c’est ce que font les gens atteins de trouble mentaux et de problèmes psychologiques. Hors, les médocs n’aident pas tous/toujours. Je n’en prends pas pour deux raisons. La première est personnelle : pour des raisons qui ne regardent que moi je refuse de prendre ces cochonneries. La deuxième est liée au véganisme : les cachets sont entourés de gélatine de porc, contiennent du lactose et sont testés sur les animaux. Donc, ce n’est pas plus moral ou éthique que de consommer du fromage. En fait, avec le fromage, je finance l’exploitation animale, au moins je ne finance pas les tests sur animaux, c’est un moindre mal.

4) Pour tout ce qu’on fait à coté…Combien d’entre nous véganes sommes atteins de TCA et sont pourtant des exemples ? Que l’on soit activiste, militant ou pas d’ailleurs. Je dis souvent que rien qu’être végane montre à notre entourage qu’il y a des alternatives, et que de fait, on peut toucher des personnes, ouvrir des consciences : c’est déjà énorme. Et quand on s’investit, on en fait tellement plus. On touche du monde, on « véganise », on change le monde jour après jour, et ce aux cotés de gens qui financent toutes les horreurs de ce monde malade parfois en étant complément conscients du problème. Vous, vous savez, et vous faites ce que vous pouvez, alors aux chiottes le mal-être. 

Souvenez-vous qu’être végane c’est FAIRE LE MAXIMUM QUE L’ON PEUT. Merci Clarence de me l’avoir rappelé. Regardez vous dans un miroir, si vous savez que vous ne trichez pas, que vous ne vous servez pas du TCA comme excuse, alors vous n’avez pas à vous sentir mal, relâchez la pression. Avec mon TPL, je ne suis jamais satisfaite de moi-même, je doute sans cesse, et quoi que je fasse je me sens coupable. Malgré les centaines de messages de soutiens que j’ai eu dernièrement, malgré mon militantisme sur Twitter, sur mon blog ou via le magazine*** je me sens comme une grosse merde à chaque fois que je dois faire un écart. Ne vous infligez pas ca, ce sont des souffrances inutiles que vous n’avez, pour aucune raison, besoin d’endurer, vous ne méritez pas ca. Soyez fiers d’être végane, de faire ce que vous pouvez dans la limite de vos moyens, gardez le sourire et avancez. #ForceEtCourage. Re-cœurs sur vous. Pleins.

Et j’ajouterais même un petit 5 : quelle image du véganisme donne-t-on si celui-ci est un calvaire à vivre ? A qui donnerons nous envie de nous lancer s’ils nous voient malheureux, dans la galère, ou pire, malades ? Le véganisme est déjà hyper mal vu quand il montre tout le bien qu’il fait…

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PARTIE 3 : IDEES POUR LIMITER/REPOUSSER LES CRAQUAGES (voire ne pas en avoir du tout si on n’a pas de TCA)

Sans TCA, ces conseils devraient vous aider à supprimer définitivement les POA de votre vie, avec TCA vous pourrez peut-être repousser quelques temps la consommation de fromage et donc, en consommer moins à long terme.

Important avant de passer à la liste : pour régler un problème il faut en connaître l’origine. Vous seul savez si c’est votre TCA qui vous casse les pieds ou s’il s’agit d’autre chose. Cependant, le temps (3 ans !) m’a montré que je peux souvent me tromper. Et dernièrement, un couple d’amis (merci B et M) m’a expliqué que mon envie de fromage peut être :

-Un besoin de gras. Perso, dans ce cas un avocat réduit en guacamole fait passer le truc. J’ai augmenté ma quantité hebdomadaire de gras car je mangeais bien trop « healthly », et j’ai moins souvent envie de fromage depuis 3 semaines ! Comme quoi, trop c’est pas forcement le mieux 😉 En plus c’est top pour la santé ! 

-Un besoin de salé. Des chips et ca passe 😀

A vous de choisir vos aliments gras/salés. Pour combiner les deux rapidement tout en se faisant plaisir : des frites ou des nachos avec votre sauce préférée.
Si après ces deux tentatives, rien n’y fait, alors vous êtes bien en tête à tête avec votre TCA.

LISTE :

  • Pensez aux victimes. Fonctionne approximativement 3 minutes en cas de TCA mais pour les autres, ca peut aider, surtout au début. Rappelez-vous pourquoi vous avez décidé de supprimer les POA de votre vie. Essayez de chanter du Res Turner à fond, ou collez une photo/un sticker sur votre frigo, ca calme.
  • Réduire petit à petit, SI NECESSAIRE. Là aussi, pour les TCA ca marchera moyen voire pas du tout, mais pour les autres ca peut faire des miracles. Quand on passe de végétarien à végétalien, on se prend les effets du manque dans la tronche. Autant éviter la mauvaise humeur et les frustrations en réduisant petit à petit. A ne faire que si vraiment vous avez du mal. Ceux qui peuvent arrêter du jour au lendemain, faites le, pensez aux animaux ! Les autres, ne culpabilisez pas de ne pas pouvoir : nous n’avons pas tous les mêmes armes pour nous battre face à ce genre de situation (ADN, physique, mental, pression sociale, santé etc)
  • Faire des réserves de ce qu’on aime manger, dans son placard mais aussi toujours en avoir dans son sac : sa barre Vego ou les barres raw, son fruit préféré, sa petite bouteille de smoothie, un paquet de gâteaux, galettes de mais soufflé… Quand je dis réserve, je dis réserve, façon bunker : gardez en une bonne quantité et n’attendez pas de ne plus en avoir pour en racheter.
  • Préparer des plats à l’avance et congeler. Quand vous avez un peu de temps libre, prenez un moment de détente et mettez vous derrière les fourneaux : pizzas, lasagnes, pots de houmous, hachis Parmentier et autres gratins, feuilletés, quiches/tartes/gâteaux, sushis etc.
  • Notez quelques recettes « de secours » hyper rapides : pain perdu, guacamole, quatre quart, banana bread, boulgour à la tomate, salades, smoothies
  • Trouvez des alternatives, découvrez des nouvelles saveurs qui pourraient prendre la place de ce qui n’est pas végane et que vous avez l’habitude de manger. Le végétalisme ce n’est pas SE PRIVER, au contraire c’est découvrir de nouvelles saveurs. Ca vaut pour le véganisme et tout ce qui touche aux cosmétiques ou la mode : testez, faites vous plaisir. N’hésitez pas à regarder dans les groupes veg. de Facebook ce que les gens disent des produits ou à demander si personne ne l’a déjà fait.
  • Pour retrouver le gout du fromage, pensez aux fromages végétaux. Il y en a des tout prêts, mais vous pouvez aussi les faire maison. Ceux à base de noix de cajou sont très faciles et rapides à faire et le gros avantage c’est que vous leur donnez le gout qui vous chante. Mon préféré c’est tomate/thym. Idem pour la viande, les similis sont de mieux en en mieux. Je vous conseille en particulier les livres de Marie Laforet et Sébastien Kardinal.
  • -Pour la livraison de pizzas : Quand vous avez un peu de temps libre, partez à la recherche des livreurs autour de vous qui proposent des options véganes. Beaucoup proposent des pates ou pizzas végétariennes, si vous allez sur place chercher votre plat, peut-être accepteront-ils de mettre du fromage vegan, si vous le leur apportez. Et s’ils sont ok, proposez leur un deal avec VegoResto . Allez savoir, vous allez peut-être changer la vie de quelqu’un 😉 Idem pour les sushis, certains établissements en proposent peut-être à l’avocat, au concombre, au poivron, au tofu, au tempeh, à la tomate séchée, à la mangue etc. Fouillez  🙂
  • -A l’extérieur : Installez Happy COW sur votre téléphone pour trouver des restos avec des plats véganes ou végétariens. L’appli est gratuite et la version sans pub est à 4euro. Elle indique aussi les magasins bio qui ont une boulangerie si celle-ci propose du végane/végétarien (en tout cas pour la version allemande que j’ai, je vis à Munich). Si vos invités, la cantine etc. ne peuvent pas/ne veulent pas vous proposer de plats véganes, amenez le vôtre. Sinon vous pouvez : ne pas y aller, ne pas manger, éventuellement faire un écart exceptionnel.

 

 

PARTIE 4 : LES CAS DES AUTRES : TEMOIGNAGES

Merci à tous ceux/celles qui ont eu le courage de partager leur histoire. Je vous envoie une pluie de kiss et de love bio, local et de saison ❤ 

Clémence, 23 ans : 
Je souffre de compulsions alimentaires depuis 2 ans et demi, c’est un problème à part entière. Cela consiste pour ma part à avoir des idées obsédantes de nourriture qui apparaissent souvent en milieu d’apres midi, une tension naît en moi, toutes mes pensées se tournent vers le besoin de manger des choses grasses et sucrées. Tant que je n’ai pas assouvi cette envie, je ne peux me concentrer sur rien d’autre… Donc je vais dans une supérette, j’achète des biscuits, du fromage, des sucreries, comme si j’étais dans un état second. Et je m’empresse de rentrer chez moi pour m’empiffrer et ce, même si je n’ai pas faim à la base… Et ensuite je suis amorphe, je suis fatiguée. Je suis étudiante en médecine, donc même si au début j’étais dans le deni en pensant pouvoir reprendre le contrôle quand je le voudrais, j’ai du me rendre à l’évidence que c’était un véritable problème. Et quand j’ai regardé la vérité en face, je suis tombée en dépression. Ça a été très dur. Quand j’ai des compulsions, j’ai une envie de manger très pressante, donc je vais au magasin du coin et j’achète des gateaux, des céréales, du lait, du fromage, etc… des produits qui contiennent des POA en plus qui sont transformés. Cela crée un véritable conflit de valeurs en moi, car je sais toute la souffrance animale que cela engendre et je ne voudrais plus y participer. Au quotidien c’est assez difficle, je suis assez déprimée et parfois j’ai envie de tout arrêter, de me remettre à manger de tout, comme avant. Mais dès que je repense aux images d’abattoir, aux conséquences de l’élevage industriel sur l’écologie et les hommes, je me dis que je ne peux pas revenir en arrière. Donc aujourd’hui j’ai accepté que je n’étais pas parfaite, j’accepte mes « craquages » même si je mange des produits à base de lait et d’œufs. J’ai remarqué que de faire ça, ça me permet d’espacer mes crises de compulsions. Et je sais qu’un jour, tout ça sera derrière moi, je serai fière du chemin parcouru et je pourrai inspirer les gens pour que à leur tour, ils se tournent vers le végéta*isme. Je conseillerai d’en parler à notre entourage ou du moins aux gens qui nous sont le plus proches pour qu’ils comprennent et ne jugent pas. Et aussi ne pas hésiter à se faire aider, il n’y a pas de honte à avoir, c’est une maladie qui nécessite du temps pour s’en sortir, mais c’est possible ! Et surtout, le pire ennemi est la culpabilité ! Donc même si lors du TCA tu craques sur un produit que tu « t’interdis », assume, prends du plaisir et va de l’avant ! Personne n’est pas parfait et le passé est le passé. Et aussi, ne pas oublier de se dire qu’on n’est pas les seuls à vivre cet enfer et que des gens s’en sont sortis. Je trouve inspirant d’aller voir leur témoignage sur youtube, ça donne de l’espoir et du courage !

Sev Gratia 
Je suis végane depuis un an, végétarienne avant cela.Je me suis engagée notamment auprès de la Société Végane Francophone et j’étais admin de « Vive la b12 ». Je souffre d’hyperphagie depuis longtemps avec des hauts et des bas comme pour tous les TCA. Le stress et la frustration augmentent les crises. Avant, j’étais une vraie viandarde et une fan de fromage comme tout savoyard qui « se respecte ». Je n’ai pas eu de mal à devenir végane. Mais au fur et à mesure, j’ai commencé à avoir de plus en plus de crises d’hyperphagie. Je mettais ça sur le compte d’une année psychologiquement difficile. Puis, petit à petit je me suis rendue compte que j’avais envie de fromage. Vraiment envie alors que j’en étais dégoûtée.  Jai fait une crise avec du fromage. La culpabilité était énorme (culpabilité des crises + culpabilité pour les animaux). En en parlant avec ma psy on a déterminé que la frustration accentuait la fréquence des crises. Le problème c’est que ma santé en pâtit. Mon foie a du mal à supporter.Du coup, avec beaucoup de culpabilité mais aussi un certain soulagement de relâcher l’intense contrôle dont j’avais besoin au quotidien, je suis redevenue végétarienne .Je reste pour le véganisme,  vraiment. Je continue à acheter des produits sans POA et non testés pour la vie courante etc. Mais je relâche le contrôle que je m’imposais. Je me soigne et j’espère pouvoir redevenir végane*. Mais je préfère être en bonne santé et bien dans mes baskets que végane malade (physiquement et psychologiquement)

*Tu l’es 😉

(Anonyme) 24 ans
Je souffre d’hyperphagie, j’ai des pulsions de nourriture très souvent. Je peux dévorer tout ce que je trouve à ma portée, sans faim. Je l’ai accepté en tant que TCA à partir du moment où j’ai commencé à vouloir me contrôler dans le cadre d’un arrêt de ce que je pensais être du grignotage. Je me suis renseigné et j’en ai parlé à un médecin. Cela pose problème au véganisme car j ai des pulsions concernant le fromage. J’arrive à faire des sevrages de plusieurs semaines, mais le tca me rattrape tout le temps. Autour de moi il y a aussi bien de la compréhension et de l’aide, que des jugements et des tentatives de me faire culpabiliser…chose qui me fait replonger encore + dans mes pulsions à cause de la déception et de la peine. J’aimerai qu’ils comprennent dans un premier temps, qu’ils fassent peuve d’empathie, en encourageant à se battre. Pas de difficulté pour mes proches, aucun n’est vegane. Je donnerai le conseil d’avoir TOUJOURS un aliment végane sur soit qu’on adore. De travailler sur soit, car l’hyperphagie est à mon sens en premier lieu un soucis psychologique. Également, acheter pleins de fruits, pour ceux qui peuvent se le permettre, ça m’a sauvé la mise plus d’une fois.

… Eeeeeeet… j’avais plus de témoignages que ca, mais impossible de les retrouver parce que je suis hyper mal organisée ! J’update si je remet la main dessus 🙂 N’hésitez pas à écrire les vôtres en commentaire 🙂

Je vous embrasse tous très fort.

Des kiss et du love,

Noita

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* http://www.aqpamm.ca/ressources/fiches-maladies/le-trouble-de-la-personnalite-limite/

** http://www.demotivateur.fr/article-buzz/manger-du-fromage-serait-aussi-addictif-que-certaines-drogues-dures-selon-de-nombreuses-etudes-tout-s-explique–3620

*** http://letofuteparle.com