Véganisme, TCA et écarts : Il faut urgemment mettre fin au lynchage. Pourquoi je suis végane… mais végétarienne.

 

Bonjour 🙂

Cet article est très long. Il est divisé en 4 parties :

-La première explique le problème TCA/véganisme.
La deuxième explique pourquoi on est quand même végane malgré les écarts.
-La troisième propose des idées pour limiter/repousser les craquages.
-La quatrième est composée de témoignages d’autres personnes. 

Allez aux couleurs qui vous intéressent 😉

Merci tout particulièrement à Ben,  Mathilde et Seb,  aux membres du groupe Facebook « Végétariens, végétaliens, vegans et cool : En route vers le Véganisme« , à K&M les véganautes et aux membres de ma team LeTofuTeParle pour leur soutien inconditionnel et précieux.

Bonne lecture, Noita.

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« T’es végane, t’as choisi, démerde-toi » Un con.
« Apprend à te battre, et si t’as pas la carrure ou le courage apprend la tchatche »
Djamhellvice

PARTIE 1 : EXPLICATIONS : VEGANES, TCA (et TPL)

 

Intro

Je suis végane mais aussi borderline, et comme un pourcentage non négligeable de personnes, victime d’un TCA (trouble du comportement alimentaire) appelé compulsions alimentaires. Pour beaucoup d’entre vous, et je ne vous en veux pas, ces 3 termes ne veulent pas dire grand chose, à moins d’être directement concerné par un de ces problèmes ou comme moi, des trois. Important à savoir pour la suite de la lecture : toutes les personnes qui sont borderline (ou atteintes d’un autre trouble mental) n’ont pas de TCA, et tous les gens qui ont des TCA ne sont pas borderline, et les TCA touchent les véganes comme les non-véganes.

Mon TCA ne concerne que le fromage, je n’ai jamais aucune envie de viande/poisson, de miel ou dœuf. Très engagée sur les réseaux sociaux notamment Twitter, j’ai été souvent déçue voir choquée par les réactions de certains véganes qui ne tolèrent aucun écart. Mépris, jugement, injures… certaines personnes m’ont même supprimée et bloquée de leurs réseaux sociaux, me jugeant faible et non-végane car j’ai mangé, et croyez- moi à contrecœur, du fromage (ah bon, pas végane ? On y reviendra !). Je me suis d’abord beaucoup culpabilisée, beaucoup énervée, beaucoup engueulée, j’ai pleuré des centaines de litres de larmes, au point de m’épuiser mentalement puis physiquement à tenter de résister le plus possible et d’expliquer aux gens les raisons de mes écarts, avant de me rendre compte que le problème n’était pas tant de se prendre pour un(e) meilleur(e) végane, mais plutôt une incompréhension totale des TCA, des troubles mentaux, et… de morphine (vous savez ce truc qui calme) ! On y reviendra aussi. Il est temps de mettre les points sur les i, histoire d’éviter d’en mettre dans certaines figures, et de faire cesser des souffrances inutiles.

J’aimerais, avant de me lancer dans le vif du sujet, rappeler aux véganes que s’ouvrir à la souffrance animale ne veut pas dire effacer, oublier ou nier la souffrance humaine, car ceci est du spécisme, précisément ce contre quoi nous nous battons.

Véganisme et TCA : quel est le problème ?

Le véganisme est une prise de position éthique en faveur des droits des animaux. Les véganes ne consomment/n’achètent/n’utilisent/ne financent d’aucune façon l’exploitation, la souffrance et la mort animale. Tout comme les personnes consommant des POA (produits d’origine animale), certains véganes sont victimes de TCA. Les TCA sont des conduites alimentaires « extrêmes » pouvant mettre la vie en danger. Ces conduites alimentaires sont à l’origine de troubles somatiques et psychologiques profonds, du à des chocs psychologiques qui remontent souvent à l’enfance. Ça peut être de la boulimie, de l’anorexie ou de fortes pulsions envers un  aliment (mon cas). Il se peut que l’on ait affaire à un ou plusieurs aliments qui ne sont pas véganes et se pose alors un problème : avec d’un côté l’envie physique très forte de manger ce produit, de l’autre le refus moral de le faire, certains véganes se retrouvent dans une situation particulièrement difficile, le cul entre deux chaises si je puis dire : manger un POA ou aller dans le sens de ses convictions… quitte a mettre en danger sa santé (physique ou mentale).

Contrairement à ce que certains sont l’air de croire, devenir végane, c’est à dire faire un choix éthique et moral, ne stoppe pas des TCA, ne stoppe pas des troubles mentaux, qui sont souvent présents depuis des années. Autant dire qu’ils sont comme gravés, qu’ils font partie de nous. Se positionner pour la libération animale ne met pas fin à des pulsions alimentaires qui sont psychologiques et la conséquence d’une souffrance profonde. Ça serait trop beau. Au contraire, faire le choix du véganisme alors que l’on a des TCA peut aggraver ces derniers. Il faut beaucoup de force et de courage mental pour parvenir à ne plus manger de POA (produits d’origine animale) et être entouré de gens bienveillants et compréhensifs (espèce en voie de disparition). Malheureusement, c’est rarement le cas, et cela entraine de grandes souffrances. En plus des problèmes « de base » posés par les TCA s’ajoutent une autre couche de culpabilité et de honte, qui rendent les TCA encore plus difficiles à vivre et supporter.

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Quelques precisions sur mon cas personnel

Mon TCA est un des symptômes d’un trouble mental avec lequel je dois vivre depuis des années : le trouble de la personnalité limite (TPL) plus connu sous le nom de borderline.

« Le trouble de la personnalité limite  (TPL) est un trouble de la personnalité caractérisé par une impulsivité majeure et une instabilité marquée des émotions, des relations interpersonnelles et de l’image de soi. Le trouble borderline peut entrainer dépression, troubles bipolaires ou troubles anxieux généralisés.  Il peut aussi affecter le travail, la vie sociale, l’estime de soi. Les personnalités borderline ont souvent des conduites addictives. Le taux de suicide chez les personnes borderline est particulièrement élevé »* En gros, je suis quelqu’un qui peut péter des câbles facilement, qui doute énormément d’elle-même et des autres, de très anxieuse, j’ai de grosses difficultés de communication, de compréhension des « règles » de la société et de relations sociales dès que je commence à être un peu proche de quelqu’un.

Je suis devenue végétarienne du jour au lendemain puis végétalienne puis végane. Malheureusement pour les animaux, cela m’a prit 2 ans. Au début pas de problèmes, c’était la joie, la libération, la légèreté, la fierté, je le criais partout…Puis je me suis tapé de violentes pulsions pour le fromage qui ont aggravées le nombre et l’intensité de mes « crises » de colère, de pleurs et surtout intensifié/augmenté les sentiments de vide et d’inexistence qui sont de véritables plaies à vivre, menant certains borderline au suicide. Retour violent de boomerang dans la gueule, difficile de contrôler mes émotions. Je casse tout autour de moi, je hurle, je pleure, j’ai parfois meme envie de frapper mes enfants, rien ni personne ne peut me calmer, je tape dans les portesjusqu’a ce que je m’effondre de fatigue.. et pour cause, pour me calmer j’ai besoin de … morphine. On y reviendra aussi… Chassez les produits laitiers ils reviennent au galop hein.

Réduire un TCA à un caprice alimentaire est une erreur, de même que réduire la dépression à une simple déprime ou un trouble mental comme le TPL à un problème psychologique. C’est une sacrée emmerde ces machins, et quand vous les combinez, c’est pire. Si vous croyez au karma et que vous êtes border avec des TCA, alors dans votre vie précédente vous avez dû être un sacré trou du cul pour vous taper cette merde.

 Concrètement, j’ai des pulsions alimentaires modérées. MO-DE-REES. Et j’en chie alors j’ai beaucoup de mal à imaginer l’immense détresse de ceux pour qui le TCA est grave. Sincèrement j’ai mal au cœur rien que d’y penser, ça doit être une torture. Je vous envoie plein de force et de courage.

« T’es qu’une hypocrite, une grosse pute »
« Tu devrais crever comme les animaux dont tu finance l’exploitation »

ASSEZ PLEURNICHÉ IL FAUT TENTER DE (SE) COMPRENDRE. Et se mettre un peu à la chimie. Oui, c’est la qu’on parle de morphine !

Pour trouver des solutions, il faut chercher. Chercher. Chercher. C’est chiant, linéaire, barbant, déprimant, mais à un moment il faut se bouger les fesses. Donc, j’ai ouvert Google et commencé à pianoter.

Quand on commence une alimentation 100 % végétale, on est très vite confronté à un problème de masse, ou plutôt de drogue, et avant de hurler au blasphème, lisez plutôt : pour les Hommes, le fromage, c’est de la drogue (doublé d’un poison mais ca c’est une autre histoire). Ca, je le savais déjà, mais comme vous ne le savez peut-être pas je vais vous expliquer #LaMeufTropCool.

En fait comme je suis assez nulle en chimie (et flemmarde) je vais simplement faire un copié collé.

« Selon le Dr. Neal Barnard, fondateur et président du Comité des Physiciens pour la Médecine Responsable, le fromage est « le crack des produits laitiers ». Cela peut vous sembler un tantinet exagéré dit comme ça, mais regardons plutôt ce qui se passe dans votre corps, lorsque vous digérez du fromage. Vous verrez qu’au final, la comparaison est loin d’être complètement déplacée !

 Il se trouve, en effet, que le fromage agit un peu de la même manière que la cocaïne sur notre cerveau. Le coupable, c’est la caséine, une protéine présente naturellement dans le lait, qui devient extrêmement concentrée au cours du processus de la fabrication du fromage. Et quand vous mangez goulûment un morceau de camembert bien crémeux, votre corps doit casser cette protéine complexe en la coupant en petits morceaux.

 Sauf qu’au lieu de complètement l’absorber, votre système digestif la découpe en petites chaînes d’acides aminés, la casomorphine. Et si le nom de cet acide vous rappelle la morphine, sachez que ce n’est pas un hasard !

Selon le Dr Barnard : « Ces fragments de protéine peuvent se fixer aux récepteurs opiacés situés dans votre cerveau. Comme son nom l’indique, la casomorphine est un dérivé de morphine, issu de la protéine de caséine. »

 Le fromage contient de la morphine, la fameuse substance active présente dans l’opium**

Boum. On croit qu’on aime le fromage pour son gout, sa texture, son coulant ou sa force de caractère : que neni, nous nous voilons la face, nous sommes dépendants. Les produits laitiers, et donc encore plus le fromage, agissent comme une drogue au niveau de nos neuromédiateurs. Nous en consommons énormément, depuis plusieurs décennies et en trop grande quantité, cette addiction est donc bien ancrée. Enormément de monde a du mal à passer du végétarisme au végétalisme a cause de cette addiction. Mais comme pour le tabac, avec de la patience et de la motivation, on y arrive.

Partant de cela, il est aisé de comprendre qu’il est difficile de stopper sa consommation de fromage, même si l’on a l’immense chance de ne pas avoir de TCA. A l’addiction physique s’ajoute les problèmes psychologiques, liés à des souffrances personnelles profondes qui remontent parfois à l’enfance.
Comprenez-vous la difficulté et la complexité du problème ? Toujours pas ? Alors voilà :

Dans mon cas personnel par exemple, un pétage de câble suite à une émotion très forte peut se calmer avec…de la morphine. Dans ces moments là il se passe quelque chose de très simple : de même que lorsque vous êtes en carence de fer votre cerveau vous réclame, selon vos habitudes alimentaires, de la viande rouge ou une bonne grosse portion de houmous , lorsque je suis « en crise », le mien réclame l’aliment dans lequel se trouve la morphine : le fromage. Lors d’un TCA, le principe est a peu près le même, quel que soit le problème, qui diffère selon les personnes, le cerveau va réclamer l’aliment qui soulage, qui fait du bien, dans lequel se trouve ce dont vous avez besoin pour vous calmer.

 

PARTIE 2 : EST-ON VEGANE SI ON A DES TCA ? ATTENTION SPOILER : OUI

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De nombreuses personnes ont des TCA, véganes ou non. Mais, je l’ai écrit au début de cet article : celles ayant fait le choix de ne plus financer l’exploitation animale, à chaque craquage, peuvent ressentir énormément de honte et de culpabilité. Il m’arrive de pleurer toutes les larmes de mon corps alors que je mange ma 4 fromages, j’ai d’ailleurs eu plusieurs fois les larmes aux yeux alors que j’écris cet article. Hors, il n’y a strictement aucune raison de se sentir coupable ou d’avoir honte. AU-CUNE. Pour quatre raisons

1) Le 100 % végane est un mythe. Comme le 100 % Zéro Déchets ou le 100 % local/saison. Comme aiment à nous le rappeler les personnes qui ne comprennent que très mal notre choix moral, lorsque nous marchons nous tuons des fourmis, lorsque nous conduisons nous tuons des moustiques, ou, pour aller très très loin dans un raisonnement que j’ai du mal à comprendre mais allons-y quand même, lorsque nous sommes malades nous nous soignons en tuant des bactéries, des virus. Il n’est pas suffisant d’une seule vie pour démasquer tous les produits qui contiennent des POA ou sont testés sur des animaux. Parfois, certains produits sont financièrement inaccessibles (par exemple les shampooings à 4,40 euro le flacon, quand à coté il y en a pour 80 ct et qu’on fini mal les fins de mois), on peut aussi se retrouver dehors sans rien, à crever la dalle, et sans options végane aux alentours. Je pourrais faire une liste énorme des cas où appliquer le véganisme n’est pas possible.

2) PERSONNE n’à à vivre un enfer parce que notre société est malsaine. Comme m’ont dit les blogueurs K&M : nous ne devons rien à personne. La souffrance humaine ne doit pas être ignorée, ou minimisée par rapport à la souffrance animale. Combien de fois m’a-t-on dit « mais pense aux animaux, ils souffrent plus que toi ». Pardon mais c’est des conneries. Bullshit. Oui les animaux souffrent le martyr, et j’en suis désolée. Mais moi aussi. Et penser à ce qu’ils subissent ne soigne pas un trouble mental, ne soigne pas un TCA (gravez cette phrase au marteau piqueur dans votre tête svp). Au nom de quoi est-ce que je dois m’imposer une torture mentale, une souffrance quotidienne, et faire de ma vie/celle de mes proches un enfer ? Au nom des animaux ? Ce que je vais dire va peut en choquer quelques un d’entre vous, mais j’estime que ma santé passe avant tout le reste. Avant les animaux. Avant mes enfants. Et puis, si je suis constamment en crise, comment est-ce que je milite ? Comment est-ce que je gère une équipe de 30 personnes pour publier un magazine qui touche des milliers de gens si je suis épuisée, dépressive ou si j’ai envie de mourir ? Pis face à un ours qui voudrait vous bouffer, je doute que vous vous diriez « eh l’ours je suis végane, vas-y dévore-moi, et fait toi plaiz tartine moi de miel j’en ai vu par la bas ». Non, vous vous défendriez, quitte à le tuer si vous échapper ou le blesser ne suffit pas. C’est pareil avec les TCA, c’est une question de survie.

3) Les médocs ne sont pas véganes. Alors vous allez me dire que je pourrais prendre des médicaments et que le problème serait réglé. Apres tout c’est ce que font les gens atteins de trouble mentaux et de problèmes psychologiques. Hors, les médocs n’aident pas tous/toujours. Je n’en prends pas pour deux raisons. La première est personnelle : pour des raisons qui ne regardent que moi je refuse de prendre ces cochonneries. La deuxième est liée au véganisme : les cachets sont entourés de gélatine de porc, contiennent du lactose et sont testés sur les animaux. Donc, ce n’est pas plus moral ou éthique que de consommer du fromage. En fait, avec le fromage, je finance l’exploitation animale, au moins je ne finance pas les tests sur animaux, c’est un moindre mal.

4) Pour tout ce qu’on fait à coté…Combien d’entre nous véganes sommes atteins de TCA et sont pourtant des exemples ? Que l’on soit activiste, militant ou pas d’ailleurs. Je dis souvent que rien qu’être végane montre à notre entourage qu’il y a des alternatives, et que de fait, on peut toucher des personnes, ouvrir des consciences : c’est déjà énorme. Et quand on s’investit, on en fait tellement plus. On touche du monde, on « véganise », on change le monde jour après jour, et ce aux cotés de gens qui financent toutes les horreurs de ce monde malade parfois en étant complément conscients du problème. Vous, vous savez, et vous faites ce que vous pouvez, alors aux chiottes le mal-être. 

Souvenez-vous qu’être végane c’est FAIRE LE MAXIMUM QUE L’ON PEUT. Merci Clarence de me l’avoir rappelé. Regardez vous dans un miroir, si vous savez que vous ne trichez pas, que vous ne vous servez pas du TCA comme excuse, alors vous n’avez pas à vous sentir mal, relâchez la pression. Avec mon TPL, je ne suis jamais satisfaite de moi-même, je doute sans cesse, et quoi que je fasse je me sens coupable. Malgré les centaines de messages de soutiens que j’ai eu dernièrement, malgré mon militantisme sur Twitter, sur mon blog ou via le magazine*** je me sens comme une grosse merde à chaque fois que je dois faire un écart. Ne vous infligez pas ca, ce sont des souffrances inutiles que vous n’avez, pour aucune raison, besoin d’endurer, vous ne méritez pas ca. Soyez fiers d’être végane, de faire ce que vous pouvez dans la limite de vos moyens, gardez le sourire et avancez. #ForceEtCourage. Re-cœurs sur vous. Pleins.

Et j’ajouterais même un petit 5 : quelle image du véganisme donne-t-on si celui-ci est un calvaire à vivre ? A qui donnerons nous envie de nous lancer s’ils nous voient malheureux, dans la galère, ou pire, malades ? Le véganisme est déjà hyper mal vu quand il montre tout le bien qu’il fait…

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PARTIE 3 : IDEES POUR LIMITER/REPOUSSER LES CRAQUAGES (voire ne pas en avoir du tout si on n’a pas de TCA)

Sans TCA, ces conseils devraient vous aider à supprimer définitivement les POA de votre vie, avec TCA vous pourrez peut-être repousser quelques temps la consommation de fromage et donc, en consommer moins à long terme.

Important avant de passer à la liste : pour régler un problème il faut en connaître l’origine. Vous seul savez si c’est votre TCA qui vous casse les pieds ou s’il s’agit d’autre chose. Cependant, le temps (3 ans !) m’a montré que je peux souvent me tromper. Et dernièrement, un couple d’amis (merci B et M) m’a expliqué que mon envie de fromage peut être :

-Un besoin de gras. Perso, dans ce cas un avocat réduit en guacamole fait passer le truc. J’ai augmenté ma quantité hebdomadaire de gras car je mangeais bien trop « healthly », et j’ai moins souvent envie de fromage depuis 3 semaines ! Comme quoi, trop c’est pas forcement le mieux 😉 En plus c’est top pour la santé ! 

-Un besoin de salé. Des chips et ca passe 😀

A vous de choisir vos aliments gras/salés. Pour combiner les deux rapidement tout en se faisant plaisir : des frites ou des nachos avec votre sauce préférée.
Si après ces deux tentatives, rien n’y fait, alors vous êtes bien en tête à tête avec votre TCA.

LISTE :

  • Pensez aux victimes. Fonctionne approximativement 3 minutes en cas de TCA mais pour les autres, ca peut aider, surtout au début. Rappelez-vous pourquoi vous avez décidé de supprimer les POA de votre vie. Essayez de chanter du Res Turner à fond, ou collez une photo/un sticker sur votre frigo, ca calme.
  • Réduire petit à petit, SI NECESSAIRE. Là aussi, pour les TCA ca marchera moyen voire pas du tout, mais pour les autres ca peut faire des miracles. Quand on passe de végétarien à végétalien, on se prend les effets du manque dans la tronche. Autant éviter la mauvaise humeur et les frustrations en réduisant petit à petit. A ne faire que si vraiment vous avez du mal. Ceux qui peuvent arrêter du jour au lendemain, faites le, pensez aux animaux ! Les autres, ne culpabilisez pas de ne pas pouvoir : nous n’avons pas tous les mêmes armes pour nous battre face à ce genre de situation (ADN, physique, mental, pression sociale, santé etc)
  • Faire des réserves de ce qu’on aime manger, dans son placard mais aussi toujours en avoir dans son sac : sa barre Vego ou les barres raw, son fruit préféré, sa petite bouteille de smoothie, un paquet de gâteaux, galettes de mais soufflé… Quand je dis réserve, je dis réserve, façon bunker : gardez en une bonne quantité et n’attendez pas de ne plus en avoir pour en racheter.
  • Préparer des plats à l’avance et congeler. Quand vous avez un peu de temps libre, prenez un moment de détente et mettez vous derrière les fourneaux : pizzas, lasagnes, pots de houmous, hachis Parmentier et autres gratins, feuilletés, quiches/tartes/gâteaux, sushis etc.
  • Notez quelques recettes « de secours » hyper rapides : pain perdu, guacamole, quatre quart, banana bread, boulgour à la tomate, salades, smoothies
  • Trouvez des alternatives, découvrez des nouvelles saveurs qui pourraient prendre la place de ce qui n’est pas végane et que vous avez l’habitude de manger. Le végétalisme ce n’est pas SE PRIVER, au contraire c’est découvrir de nouvelles saveurs. Ca vaut pour le véganisme et tout ce qui touche aux cosmétiques ou la mode : testez, faites vous plaisir. N’hésitez pas à regarder dans les groupes veg. de Facebook ce que les gens disent des produits ou à demander si personne ne l’a déjà fait.
  • Pour retrouver le gout du fromage, pensez aux fromages végétaux. Il y en a des tout prêts, mais vous pouvez aussi les faire maison. Ceux à base de noix de cajou sont très faciles et rapides à faire et le gros avantage c’est que vous leur donnez le gout qui vous chante. Mon préféré c’est tomate/thym. Idem pour la viande, les similis sont de mieux en en mieux. Je vous conseille en particulier les livres de Marie Laforet et Sébastien Kardinal.
  • -Pour la livraison de pizzas : Quand vous avez un peu de temps libre, partez à la recherche des livreurs autour de vous qui proposent des options véganes. Beaucoup proposent des pates ou pizzas végétariennes, si vous allez sur place chercher votre plat, peut-être accepteront-ils de mettre du fromage vegan, si vous le leur apportez. Et s’ils sont ok, proposez leur un deal avec VegoResto . Allez savoir, vous allez peut-être changer la vie de quelqu’un 😉 Idem pour les sushis, certains établissements en proposent peut-être à l’avocat, au concombre, au poivron, au tofu, au tempeh, à la tomate séchée, à la mangue etc. Fouillez  🙂
  • -A l’extérieur : Installez Happy COW sur votre téléphone pour trouver des restos avec des plats véganes ou végétariens. L’appli est gratuite et la version sans pub est à 4euro. Elle indique aussi les magasins bio qui ont une boulangerie si celle-ci propose du végane/végétarien (en tout cas pour la version allemande que j’ai, je vis à Munich). Si vos invités, la cantine etc. ne peuvent pas/ne veulent pas vous proposer de plats véganes, amenez le vôtre. Sinon vous pouvez : ne pas y aller, ne pas manger, éventuellement faire un écart exceptionnel.

 

 

PARTIE 4 : LES CAS DES AUTRES : TEMOIGNAGES

Merci à tous ceux/celles qui ont eu le courage de partager leur histoire. Je vous envoie une pluie de kiss et de love bio, local et de saison ❤ 

Clémence, 23 ans : 
Je souffre de compulsions alimentaires depuis 2 ans et demi, c’est un problème à part entière. Cela consiste pour ma part à avoir des idées obsédantes de nourriture qui apparaissent souvent en milieu d’apres midi, une tension naît en moi, toutes mes pensées se tournent vers le besoin de manger des choses grasses et sucrées. Tant que je n’ai pas assouvi cette envie, je ne peux me concentrer sur rien d’autre… Donc je vais dans une supérette, j’achète des biscuits, du fromage, des sucreries, comme si j’étais dans un état second. Et je m’empresse de rentrer chez moi pour m’empiffrer et ce, même si je n’ai pas faim à la base… Et ensuite je suis amorphe, je suis fatiguée. Je suis étudiante en médecine, donc même si au début j’étais dans le deni en pensant pouvoir reprendre le contrôle quand je le voudrais, j’ai du me rendre à l’évidence que c’était un véritable problème. Et quand j’ai regardé la vérité en face, je suis tombée en dépression. Ça a été très dur. Quand j’ai des compulsions, j’ai une envie de manger très pressante, donc je vais au magasin du coin et j’achète des gateaux, des céréales, du lait, du fromage, etc… des produits qui contiennent des POA en plus qui sont transformés. Cela crée un véritable conflit de valeurs en moi, car je sais toute la souffrance animale que cela engendre et je ne voudrais plus y participer. Au quotidien c’est assez difficle, je suis assez déprimée et parfois j’ai envie de tout arrêter, de me remettre à manger de tout, comme avant. Mais dès que je repense aux images d’abattoir, aux conséquences de l’élevage industriel sur l’écologie et les hommes, je me dis que je ne peux pas revenir en arrière. Donc aujourd’hui j’ai accepté que je n’étais pas parfaite, j’accepte mes « craquages » même si je mange des produits à base de lait et d’œufs. J’ai remarqué que de faire ça, ça me permet d’espacer mes crises de compulsions. Et je sais qu’un jour, tout ça sera derrière moi, je serai fière du chemin parcouru et je pourrai inspirer les gens pour que à leur tour, ils se tournent vers le végéta*isme. Je conseillerai d’en parler à notre entourage ou du moins aux gens qui nous sont le plus proches pour qu’ils comprennent et ne jugent pas. Et aussi ne pas hésiter à se faire aider, il n’y a pas de honte à avoir, c’est une maladie qui nécessite du temps pour s’en sortir, mais c’est possible ! Et surtout, le pire ennemi est la culpabilité ! Donc même si lors du TCA tu craques sur un produit que tu « t’interdis », assume, prends du plaisir et va de l’avant ! Personne n’est pas parfait et le passé est le passé. Et aussi, ne pas oublier de se dire qu’on n’est pas les seuls à vivre cet enfer et que des gens s’en sont sortis. Je trouve inspirant d’aller voir leur témoignage sur youtube, ça donne de l’espoir et du courage !

Sev Gratia 
Je suis végane depuis un an, végétarienne avant cela.Je me suis engagée notamment auprès de la Société Végane Francophone et j’étais admin de « Vive la b12 ». Je souffre d’hyperphagie depuis longtemps avec des hauts et des bas comme pour tous les TCA. Le stress et la frustration augmentent les crises. Avant, j’étais une vraie viandarde et une fan de fromage comme tout savoyard qui « se respecte ». Je n’ai pas eu de mal à devenir végane. Mais au fur et à mesure, j’ai commencé à avoir de plus en plus de crises d’hyperphagie. Je mettais ça sur le compte d’une année psychologiquement difficile. Puis, petit à petit je me suis rendue compte que j’avais envie de fromage. Vraiment envie alors que j’en étais dégoûtée.  Jai fait une crise avec du fromage. La culpabilité était énorme (culpabilité des crises + culpabilité pour les animaux). En en parlant avec ma psy on a déterminé que la frustration accentuait la fréquence des crises. Le problème c’est que ma santé en pâtit. Mon foie a du mal à supporter.Du coup, avec beaucoup de culpabilité mais aussi un certain soulagement de relâcher l’intense contrôle dont j’avais besoin au quotidien, je suis redevenue végétarienne .Je reste pour le véganisme,  vraiment. Je continue à acheter des produits sans POA et non testés pour la vie courante etc. Mais je relâche le contrôle que je m’imposais. Je me soigne et j’espère pouvoir redevenir végane*. Mais je préfère être en bonne santé et bien dans mes baskets que végane malade (physiquement et psychologiquement)

*Tu l’es 😉

(Anonyme) 24 ans
Je souffre d’hyperphagie, j’ai des pulsions de nourriture très souvent. Je peux dévorer tout ce que je trouve à ma portée, sans faim. Je l’ai accepté en tant que TCA à partir du moment où j’ai commencé à vouloir me contrôler dans le cadre d’un arrêt de ce que je pensais être du grignotage. Je me suis renseigné et j’en ai parlé à un médecin. Cela pose problème au véganisme car j ai des pulsions concernant le fromage. J’arrive à faire des sevrages de plusieurs semaines, mais le tca me rattrape tout le temps. Autour de moi il y a aussi bien de la compréhension et de l’aide, que des jugements et des tentatives de me faire culpabiliser…chose qui me fait replonger encore + dans mes pulsions à cause de la déception et de la peine. J’aimerai qu’ils comprennent dans un premier temps, qu’ils fassent peuve d’empathie, en encourageant à se battre. Pas de difficulté pour mes proches, aucun n’est vegane. Je donnerai le conseil d’avoir TOUJOURS un aliment végane sur soit qu’on adore. De travailler sur soit, car l’hyperphagie est à mon sens en premier lieu un soucis psychologique. Également, acheter pleins de fruits, pour ceux qui peuvent se le permettre, ça m’a sauvé la mise plus d’une fois.

… Eeeeeeet… j’avais plus de témoignages que ca, mais impossible de les retrouver parce que je suis hyper mal organisée ! J’update si je remet la main dessus 🙂 N’hésitez pas à écrire les vôtres en commentaire 🙂

Je vous embrasse tous très fort.

Des kiss et du love,

Noita

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N.1 Le Tofu Te Parle avec ITW de JihemDoe
N.2 Le Tofu Te Parle avec ITW de Gurren Vegan
Page Facebook Le Tofu Te Parle et site web (on le remplit doucement 😉

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* http://www.aqpamm.ca/ressources/fiches-maladies/le-trouble-de-la-personnalite-limite/

** http://www.demotivateur.fr/article-buzz/manger-du-fromage-serait-aussi-addictif-que-certaines-drogues-dures-selon-de-nombreuses-etudes-tout-s-explique–3620

*** http://letofuteparle.com

 

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13 commentaires sur « Véganisme, TCA et écarts : Il faut urgemment mettre fin au lynchage. Pourquoi je suis végane… mais végétarienne. »

  1. Bonjour, c’est un peu par hasard que je me suis retrouvée sur cette page et le hasard apparement fait souvent bien les choses 😉 depuis quelques semaines je suis dans une profonde réflexion personnelle sur la consommation de viande, l’hyper consommation, la souffrance animale et humaine. Je ne pense pas souffrir d’un trouble alimentaire particulier même si je prends conscience qu’avant je « bouffais » plus qu’autre chose. Je suis admirative de votre parcours et de celui des témoins de cette page. Nous sommes malheureusement dans une société qui stigmatise plus qu’elle n’encourage. Au delà de cette souffrance qui vient altérer les efforts que vous pouvez faire, je pense qu’il peut y avoir tout un tas de raisons pour lesquelles devenir végétarien ou végan n’est pas toujours qu’un choix facile à appliquer. Et personne ne devrait être autorisé à juger les autres sur ce point, parce que tout le monde n’a pas le même vécu, les mêmes souffrances, la même façon de percevoir et d’appréhender les choses. Alors merci de rappeler que dans le monde tout n’est pas tout blanc ou tout noir et qu’il vaut mieux se concentrer sur les petits pas qui sont faits pour arriver à ses valeurs, plutot que regreter et se punir ou être puni pour les difficultés que l’on peut rencontrer.

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  2. Très bon article que je m’empresse de partager sur ma page ! Deux petites choses quand même par rapport au véganisme :
    – le fait de nuire à un animal INVOLONTAIREMENT (pour reprendre ton exemple, quand on marche on écrase des insectes) ne contrevient pas à la philosophie vegan. Par contre si tu vois une fourmi et que tu l’écrases sciemment …
    – être vegan ne veut pas dire qu’on doit se laisser attaquer par un animal sans se défendre (Cf tes exemples, quand on est malade on se soigne et chaque fois que je suis attaqué par un ours dans la forêt je me défends bien sûr 😛 )

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  3. je suis bi polaire et j ai 50 ans et oui moi je comprends cet article ! mon probleme moi en crise c est le chocolat et qui dit chocolat dit lait….. j ai appris dans cet article du coup que le fromage contenait une sorte de calmant naturel, je l ignorais, merci pour le tuyau

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  4. Merci pour votre article, qui m’évoque directement les réflexions de Mélanie Joy concernant la nécessité de cesser le shaming intervégane (trouvé sur https://peuventilssouffrir.wordpress.com/2015/10/19/humilier-les-veganes-nuit-aux-animaux/comment-page-1/#comment-1300 ), ainsi que l’urgence de sensibiliser bien plus largement au sujet de la discrimination et stigmatisation dont souffrent les personnes atteintes de troubles mentaux.
    J’ai la chance de ne pas subir de TCA moi-même, tout en ayant eu pas mal d’ami-e-s qui en souffrent.
    Je pense que ce que le grand public a du mal à comprendre (à cause d’une grande ignorance sur le fonctionnement du cerveau et d’un grand nombre de méconceptions sur les mécanismes réels de l’addiction***) quant à la difficulté de « surmonter » ce type de troubles, c’est qu’il ne s’agit absolument pas d’une simple question de volonté personnelle ! Il faudrait vraiment démonter cette idée reçue. Et vous le faîtes admirablement dans vos explications relatives à la neurophysiologie du fromage.
    Comme quoi on avait honteusement été induits en erreur : l’opium du peuple n’est point la religion, mais bien le camembert 😉
    Je rêve d’entrepreneurs courageux qui, à l’image de Beyond Meat et initiatives similaires, comprendront la nécessité de créer un fromage vegan inédit qui inclurait l’effet morphine-like dont tant de personnes ont du mal à se passer – pour des raisons qui ne sont pas à juger en effet.
    Quoiqu’il en soit, j’estime important de dire ici qu’il existe des personnes non atteintes de ces troubles et malgré tout, capables de vous aimer et vous respecter exactement tel-les que vous êtes !

    *** Note sur les addictions : consulter l’admirable travail du Dr Gabor Maté (nombreuses ressources en anglais sur son site dont un TedTalk ; livres traduits en français comme : http://www.editions-homme.com/dependances-fantomes-insatiable/gabor-mate/livre/9782761925099 ); et la non moins admirable enquête de Johann Hari dans son livre « Brimade des Stups ». Ces deux auteurs nous invitent à entièrement revisiter notre vision de l’addiction et des comportements compulsifs, dans une approche solidaire emplie de compassion et de compréhension.

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  5. Merci pour cet article 🙂 Je suis vegan et j’ai un TCA (mineur). J’ai réussi globalement à surmonter mon trouble grâce à de l’art thérapie il y a quelques années. Depuis ça va mieux. Ces troubles ne disparaissent jamais complètement mais il existe plein de chose pour vivre avec sans qu’ils nous pourrissent la vie. Il n’y a pas forcement besoin de médicaments, les solutions sont même parfois plus efficace: méditation, art thérapie, yoga, plantes, fleurs de Bach…
    C’est parfois dur à vivre quand on craque sur quelque chose de non vegan. Ça m’a rassurée de lire que je n’étais pas toute seule 🙂 Courage à toi !

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